BLACK SABBATH - Born Again

Chronique

Pochette de l'album Born Again par Black Sabbath
  1. Trashed
  2. Stonehenge
  3. Disturbing The Priest
  4. The Dark
  5. Zero The Hero
  6. Digital Bitch
  7. Born Again
  8. Hot Line
  9. Keep It Warm

Site(s) du groupe :

MySpace de Black Sabbath Site web de Black Sabbath
Par Mindkiller

Publié le 23/06/2011

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En 1983, Tomi Iommi devait prendre à nouveau un tournant dans la carrière de son groupe. En effet Ronnie James Dio s'en va pour une mésentente avec Iommi. Il n'a pas vraiment apprécié le fait qu'Ozzy soit contacté pour reprendre le chant sur une tournée. Ronnie, alors chanteur officiel du Sabbath Noir s'en va, laissant ainsi un vide dans le premier groupe de Heavy Metal.

Le choix se trouve être fait en la personne de Ian Gillian qui avait claqué la porte de Deep Purple dans les années 70. C'est de là que viendra la controverse et surtout le fait que cet album va être passé relativement inaperçu à l'heure actuelle.

Tout d'abord, voyons qui l'on retrouve sur cet album ? Chose surprenante, la quasi totalité des membres d'origine, à l'exception d'Ozzy Osbourne trop occupé peut être par son projet solo - qui marche très fort d'ailleurs – est là. Ainsi donc, Bill Ward réintègre le groupe, Geezer Butler est toujours à la basse et Tomi Iommi, bien sûr, garde la 6 cordes. Geoff Nichols, déjà crédité pour les deux albums précédents est, là encore, crédité sans être pour autant officiellement nommé au sein du groupe.

Qu'en est-il alors de l'album ? Car après un groupe flirtant avec le très médiocre à la fin des années 70 et ayant fortement renoué avec le succès grâce à Ronnie James Dio, la question peut être posée. Qualitativement, l'album n'est peut être pas une pépite comme les trois premiers albums du groupe ou les deux précédents, mais il est toujours très au dessus des albums Technical Ecstasy et Never Say Die. Allez, disons-le, on a affaire tout de même à un très bon album ! Ian Gillian a une voix qui se marie parfaitement aux lignes de guitares d'Iommi. Il embarque même le groupe sur une autre voix, celle du hard rock plus prononcé. Oui, même si les guitares restent les mêmes avec le son Sabbathien, les lignes sont moins lourdes, on joue de façon plus aérienne. Est-ce là une réelle volonté de s'adapter au chant de Gillian ou de chercher un nouveau marché dans la niche du hard rock FM tout juste fleurissante ? Un peu des deux il semblerait. En effet, le son est bien ancré dans les années 80 avec sa production bien particulière, même si comparé à The Eternal Idol cette production soit bien moins prononcée. Mais aussi, le chant de Ian Gillian se veut, tout en étant plus dur et plus rigide que celui de Dio, plus haut perché. Il suffit d'écouter le morceau Trashed, qui ouvre l'album pour s'en rendre compte.

Le deuxième élément qui tend à démontrer que cet album flirte fièrement avec les années 80 et ses sonorités est le morceau Stonehenge. Morceau principalement joué par Geoff Nichols. Ce morceau pourrait presque figurer sur un album de Maurice ou Jean-Michel Jarre dans leurs instrumentaux ou pourrait faire office de fond sonore pour un film. On est bien loin d'un Fluff par exemple (Sabbath, Bloody Sabbath). Cependant des morceaux instrumentaux un peu expérimentaux ne sont pas étranger au groupe puisqu'en 1972 Black Sabbath enregistrait FX (Vol. 4) un titre ou Iommi triturait ses micros de guitares pendant près de 2 minutes. Mais ne nous attardons pas trop sur ce titre qui ne sert que d'intro à un des titres les plus inquiétants de l'album à savoir Disturbing The Priest. Un titre ou le chant de Gillian, tout en restant mélodieux, pourrait faire penser à celui d'un malade mental (au sens littéral). Car l'aspect le plus important qui se dégage à la seule écoute de cet album pourrait être la folie. La musique y est dérangeante, inquiétante et relativement froide pour du Black Sabbath. Et ce n'est pas le single Zero The Hero, véritable pépite de l'album, qui ira dans le sens contraire. Même si ce titre, pas vraiment calibré pour la FM avec sa durée de plus de 7 minutes, est plus léger, l'intro du titre ainsi que les lignes de claviers rajoutés sur la rythmique pachydermique rend ce côté pesant et dérangeant. Gillian y dévoile aussi toutes les possibilités dont il est capable vocalement. Et c'est tout cet album qui sera comme ça. Alternant ambiance démentielle (musicalement parlant), lourdeur et froideur. C'est ce que nous prouvera ce Digital Bitch. En effet, Gillian y pousse un cri qui restera comme un fil conducteur tout le long de l'album. Bien sur, on est loin d'un Bathory, émergeant à peu près à la même époque, ou du Black Metal que nous connaissons maintenant, mais pour du Black Sabbath qui n'avait pas atteint ce niveau d'inquiétude depuis son premier album, c'est très fort. Le seul titre à se détacher de cette ligne artistique est le titre éponyme à l'album. Véritable balade langoureuse. Titre cependant très puissant qui, en comparaison, pourrait être le pendant Sabbathien (avec le même chanteur) d'un Child In Time (Deep Purple) dans la prouesse vocale et dans l'intensité de la musique.

Alors la question qui se pose est pourquoi cet album à été un échec commercial alors que qualitativement il est très bon ? Il semble y avoir deux raisons à cela. Premièrement, l'album ne coïncide pas vraiment avec la mode de l'époque en matière musicale. La nouvelle tendance allant vers des groupes comme Iron Maiden, Def Leppard ou Saxon, un album aussi lourd, avec un son aussi bas tranche vraiment avec des titres comme Rock Of Ages (Pyromania) de Def Leppard sortant la même année. Mais surtout, cet album ne marche pas suite au line up. En effet, Ian Gillian parviendra sur scène à faire jouer à Iommi et sa clique des titres comme Smoke On The Water, morceau culte de la formation Deep Purple, formation par laquelle a commencé Gillian. Aussi, entendre ce même Ian Gillian chanter Paranoid fini d'achever les spectateurs en les perdant complètement (il leur en faut vraiment peu à l'époque). Ainsi, ce Born Again se verra être un essai, un album à part dans la discographie de Black Sabbath. Ce qui est bien dommage car avec un chanteur comme on a sur cet album, sans enlever la qualité de ses successeurs Tony Martin ou Glenn Hughes, la suite de la carrière de Black Sabbath aurait pu être tout autre.

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