ÆVANGELIST - Omen Ex Simulacra

Chronique

Pochette de l'album Omen Ex Simulacra par Ævangelist
  1. Veils
  2. Mirror Of Eden
  3. Hell Synthesis
  4. The Devoured Aeons Of Stygian Eternity
  5. Prayer For Ascetic Misery
  6. Relinquished Destiny
  7. Seclusion
  8. Abysscape

Site(s) du groupe :

Site web de Ævangelist
Par Dzo

Publié le 13/01/2014

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La scène Metal extrême américaine se développe à vitesse grand V et nous offre quelques formations de grande qualité qui se sont déjà hissées en haut du tableau; citons entre autre Inquisition, Nachtmystium ou Leviathan. Dans cette vague s’est discrètement glissé une formation très prometteuse, qui ne date que de 2010 sur le papier, mais qui s’avère être déjà une référence en matière de bande son horrifique indéfinissable et étourdissante tant le choc est intense.

Son nom: Ævangelist, groupe qui est en fait un duo où l’on retrouve notamment Matron Thorn qui évolue en parallèle au sein de Benighted In Sodom, dans un registre plus Black dépressif.

Un an seulement après le tumultueux De Masticatione Mortuorum In Tumulis, excellent premier full-lenght qui se révélait déjà comme étouffant et chaotique au possible, on se demande comment le duo aurait pu nous plonger dans une noirceur d’avantage abyssale que cet opus. Etait-ce seulement possible de pousser le vice encore plus loin? La réponse est oui est se résume en trois mots : Omen Ex Simulacra.

A travers huit titres, Ævangelist cloisonne l’auditeur dans une ambiance à peine descriptible tant elle est sombre, lugubre et apocalyptique. Et autant vous prévenir tout de suite, le parcours éprouvant d’Omen Ex Simulacra n’est pas une mince affaire et s’avèrera même difficile car on plonge loin, très loin, et encore, je pèse mes mots. Brassage habile entre les ambiances occultes des premières pièces d’Abruptum mêlées à la lourdeur macabre de Portal, le groupe arbore une touche encore plus sombre et malsaine que leurs confrères auditifs australiens, en introduisant des nappes ambiantes glaçantes en trame de fond. Vous l’aurez compris, c’est dans un Death/Black/Ambiant à mi-chemin entre l’expérimental et l’occulte que notre esprit va plonger et en être irrémédiablement marquer au fer rouge.

Dès le début de cette nouvelle immondice, on est immédiatement frappé par la froideur déshumanisée qui le caractérise, que ce soit dans sa production très brute et l’ambiance occulte qu’il dégage. Le glaçant ‘Veils’ commence sur des notes ambiantes qui se révèlent vite n’être qu’un appât pour les faibles avant de plonger dans la crasse et la désolation, garantissant un aller simple en direction des entrailles de l’enfer, là ou la lumière ne brille plus, où l’odeur de la putréfaction domine.

Après cette bouleversante traversée, il sera difficile de rivaliser en matière de chaos sonore tant Ævangelist est habile et pousse le vice a son paroxysme. Génie musical pour les uns, cauchemar éveillé pour les autres, cet album ne conviendra qu’à un public averti. Les vociférations absolument inhumaines d’Ascaris font froid dans le dos, tandis que ces samples eux aussi glaçants, cette batterie martiale et ces riffs de guitare affreusement gras et assourdissants garantissent une ambiance terrifiante, au sens propre du terme. Oubliez tout ce que vous avez pu entendre auparavant, car si vous pensiez avoir entendu le pire avec Abruptum que je citais plus haut, c’est que vous n’avez jamais écouté Omen Ex Simulacra.

Maître de l’abomination sonore, Ævangelist a ce don inné à pondre un son répugnant, remuant les tripes et perturbant chaque cellule du corps de son auditeur. Chaque note est un supplice, procure un mal-être peu perceptible auparavant.

Sentiment d’oppression, malaise constant et sensation de tournis tant les notes du duo américain sont noires et mortuaires, l’effet prodigué par la musique d’Ævangelist est tout simplement hallucinant et difficilement descriptible tant le groupe transgresse les limites musicales, pour les pousser dans leurs derniers retranchements. Ævangelist aspire à la destruction pure et simple, au chaos total et l’accomplissement de rendre l’auditeur complètement schizophrène.

Pas à un seul moment, la pression ne redescend, et ‘Abysscape’, morceau de clôture avec ses treize minutes d’écoute, ne déroge pas à la règle, bien au contraire. Il s’avère à mon goût encore plus profond et sournois que les précédents titres, ne serait-ce que par ce cri guttural des premiers instants qui vous glace le sang.

Si une bande son invoquant le Malin devait se résumer à un seul et unique album, ce serait probablement Omen Ex Simulacra. N’essayez même pas de percer le voile de noirceur qui abrite cet opus, vous vous frotterez à quelque chose qui vous dépasse. Cette pièce unique des abîmes de l’enfer prouve ce que l’être humain peut faire de plus détestable, avec une haine viscérale sans égale, et un feeling musical relevant du génie. Hermétique, effroyable et obscur, c’est sans nul doute l’un des albums les plus noir et saisissant qu’il m’ait était donné d’entendre depuis très longtemps. A ne pas mettre entre toutes les oreilles.

 

Abomination sonore en écoute libre ici.

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