DARK MOOR - Ars Musica

Chronique

Pochette de l'album Ars Musica par Dark Moor
  1. Ars Musica
  2. Dark Lance of Spain
  3. It is My Way
  4. The Road Again
  5. Together as Ever
  6. The City of Peace
  7. Gara and Jonay
  8. Living in a Nightmare
  9. El Ultimo Rey
  10. Saint James Way
  11. Spanish Suite (Asturias)
  12. The Road Again (version acoustique)
  13. Living in a Nightmare (version orchestrale)

Site(s) du groupe :

Site web de Dark Moor
Par lucinda

Publié le 06/06/2013

Télécharger légalement

Dark Moor a déjà un passé musical bien rempli. Le groupe espagnol se forme dans les années 1990 ; après trois EP, ils sortent leur premier album "Shadowland" en 1999, chez Arise Records. Il sera suivi de pas moins de sept opus la décennie suivante. Leur nouvelle production, intitulée "Ars Musica", sortira le 18 juin prochain chez Scarlet Records, qui a également sorti les trois derniers albums du groupe. C'est en toute objectivité vis à vis de la formation que cette critique a été écrite, ne connaissant rien - ou presque, de la discographie de Dark Moor.

 

L'album démarre sur une intro digne de ce nom, symphonique et visuelle à souhait qui justifie la pochette de l'album. Cette pièce symphonique enfantine est emplie de mystère, qui se manifeste à travers quelques notes de boite à musique, et évoque un cauchemar hanté d'images effrayantes. Sans réelle transition, First Lance of Spain fait son entrée ; ce titre accrocheur offre une ouverture intéressante et dynamique à l'album. Les quelques sonorités symphoniques reflètent le génie du groupe dans le domaine. La voix d'Alfred Romero n'est pas en reste et offre une profondeur et un charme qui atteignent l'auditeur dès la première écoute. Dès ce titre, nous nous apercevons de la présence d'une voix féminine, celle de Berenice Musa, qui avait déjà participé à "Ancestral Romance" (2010) ; on note pourtant que sa voix lyrique demeure en arrière-plan sur la plupart des titres et ne fait que reproduire les mêmes lignes vocales que le chant principal. Elle aurait gagné à être exploitée plus judicieusement, au lieu de ne servir que d'ornement aux refrains.

Si First Lance of Spain était un titre intéressant, le soufflé retombe vite dès It is my Way, dont la mélodie prévisible et les rythmes basiques ne convainquent nullement. Sa fin en queue de poisson semble être la preuve d'un manque d'investissement de la part du groupe. La même impression de redondance se produit sur The Road Again, premier single du groupe, et Together as Ever, bien que la première se termine de façon plus épique. La ballade Gara Jonay continue dans cette lancée ; malgré la performance imperfectible et puissante du chanteur Alfred Romero, la prédictibilité de cette ballade n'a d'égale que son manque cruel de relief. On remarque toutefois la présence d'un chœur s'apparentant au gospel.

The City of Peace et Saint James Way relèvent quelque peu le niveau de l'album ; la première, avec ses contre-temps, ses orchestrations épiques et son pont technique, la seconde, de par son atmosphère paysanne du début et ses rythmes rapides ; ces éléments ne ravissent l'auditeur que trop brièvement, car les couplets de Saint James Way s'avèrent plus creux et font retomber la dynamique. Le pont, lui, donne la part belle au solo de guitare qui reprend partiellement la mélodie du début du morceau, pour notre plus grand plaisir.

Si "Ars Musica" présente un mélange d'espoir et de déception, Living in a Nightmare est bien LA réussite de l'opus et méritera toute l'attention des fans : dès la première écoute, l'auditeur sera agréablement surpris par son aspect théâtral des plus aboutis, ses rythmes déchaînés et variés, sa symphonie grandiloquente ou encore le personnage excentrique incarné par Romero, qui n'hésite pas à rouler les "r" afin d'accentuer le côté mélodramatique de cette incroyable composition. Ce titre réveille et sort de la banalité à laquelle le groupe nous habitue dans cet opus. Pas étonnant que le groupe ait décidé d'inclure à l'album sa version orchestrale, tout aussi impressionnante mais évoquant à l'auditeur un tout autre sentiment : là où la version électrique offre une énergie délurée, la version orchestrale laisse place à une beauté tragique où la force des instruments ne fait preuve d'aucune lourdeur. Quoiqu'il en soit, les deux se complètent et font écho à l'introduction, chose que l'on aurait espéré bien plus tôt. Avec cette version orchestrale, Dark Moor propose également aux fans la version acoustique de leur single, The Road Again, qui s'avère bien plus intéressante que la version originale, moins lourde et plus émouvante.

L'autre surprise de l'opus réside dans la reprise électrique d'Asturias. Cette célèbre composition signée Isaac Albeniz est à l'origine jouée à la guitare sèche ; elle est ici reprise en version Metal symphonique. Toujours en grands maîtres classiques, les membres de Dark Moor apportent une dimension grandiose à cette reprise et jouent avec les changements de rythme ; l'aspect dramatique est clairement exprimé à travers la guitare électrique tout au long du morceau, alors que la fin se fait en grandes pompes. La culture espagnole ressort de même dans le titre El Ultimo Rey, entièrement interprété en espagnol. La mélodie même génère des images profondément ancrées dans cette culture et font voyager l'auditeur, d'autant que les paroles mentionnent certaines endroits du pays tels que "Granada".

 

La qualité de cet album repose donc avant tout sur sa production, sur ses orchestrations élaborées et sur la performance vocale unique de Romero. D'un autre côté, Dark Moor aurait du se pencher davantage sur les structures de leurs morceaux et sur leur intensité, deux choses qu'ils ont réussi haut la main sur un titre comme Living in a Nightmare, ou encore sur leur reprise d'Asturias. Hélas, deux titres ne suffisent pas à remonter le niveau de tout un album. Même s'il parvient à divertir, "Ars Musica" donne une étrange impression de bâclage, avec sa succession trop importante de titres sans saveur. A n'en pas douter, on attend probablement plus de la part de tels musiciens avec autant d'expérience dans le genre. Une bonne dose d'originalité sera la bienvenue pour le successeur d' "Ars Musica".

Partager cet article

Notes des internautes (cliquez pour noter) :

  • Actuellement 0 sur 5 étoiles
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Note : 0/5 (0 note(s) attribuée(s))

Merci d'avoir participé !

Vous avez déjà noté cette page, vous ne pouvez la noter qu'une fois !

Votre note a été changée, merci de votre participation !

Identifiez vous ou enregistrez vous pour noter cette page.

Commentaires des internautes

Vous devez être connecté pour ajouter des commentaires

/// Contenu similaire

/// Live reports