BEHEMOTH - The Satanist

Chronique

Pochette de l'album The Satanist par Behemoth
  1. Blow Your Trumpets Gabriel
  2. Furor Divinus
  3. Messe Noire
  4. Ora Pro Nobis Lucifer
  5. Amen
  6. The Satanist
  7. Ben Sahar
  8. In the Absence ov Light
  9. O Father O Satan O Sun!

Site(s) du groupe :

MySpace de Behemoth Site web de Behemoth
Style : voir chronique
Par Dzo & Flying Shark

Publié le 18/02/2014

Télécharger légalement

Par Dzo :

 

 

Voilà déjà quatre années qu’Evangelion est sorti, et après de nombreux bouleversements au sein du groupe par rapport aux soucis de santé de Nergal qui sont désormais résolus, Behemoth est à nouveau sur les rails et nous livre son dixième album. Le nom de ce nouveau méfait, The Satanist, prouve que malgré la douloureuse épreuve qu’a traversée le frontman avec sa leucémie, ce dernier ne s’est définitivement pas rattaché au Divin, et affiche plus que jamais son aversion envers lui à travers ce titre sans équivoque.

Musicalement, si le groupe avait déjà opéré un virage palpable avec Evangelion, notamment au niveau des ambiances qui prenaient une place prépondérante au détriment de la brutalité (si on compare à Demigod ou Thelema 6), il est certain que The Satanist marque indubitablement la concrétisation de ce que Behemoth avait commencé à instaurer avec son prédécesseur.

Violence sonore un cran en-dessous de Demigod et un opus nettement plus axé black bercé d’une aura mystico-ritualiste non négligeable. Un véritable travail a été fourni au niveau des atmosphères qui bercent ce dixième full-lenght. Moins brutal, incroyablement varié et plus atypique, il surprend quand on l’écoute la première fois tant le contenu est riche et différent d’une chanson à une autre. Au niveau du son, c’est sans surprise que l’on découvre une pièce très bien produite, avec un son lourd, propre et imposant.

Il y a quelques semaines, le monde découvrait le clip de "Blow Your Trumpet Gabriel", qui affichait d’ores et déjà un visuel toujours plus soigné et édifiant. Si aux premiers abords ce morceau ne me transcendait pas plus que ça, sa place en tant que piste d’ouverture est en fait très bien adaptée au concept général de l’album. Beaucoup d’évolution comme je le disais plus haut au niveau des ambiances, qui sont mises en avant avec des nappes de clavier (tout de même assez discrètes) qui reviennent de manière récurrente dans les morceaux, ainsi que des voix qui trônent en fond pour donner une allure plus sombre et incantatoire. Ainsi, sur neuf titres, on a le droit à un panel mélangeant bestialité et allures ritualistes, notamment avec "Messe Noire" et "Amen".

Ce qui m’a également frappé, c’est la présence renforcée de la basse qui s’impose en grande maîtresse de cérémonie dans les passages à relances; je pense notamment à l’efficace "Ora Pro Nobis Lucifer" et au déjà mythique "O Father O Satan O Sun", pour ne citer qu’eux. Si d’habitude je reste insensible au jeu de cet instrument, ici c’est une toute autre affaire.

Autre point qui étonne en parcourant The Satanist, c’est la nature même des titres qui sont, en plus de leur homogénéité, nettement plus hypnotiques, voguant dans une mouvance mid-tempo. L’effet est garanti notamment sur "Ben Sahar", véritable hit de l’album qu’on ne se lassera pas de repasser en boucle des heures durant, avec ce riff catchy qui est à se cogner la tête contre un mur tellement il marque les tympans au fer rouge. Le titre éponyme de l’album est également rudement bien mené, avec cette ambiance ésotérique qui flotte et ce côté oriental qui n’est pas sans rappeler The Apostasy, paru en 2007.

Mais que le fan de la période pré-Evangelion ne prenne pas peur en lisant ces lignes, la fureur de Behemoth est toujours bel et bien là, à l’image de "In The Absence Ov Light" où Inferno exerce à la perfection, une fois n’est pas coutume, son talent de blasteur millimétré. Là aussi, ce morceau est une véritable tuerie et sans doute le plus radical de l’album.

L’album se conclue sur le magnifique "O Father O Satan O Sun" qui ne fait que confirmer le virage opéré par le groupe avec ces samples de voix et cette rythmique lourde et mid-tempo qui résonne à la façon de "Lucifer" sur son prédécesseur. Vous l’aurez compris, quasiment chaque titre sonne déjà comme un hit, avec cette particularité qu’ils ne ressemblent pas vraiment les uns aux autres, ce qui enraye toute linéarité à cet opus qui s’écoute du début à la fin sans laisser place une seule seconde à l’ennui ou la redondance.

