Pour en finir tout de suite avec les formules vaseuses visant à définir le personnage, disons qu’Emilie Autumn c'est un peu une Nina Hagen dans l'Angleterre industrielle du 18/19ème siècle. Fascinée par sa révolution industrielle, ses institutions médicales (ses asiles psychiatriques surtout ...), l'Américaine apparaît comme une Marie-Antoinette un peu aliénée qui aurait découvert l'electro-goth et la musique industrielle.
Chez Emilie Autumn, machines, samplers, violoncelle et clavecin font bon ménage, une illustration parmi tant d'autres de la dualité de cette virtuose du violon, artiste toute en contrastes, qui, de formation classique, a finalement cédé à sa passion pour les musiques alternatives, donnant naissance à un style hybride, qu'elle définit parfaitement comme étant du ''Victorianindustrial''. Autant poète que musicienne, la musique d'Emilie Autumn est indissociable de son univers, au travers duquel s'exprime toute sa créativité : des sublimes artworks de l'album à ses prestations scéniques, lors desquelles robe de mariée, violon bariolé et dégustation de thé ''so british'' sont de rigueur. Veritable ovni, ce ''Ophleliac'' mérite que l'on s'y attarde longuement pour en apprécier toute la richesse. La vingtaine de titres de ce double album alternent entre lecture de poème, ballade electro au clavecin, reprise de Bach, morceaux plus industriels emmenés par une voix tantôt saturée, tantôt cristalline, et soutenue par un violoncelle parfois torturé, frénétique, ou fournissant à d'autres moments autant de preuves magistrales de la formation classique de la demoiselle. Du très efficace titre éponyme ''Opheliac'' au glauquissime ''I want my innocence back'', en passant par la très légère ballade electro ''Swallow'', la musicienne nous dévoile l'étendue de ses talents, avec une sincérité et une passion évidentes, et auxquelles il est difficile de resister.
Alors q'un double album instrumental entièrement consacré au violon vient à peine de sortir, ''Opheliac'', réédité dans un double album sublime débordant de bonus, n'en finit pas de surprendre, de plaire, et de faire parler de lui, à juste titre. Vous prendrez bien un nuage de lait, dans votre thé?
Ousk?
Disc I
01. Opheliac
02. Swallow
03. Liar
04. The Art Of Suicide
05. I Want My Innocence Back
06. Misery Loves Company
07. God Help Me
08. Shalott
09. Gothic Lolita
10. Dead Is The New Alive
11. I Know Where You Sleep
12. Let The Record Show
Disc II
01. Dominant
02. 306
03. Thank God I'm Pretty
04. Marry Me
05. Bach : Largo For Violin
06. Poem : How To Break A Heart
07. Poem : Ghost
08. Poem : At What Point Does A Shakespeare Say
09. Live Concert Clips ( Video )
10. Inside The Asylum : Lessons In Being A Wayward Victorian Girl (
Video )