ECHANCRURE - Paysage. Octobre

Chronique

Pochette de l'album Paysage. Octobre par ECHANCRURE
  1. Sans Titre 1
  2. Sans Titre 2
  3. Sans Titre 3
  4. Sans Titre 4
  5. Sans Titre 5
  6. Sans Titre 6
  7. Sans Titre 7
  8. Sans Titre 8
Par Dzo

Publié le 11/12/2011

 

Émergent one man band français, Echancrure évolue dans un style à mi-chemin entre le Black Metal et le Dark Ambient, teinté de sonorités industrielles. ‘Paysage. Octobre’ est le premier full-lenght livré par A., unique membre de ce projet, qui s’occupe de nombreux instruments. D’une précédente collaboration en est sorti un split avec Atrabilis, composé d’un long morceau pour chaque formation.

Niveau de l’artwork, très froid et spectral, il s’impose comme visuellement efficace et bien conçu. Minimaliste, mais très peaufiné et soigné.

Quand on écoute cet opus, plusieurs influences peuvent venir à l’esprit. Que ce soit de Lustmord, pilier du genre Dark Ambiant depuis de nombreuses années maintenant, en faisant un détour par la case Spektr, groupe français qui mêle à merveille Black avangardiste et ambiances indus. Mais également Abruptum, duo suédois psychotique des années 90 qui avaient révolutionné le genre en créant divers embryons musicales absolument terrifiants.

Après une intro psychédélique, le premier ‘vrai’ morceau de l’album démarre sur une mélodie au clavier presque joyeuse, infantile mais maléfique, avec ce côté sombre et inquiétant qui rôde et qui n’est jamais bien loin.

Avec son air de piano thématique, la fin de ‘Sans Titre 2’ nous projette aux méandres d’un manoir hanté au fin fond d’une forêt brumeuse. On s’imagine entrer dans une vaste pièce où l’on découvrirait, stupéfaits et pétris de peur, une sorte de dame blanche jouer cet air envoûtant qui vous glace le sang. Le contraste des deux univers dans ce titre est déstabilisant, et nous fait perdre nos repères.

Le morceau n°3 me rappel vraiment ‘Vizualisation’ de Spektr. Sûrement dû aux répliques en deuxième plan que l’on entend ainsi que le son caractéristique de la batterie. Mais ceci est loin d’être déplaisant. Bien plus industriel que le précédent morceau, sa structure et l’ambiance dégagée sont nettement différents; on a soudainement changé d’endroit, comme si on avait sauté dans un vortex nous projetant dans un monde parallèle. Cette discordance est déroutante, mais séduisante, une fois de plus. On s’initie immédiatement dans le nouveau décor imposé par A.

Quant au morceau n°4, avec ses guitares aigües criant à l’agonie, est torturé et met très mal à l’aise, donnant cette impression d’enferment, d’oppression mentale. Presque aussi sombre qu’un album de Blut Aus Nord serait transmettre.

Les airs de violon donnent une tournure gothique et vampirique, mélancolique à la finalité du morceau, avec cette batterie à la rythmique longue et pesante qui traîne derrière telle une ombre errant dans le brouillard. Les différentes influences de A. se font ressentir et apportent une particularité atypique très intéressante aux compositions.

‘Sans Titre 5’ est une continuité du 4 de quelques secondes, à se demander pourquoi ces deux morceaux ont été dissociés. Mais après tout, ceci est un détail.

Une voix ‘mécanique’ relativement en retrait et peu présente durant tout le cd, indubitablement maladive et remplie de lamentation.

‘Sans Titre 6’ : le retour des longues notes aigües des guitares ne font rien pour arranger les choses et apportent une noirceur supplémentaire à cet univers spectral, à la rythmique ritualiste. Des cris qu’on ne saurait définir s’ils viennent d’un homme à l’agonie ou d’une bête de l’ombre viennent ajouter une pression supplémentaire sur la poitrine de l’auditeur, comme si tout ce qu’il a traversé avant ne suffisait pas.

Pour un premier full-lenght, l’atmosphère est fichtrement bien répartie, le travail des compositions recherché et personnel, complexe, et ce côté décalé et anticonformiste agréable. Les changements d’ambiances brutaux qui caractérisent cet opus pourraient s’apparenter à un psychopathe bipolaire changeant soudainement de personnalité.

J’ai écouté plusieurs fois ce disque, que ce soit sur ma chaîne ou au casque. C’est incontestable, ‘Paysage. Octobre’ est un voyage qui doit s’effectuer via le casque pour que l’immersion et l’emprise soit totale. Un périple que je conseille fortement à tous les amateurs d’ambiances obscures et ritualistes, à la recherche de sons qui font froid dans le dos.

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