Il est certain que ce nouveau Behemoth va créer le débat et définitivement scinder son public, mais personnellement, je trouve cet album magistralement orchestré et composé, avec un feeling peu commun. Le groupe prouve une fois de plus qu’il ne se repose pas sur ses lauriers en proposant une musique à la fois mystique tout en conservant ce ton radical dont seule la bande à Nergal a le secret.

Behemoth affiche un nouveau visage, encore plus inspiré, plus froid, plus énigmatique. A travers sa musique, le groupe puise un art qui leur est propre, avec une patte inimitable, souvent imitée mais jamais égalée.

Reste à voir ce que vont donner ces nouveaux morceaux en concert (réponse très prochainement dans deux live-reports, un à Lyon et un à Pratteln), mais je ne m’inquiète pas trop, au contraire. L’année 2014 démarre donc sous les meilleurs auspices avec un album qui peut potentiellement se révéler comme étant l'une des sorties les plus marquantes de ces dernières semaines.

 

 

Par Flying Shark :

 

 

Le retour de Behemoth, on était nombreux à l'attendre, et vraiment peu ont été déçus. En effet, cet album s'avère être la meilleure chose qui soit sortie du côté des Polonais depuis un long moment.

 

Dès la première piste, la désormais célèbre "Blow Your Trumpets Gabriel" que tout le monde a pu découvrir par le fameux clip lié, on sent que l'ambiance a évoluée depuis le dernier opus. Jamais un travail si profond dans les riffs n'avait été effectué depuis et on sent bel et bien le résultat ici. La volonté sans faille de Nergal à faire les choses jusqu'au bout depuis sa maladie porte ses fruits, on ne trouve pas vraiment de point faible à avancer tant l'éclectisme de l'album surprend.

En effet, les influences seront variables d'une piste à l'autre, certaines s'orientant vers des riffs nettement plus proches du black metal tandis que d'autres comme "Ben Sahar" approcheront les contrées de l'univers death sans pour autant spoiler la moelle caractéristique des formations du genre.

Cette piste s’avérera par ailleurs être le "tube" absolu de cet album tant elle rentre en tête. Behemoth conserve ici son identité propre quelles que soient les variations appliquées à sa musique, et c'est probablement ce que l'on appréciera le plus. Si l'on regrette une batterie clairement triggée (et en live c'est encore pire à écouter), le reste des instruments trouve sa place et tient le bastion sans flancher.

 

On était en droit de se demander si le sieur Darski conserverait la même puissance et la même agressivité dans sa voix après ce qu'il avait vécu ou si cela aurait pu entamer soit sa volonté, soit ses capacités au sens propre. La réponse ? Un non cinglant et péremptoire, les rugissements sont toujours présents et il nous prouve ainsi qu'avec de la volonté tout est possible, même revenir d'un cancer plus fort que jamais.

Les Polonais proposent donc avec un album peut-être plus doux que certains opus désormais mythiques comme Thelema 6, mais la rage du combo reste la même et semble même avoir progressée ces dernières années. Les fans y trouveront leur compte, et ceux ne connaissant pas ou peu la formation devraient également prendre plaisir à s'imprégner d'un univers qui évolue au fil des pistes pour conclure sur la puissante et envoûtante "Ô Father Ô Satan Ô Sun".

 

Vous aurez probablement compris au travers de ces deux chroniques que nous avons autant été conquis l'un que l'autre par cette nouvelle tartine. Bien que très surprenante, elle a su apporter une touche à la fois neuve et intéressante dans l'univers de Behemoth et il faut porter ça à leur crédit. Les compositions sont inspirées, variées et nous entraînent sans difficulté d'un bout à l'autre de l'album sans que l'on se rende compte du temps passé à l'écouter, ni du nombre de fois qu'il a tourné au creux de nos petites oreilles fébriles. Si l'on ajoute à ça des riffs à tabasser une chaise de camping avec un saule pleureur, on obtient une recette qui risque de rester dans les mémoires un long moment !

 

Partager cet article

Notes des internautes (cliquez pour noter) :

  • Actuellement 0 sur 5 étoiles
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Note : 0/5 (0 note(s) attribuée(s))

Merci d'avoir participé !

Vous avez déjà noté cette page, vous ne pouvez la noter qu'une fois !

Votre note a été changée, merci de votre participation !

Identifiez vous ou enregistrez vous pour noter cette page.

Commentaires des internautes

Vous devez être connecté pour ajouter des commentaires

Télécharger légalement

/// Contenu similaire

/// Live reports