GORGOROTH - Instinctus Bestialis

Chronique

Pochette de l'album Instinctus Bestialis par Gorgoroth
  1. Radix Malorum
  2. Dionysian Rite
  3. Ad Omnipotens Aeterne Diabolus
  4. Come Night
  5. Burn In His Light
  6. Rage
  7. Kala Brahman
  8. Awakening

Site(s) du groupe :

Site web de Gorgoroth
Par Dzo

Publié le 04/06/2015

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Les années passent, et chaque groupe de la vague norvégienne des années 90 suit désormais son propre chemin. Certains le critiquent vivement, dénonçant que ces derniers se fourvoient en s’éloignant des racines dites du « Vrai Black Metal », un terme réducteur qui, au final, ne veut plus dire grand-chose tant les sous-genre de ce style musical ont évolué et ont été explorés, mais l’objet de cette chronique n’en est pas la question.

En effet, dur désormais de classer les derniers opus de Satyricon dans la même catégorie que Darkthrone, ou de comparer le nouveau méfait de Gorgoroth avec les nappes ambiantes de Burzum, même si tous ces groupes ont eu un fil conducteur commun à un moment donné.

Six ans après Quantos  Possunt Ad Satanitatem Trahunt, album qui signait le soit disant "grand" retour de Gorgoroth avec à nouveau Infernus aux commandes du navire, le frontman originel et sa bande remettent le couvert avec Instinctus Bestialis, neuvième opus en un peu plus de vingt ans de carrière.

Une carrière mouvementée, avec ses hauts et ses bas, ses nombreux changements de line-up en passant par la case justice, que ce soit à cause des actes d’Infernus ou anciennement Gaahl, ou à cause de problèmes de droit de noms. Qu’à cela ne tienne, Gorgoroth est toujours bien là, même si l’autre moitié du cerveau de la bande officie désormais dans God Seed.

Signé récemment chez les hollandais de Soulseller Records, label nettement plus modeste et intimiste que Regain Records (qui n'existe plus désormais), la deuxième nouveauté sur Instinctus Bestialis est l’arrivée d’un nouveau chanteur, le quatrième depuis les débuts du groupe; un serbe qui répond au doux de nom d'Atterigner, inconnu au bataillon pour ma part. Exit Pest pour la deuxième fois, le motif étant son manque d'implication au sein du groupe, notamment juste avant une tournée sud-américaine où ce dernier n'était pas certain de pouvoir y participer.

Musicalement parlant, l’album contient huit pistes qui officient dans la lignée du prédécesseur, mais avec moins de puissance et de mélodies accrocheuses à mon goût. Malgré quelques écoutes répétées, je n’arrive pas à vraiment me faire une opinion définitive sur ce nouveau méfait. Bon, mauvais? S’il reste bien au-dessus de toute une chiée de groupe des caves underground (qui n’hésiteront d’ailleurs pas à descendre le groupe avec ce nouvel album), on est néanmoins bien loin de la haine viscérale d’un Under The Sign Of Hell ou Destroyer

Ce qui saute aux oreilles dès les premières notes de 'Radix Malorum', c'est cette production très aseptisée qui rend la plupart des morceaux peu efficaces, ces derniers arborant déjà une faiblesse dans la nature des compos elles-mêmes. Il y a tout de même un ou deux morceaux qui se démarquent, à l’image de 'Dionysian Rite' qui est percutant et efficace, même s’il faut bien admettre que les riffs de ce titre font fortement penser à ceux de 'Wound Upon Wound' (titre sur AMSG). Manque cruel d'inspiration ou malheureuse coïncidence?

Certains morceaux rentrent par une oreille et ressortent aussitôt par l'autre. Pas que ce soit forcément médiocre, mais simplement très peu inspiré avec un sentiment de déjà entendu, surtout sur le précédent opus. Même s'il y a un nouveau chanteur, l'impact reste relativement limité face à un Gaahl nettement plus démonstratif vocalement parlant. Je pense notamment à des morceaux comme 'Burn In His Light' et 'Rage' avec sa deuxième partie de morceau lente et mélancolique qui fait l'effet d'un coup d'épée dans l'eau, et fera donc vite retomber l'enthousiasme qu'on se fait en écoutant d'autres titres.

Même s'il reste auditivement acceptable, le groupe ne s'est pas foulé non plus en écrivant 'Awakening', le titre qui clôture l'album. Une chanson torchée en deux minutes d'écoute et avec un riff et demie.Un peu plus de trente minutes d'écoute et la boucle et bouclée, Bestialis Instinctus est aussi vite écouté qu'oublié.

Certains apprécieront la prestation d'Atterigner, personnellement, son chant ne me procure aucune sensation. Il reste à la hauteur de la production de l'album, c'est à dire assez plat et chiant à la longue. Je préférais nettement la voix grasse et sale de Pest qui imposait un côté nettement plus froid et sombre à la musique de Gorgoroth.

Avec un peu de recul, on se rend compte que, que ce soit du côté de Gorgoroth ou de God Seed, depuis ce « divorce », aucune des deux formations n’a réellement brillé de son côté. Chaque parti livre une musique de qualité mais sans être transcendante pour autant.

Vous l’aurez compris, je reste donc mi-figue mi-raisin sur cet opus. Il s’écoute, mais ne donne pas envie de le faire tourner en boucle non plus. On se rabattra volontiers sur de plus vieux opus qui dégagent vraiment quelque chose. Et c’est selon moi ça la force de Gorgoroth, c’est que le groupe a connu plusieurs ères, mais chacune avec sa propre atmosphère, son univers, alors que là, le décor planté est assez fade et banal; le meilleur reste désormais derrière eux.

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