Chronique
- I Know Where You Live (Prologue)
- Vengeance Is Mine
- Wake The Dead
- Catch Me
- (In Touch With) Your Feminine Side
- Wrapped In Silk
- Killed By Love
- Hungry
- The One That Got Away
- Salvation
- I Am The Spider (Epilogue)
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Publié le 20/09/2008
(Hard rock)
Inquiétant. Grandiloquent. Jovial. Amusant. Sombre. Hargneux. La langue française ne possède pas suffisamment d’adjectifs pour décrire de façon convaincante, le grand, le très grand Alice Cooper. Et la langue française est également un peu juste pour parler de ce nouvel opus, ‘Along Came a Spider’, qui succède au très mitigé ‘Dirty Diamonds’.
Est-il nécessaire de rappeler la trame thématique de ce nouvel album, tant cette dernière a été répandue sur le net depuis plusieurs mois ? Allez, pour la forme. ‘Along Came a Spider’ narre l’histoire de Spider, un serial-killer un peu particulier, puisqu’il prélève une jambe à chacune de ses victimes (exclusivement féminines), dans le but de constituer une araignée à huit pattes. Seulement voilà, alors qu’il touche au but, Spider s’éprend de sa huitième victime…n’allons pas plus loin, car la fin vaut son pesant de cacahuètes.
Une chose est sûre : ‘Along Came a Spider’ est bien meilleur que le mou du genou et peu inspiré ‘Dirty Diamonds’ de 2004. Ce nouvel album renoue avec une certaine ambiance très 70’s, ambiance qui se retrouve à la fois aux niveaux des instruments, de la construction propre des morceaux, mais également au niveau de la voix, notamment sur la très belle ballade ‘Killed by Love’, à l’écoute de laquelle on ne peut que rester admiratif de la très bonne performance vocale du sieur Cooper, qui ne trahit aucunement son âge. S’agirait-il là d’un hommage à ‘Only women bleed’ (extrait de ‘Welcome to my Nightmare’) que je n’en serais que peu surpris.
Alice Cooper alterne donc, avec une réussite certaine, entre titres rock très entraînants et à l’immédiateté indéniable (‘In touch with your feminine side’, ‘Wrapped in silk’, ‘I’m hungry’) et titres plus sombres, inquiétants, grandiloquents, qui offrent à cet album une hétérogénéité bienvenue et une atmosphère cinématographique dans laquelle l’auditeur se complaît parfaitement (‘Vengeance is mine’, ‘Catch me if you can’, ‘I am the spider’). Le tout saupoudré d’une touche d’humour irrésistible : ‘Tu as la tête de quelqu’un qui pourrait loger dans le coffre de ma voiture’, nous chante Alice au début de ‘The one that got away’, brûlot heavy rock irrésistible au refrain imparable, qui nous montre un Alice moderne mais se raccrochant délibérément à ses racines 70’s.
Si Alice sait se faire saignant, il sait aussi se faire sensible. ‘Salvation’, power ballad au piano idéalement placée en fin d’album, vient nous le rappeler. L’album s’achève avec le morceau le moins convaincant de cet opus, le très indigeste ‘I am the spider’, qui laisse un petit goût amer mais ne vient pas ternir la qualité d’ensemble de ce nouvel opus, bien au-dessus de ce à quoi nous étions en droit de nous attendre de la part de ce sexagénaire toujours fringant. Une très belle et sympathique surprise en tout cas. Mais ne dit-on pas que les araignées ont, au même titre que les chats, plusieurs vies ?



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