CROWN - Psychurgy

Chronique

Pochette de l'album Psychurgy par Crown
  1. Psychokinesy I
  2. Abyss
  3. Blood Runs
  4. Empress Hierophant
  5. Serpent And Fire
  6. Psychokinesy II
  7. Telepath
  8. We Will Crush The Open Sky
  9. Psychurgy
  10. Alpha Omega

Site(s) du groupe :

Site web de Crown
Par Dzo

Publié le 08/04/2013

 

Certains groupes tentent de bâtir une carrière musicale et malgré tous leurs efforts, restent dans l’ombre toute une vie, tandis que d’autres, par leur talent et leur créativité indéniable, se font immédiatement remarquer et sortent de l’anonymat.

C’est le cas du duo colmarien de Crown, qui, en l’espace de moins de deux ans, se sont fait rapidement connaître avec The One, un premier EP qui plaçait déjà la barre très haut. Encensé par la critique, le combo, qui avait sorti un split avec St Valley quelques mois après, remet le couvert avec Psychurgy, un nom bien énigmatique (St Valley, qui n’est qu’autre qu’un projet acoustique annexe de Stephane Azam, dans un ton plus calme et mélancolique).

On le sait désormais, l’Alsace connaît un essor grandissant dans la scène underground, Crown étant le parfait exemple avec Chaos Echos, formation qui a éclos il y a quelques mois sur les cendres de Bloody Sign et connaît lui aussi un succès ascensionnel.

Si j’ai été bluffé par la qualité de The One, Psychurgy, avec son artwork sobre et un point futuriste, positionne ce méfait encore un cran au dessus du précédent.

De premiers abords, la recette du groupe paraît simple: deux guitares à huit cordes délivrant des sonorités lourdes, lancinantes, à la fois enivrantes et cauchemardesques, bercées par une batterie programmée comme sur le précédent opus et une aura industrielle non négligeable. La voix jongle quant à elle entre chant parlé et chant criard torturé semblant venir de terres lointaines.

Ainsi, Crown mélange des éléments issus de ses différentes influences, on y retrouve des aspects Sludge, Post Hardcore, Doom mais aussi Black Metal. La mélancolie d’un Neurosis ou d’un Cult Of Luna acidulé avec l’aspect thématique industriel des derniers Blut Aus Nord, lui-même mêlé à l’écrasante lourdeur de SunnO))), cela aurait de quoi en déconcerter plus d’un, et pourtant, le résultat est bel est bien là.

Crown puise son inspiration à travers ces différents styles, et crée ainsi son propre univers, quelque chose d’homogène, unique et d’insondable. Sa créativité permet de captiver pleinement l’auditeur sans laisser place à la redondance ou l’ennui.

Après une courte intro pour le moins psychédélique, ‘Abyss’, morceau teinté de mystère et de lourdeur, ouvre les hostilités et emporte instantanément l’auditeur dans une noirceur abyssale avec sa rythmique lente et mécanique. Comme je le disais plus haut, on ressent dans cet opus les nombreuses influences du duo, ce qui donne un cocktail parfois étonnant mais très efficace.

Leur récente signature chez Candlelight et leur programmation au mythique Roadburn Festival cette année n’est pas un hasard, Crown étonne, fascine avec sa musique écrasante et torturée. L’hypnotique ‘Blood Runs’ et ses neuf minutes me replonge dans The One, lui trouvant une certaine similitude avec ‘Mare’.

Musicalement l’album se scinderai presque en deux parties. Passé ‘Serpent Of Fire’, l’opus opère dans un ton plus atmosphérique avec ‘Psychokinesy II’, qu’on pourrait quasiment affilier à Spektr. Il y a également  des pistes plus atypiques, comme l’étonnante ‘Telepath’, qui officie dans une tranche expérimentale assez poussée avec ses voix électroniques récurrentes, tandis que le titre éponyme s’affranchit d’un ton nettement plus ambiant.

Impossible de parler de Psychurgy sans évoquer ‘Alpha Omega’, piste bien plus sombre et agressive que les précédentes qui clôture ce voyage spectral à travers des riffs une fois de plus torturés et mélancoliques, et une ascension progressive au fur et à mesure qu’on parcours le morceau. Stephane Azam est accompagné de Frederick Rotter (Zatokrev) au chant ainsi que sur le titre éponyme. La coopération des deux hommes alourdit d’avantage l’ambiance, qui s’annonçait déjà bien pesante jusqu’à présent. Incontestablement un de mes morceaux préférés avec ‘Abyss’.

Un disque qui donne un souffle nouveau à la scène et qui va comme son prédécesseur, sûrement connaître un franc succès tant son contenu est riche et diversifié. Psychurgy transgresse les limites musicales et ouvre la voix à un public plus large qu’à l’accoutumée. Je ne me mouille pas trop en affirmant que cet album se place sans doute dans les opus les plus marquants de cette première moitié d’année 2013.

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