C’est bien souvent en parlant du chanteur Athera ainsi que son fameux batteur Tjodalv (ex Dimmu Borgir) que l’on évoque Susperia.
Trois longues années après le très sympathique « Unlimited », le combo peut-être le plus prometteur de la scène metal norvégienne est de retour pour son cinquième album. Définir le style musical de Susperia s’avère délicat. Ne se revendiquant d’aucun bord mis à part celui du metal évidemment, le groupe maîtrise l’art et la manière de jongler habilement entre Néo (si si écoutez bien !), metal mélodique, Thrash et surtout Heavy (encore que je sois sure que l’on puisse trouver d’autres influences tellement l’album est musicalement fleuri). Par contre, si vous réussissez à déceler une once de Black (Tjodalv…), prévenez-moi.
L’album commence sur les chapeaux de roue avec More. Une entrée en matière pour le moins incisive qui, jusqu’à Distant Memory tout du moins, débouche sur une chevauchée mélodique structurée par moult structures très axées Hard Rock des années 80. Le son y est net et soigné, loin, même très loin du brouhaha que l’on peut nous servir actuellement (la structure couplet refrain est respectée à la lettre).La rythmique y est cadrée et le chant toujours alternant entre mélodie et brutal. Signé chez Tabu, l’album est bien produit et le son impeccable.
Le petit bijou de l’album (enfin petit…quasiment sept minutes mine de rien) est caché sur la piste 4 (le fameux Distant Memory…). Cette ballade quasiment acoustique contraste avec le reste mais n’en n’est pas moins charmante, oscillant entre mélodie et Heavy de qualité, la voix claire et profonde d’Athera est parfaitement mise en valeur. Bonne surprise donc.
Bien sur, ce que certains peuvent considérer comme une force peut aussi se retourner en défaveur du groupe. A force de varier entre tant de styles différents et de ne se reconnaître dans aucun style en particulier (dans tous ?) on peut se demander si Susperia ne manquerait pas un tout petit peu de personnalité. Piocher dans tous les styles peut-être très intéressant, faut-il encore avoir une ligne directrice. Le côté très traditionnel des chansons peut aussi s’avérer quelque peu répétitif. Manque de folie ?
L’album semble également avoir été façonné pour plaire à tout le monde , ce qui évidemment , réduit la marge de manœuvre , à tel point que l’on peut avoir l’impression que le groupe se limite parfois , peut-être par peur de se lâcher et d’être moins consensuel qui sait …
Néanmoins, Cut From Stone s’en sort avec les honneurs du jury et ne manquera pas de séduire ancienne et nouvelle génération, que l’on soit fan de Destruction ou encore de Mastodon. La barre étant haute, Susperia à tout intérêt à se mettre des maintenant au travail s’il ne compte pas décevoir ses fans avec sa prochaine galette (dans trois ans qui sait …)
Lora
1°More
2°Lackluster Day
3°The Clone
4°Distant Memory
5°Release
6°Life Deprived
7°Between the Lines
8°Bound to Come
9°Under
10°Brother
11°Cut from stone