Screamo.
Un riff alambiqué aux sonorités parfois dissonantes, deux voix qui s’entrecroisent entre hurlements criards ou gutturaux d’où s’échappent parfois une ligne mélodique parfaitement posée. Une rythmique parsemée de contretemps, des passages ultra-lourds, le tout sans structure vraiment définie. Ouvrez les yeux, vous venez d’écouter «In Regards to Myself » le premier morceau de Define the Great Line.
Underoath n’a jamais été un groupe facile à cerner, et encore moins facile à apprivoiser. Si on peut regretter le côté hype qui entoure désormais le groupe outre-Atlantique (la rançon du succès sans doute…), force est d’admettre que les gars n’ont pas du tout essayé d’alléger leur musique pour la rendre plus accessible. Bien sûr les mélodies emo se rencontrent de façon régulière au fur et à mesure que défilent les plages mais leurs apparitions, noyées dans un déluge de décibels et de cris, se voient toujours justifiées, et ne sont pas là pour faire des tubes adaptés aux skate parc ou aux salons de coiffure spécialisés dans la mèche sur le côté.
Niveau construction, ce qui est proposé est du très haut niveau, le puzzle au multiples facette qu’est la musique d’Underoath s’enchaîne dans une limpidité évidente. Parvenant parfaitement à jouer à la fois sur les tableaux de la rage hardcore juvénile et de l’émotion à fleur de peau le groupe accouche là d’une œuvre originale et très efficace, accompagnée par une production redoutable.
NB : Le CD est proposé dans une version digipack, à l’artwork un peu naïf mais très bien fait, contenant un DVD avec le making off du disque (en anglais non sous-titré).
Bloody
1. In Regards To Myself
2. A Moment Suspended In Time
3. There Could Be Nothing After This
4. Ever So Inviting
5. Salmarnir
6. Returning Empty Handed
7. Casting Such A Thin Shadow
8. Moving For The Sake Of Motion
9. Writing On The Walls
10. Everyone Looks So Good From Here
11. To Whom It May Concern