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Publié le 08/07/2005
Emo-noise culte.
Nous sommes en 1999, le deuxième millénaire touche à sa fin, le Neo métal est fort comme jamais et abreuve les rayons de disques stéréotypés qui se tirent à la bourre pour avoir le Cesar du plus gros son possible. Les médias, américains d’abord puis européens, se prennent alors d’amour pour un groupe atypique sortant de El Passo (une des villes texanes parmi les plus pauvres des U.S.A, à la frontière avec le Mexique) qui semble pourtant avoir 20 ans de retard tant dans sa musique que dans son look. Représentant à merveille le melting-pot américain avec dans ses rangs deux mexicains, un porto ricain, un américain et un albanais. Le groupe joue une mixture étrange de vieux Hard-rock, de noise-rock avec des mélodies et des structures qui annonçaient ce qu’allait être l’emocore.
Jusque-là la vie de At the Drive In avait été plutôt typique des groupe de rock galérien : trois albums enregistrés sans le sous, obligé de bosser à l’usine ou dans les fast-food pour pouvoir bouffer, labels qui coulent, changement incessant de musiciens, tournées dans des conditions déplorables… Et d’un coup la reconnaissance. A ce moment-là ATDI représente le leader de la scène indépendante ricaine. A tel point que certaines grosses pointures les regardent avec envie, comme les Rage Against The Machine qui les prendront en première partie, et surtout Ross Robinson jusque là représentant du « grand satan » neo-métal (puisque producteur et découvreur des Korn, Limp Bizkit et autres Slipknot…). Celui-ci se propose de produire leur prochain album. D’abord réticent le groupe tente le coup après avoir entendu le travail de Mr Robinson sur un de leur titre.
Pari gagné, « Relationship to Command » est un succès à la fois musical et commercial (1 million d’exemplaires vendus, bien aidé il faut le dire par leur label Grand Royal qui s’était fait racheter par une major). À cet instant At The Drive In qui vivait en marge du music business s’y retrouve plongé de la tête au pied, avec sur le front l’étiquette de groupe du moment. Est-ce la raison qui poussa le groupe au split ? Nul ne le sait, même s'il est sûr que ce succès inattendu et gênant y a certainement joué un rôle. En juillet 2001, le groupe se sépare donc et donne naissance à Sparta et à The Mars Volta.
Année 2005, la marée s’est retirée depuis longtemps, et c’est presque par hasard qu’on tombe sur ce best of retraçant l’histoire du groupe. Première surprise sur 18 titres, seuls trois sont issus de l’album disque de platine, contre quatre pour l’album « In/Casino/out » et deux pour l’EP « Vaya ». Un choix audacieux mais plein de bon sens, la plus par des gens ne connaissant le groupe que part « Relationship of command ». Le reste du disque se partage entre face B, extrait de split CD, reprise de chansons des Pink Floyd et des Smiths. Enfin un mini-DVD accompagne le disque et regroupe les trois clips réalisé au cours de leur carrière. Le tout donnant une vision assez juste de ce qu’a été ce groupe.
Les hymnes s’enchaînent, laissant apparaître un chanteur vraiment unique toujours sur le fil du rasoir entre déraison et domination, des guitares à la fois mélodiques et rageuses… Hors des modes sûrement, respectueux du passé certainement, mais aussi novateur c’est une certitude tant la scène émo a puisé dans cet héritage.
Bien sûr pour le fan absolu ce disque n’a que peu d’intérêt, il s’adresse surtout à ceux qui ne les connaissent pas ou peu.



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