INSIGHT AFTER DOOMSDAY - The Way To Nihilism

Chronique

Pochette de l'album The Way To Nihilism par Insight After Doomsday
  1. The Way To Nihilism
  2. Departure
  3. The Unexpected
  4. Afterglow
  5. World Demise
  6. SPG
  7. Last Letter Home
  8. Political Valentine
  9. Calling
  10. Nightshift
  11. Waiting to Fall
  12. In Denial
  13. Maniac

Site(s) du groupe :

Site web de Insight After Doomsday
Par Baptiste

Publié le 31/07/2014

Télécharger légalement

Insight After Doomsday fait partie de cette vague de groupes méditerranéens qui jouent de la musique à grosses influences scandinaves. Si généralement, les groupes de death mélodique du sud de l’Europe viennent plutôt d’Italie où la scène s’est pas mal développée, l’Espagne dispose également de quelques représentants au nombre desquels figure le groupe qui nous intéresse aujourd’hui.

 La promo tente de nous allécher en définissant leur style comme un « metal moderne penchant vers le metalcore », pour fans de Soilwork, In Flames et Killswitch Engage.

Le coup classique du name dropping, qui tombe à moitié à côté il faut le reconnaître. Impossible d’appeler ça du metalcore tant on en est à des années lumières. Si vraiment on fouille, quelques petites sonorités djent et trois coups de cordes à vides viendront franchir la ligne blanche mais c’est bien tout. Que les fans de Killswitch Engage se rhabillent tout de suite, l’orgasme promis ne les attend pas chez le groupe espagnol.

En revanche, In Flames et Soilwork semblent un peu plus proches. Sans du tout avoir le même son, les influences du groupe viennent clairement plus du nord que des Etats-Unis. Le groupe s’éloigne cependant de ses ainés par une utilisation plus présente et systématique d’élements électro ultra modernes. On pense à Sybreed, Kalisia ou encore Mercenary par exemple.

On comprend évidemment la démarche mercantile, surtout lorsque l’on tente de lancer un jeune groupe. Car si l’on est complètement honnête, Insight After Doomsday ne fait pas franchement parti des pointures du genre. Le groupe est quasiment inconnu au bataillon mais semble vouloir sortir de l’anonymat avec ce deuxième album.

 Pour cela, ils se sont clairement donné le moyen de ses ambitions avec une production en béton armée et un featuring avec… Bjorn Strid de Soilwork. Ben tiens. Si celui-ci est coutumier du fait et est déjà apparu sur des dizaines de production, obtenir sa participation reste tout de même un sacré coup de pub et une reconnaissance de son travail.

Là où ils font fort, c’est qu’avec ce duo le groupe passe àdeux doigts d’enterrer son propre album.

Le chanteur suédois assure le chant sur« Departure » qui s’avère être le premier morceau.  Un choix fort malheureux car si le titre est bon, et la prestation vocale évidemment parfaite, sa position d’opener dessert complètement l’album, et ce pour plusieurs raisons.

La première est qu’il en devient difficile d’entrer dans leur univers. Le premier titre doit être celui qui va déterminer l’ambiance de l’album, le son et la personnalité du groupe. La formation s’affirme et déclare par ce titre à l’auditeur : « voilà ce qui vous attend dans les 45 prochaines minutes ».  En choisissant de laisser leur chanteur au rencard et de le remplacer par l’un des meilleurs, si ce n’est le meilleur, chanteur sur le circuit, doté d’une immense personnalité, comment prendre sa suite et s’affirmer ? C’est tous le problème des invités prestigieux : ils phagocytent votre musique. C’est encore plus vrai et dommageable quand le featuring ouvre l’album…

La deuxième raison est que sans manquer de respect au chanteur de Insight After Doomsday, excellent au demeurant et sur lequel nous reviendront un peu plus loin, Bjorn Strid est un monstre. Etalonner votre performance vocale sur ce qui se fait de mieux est complètement suicidaire. Et le groupe ne s’en relève jamais complètement malgré les qualités indéniables del’album.

Car si ce duo malheureux, véritable gangrène de cette chronique comme preuve qu’au moins le coup de pub porte ses fruits, leur est dommageable, le groupe ne manque pas d’arguments.

Le paradoxe avec ce qui a été dit auparavant est que le chant devrait être l’une des grandes forces du groupe. Le chanteur espagnol, en plus d’une technique irréprochable, dispose d’une voix puissante au timbre immédiatement accrocheur à l’oreille. Sa voix fait parfois penser à Jonathan Davis de Korn, une petite originalité dans le style qui fonctionne à merveille. L’alternance voix clair / chant hurlée est fluide et relativement imprévisible ce qui, dans le metal moderne, est devenu tout sauf un point négligeable. 

 Le reste des musiciens n’est pas en reste et fait parler la poudre avec brio. La base rythmique est souvent progressive, le groupe ne se contentant que rarement des structures simplistes. Cela ne les empêche pas pour autant de faire montre d’une grande efficacité pendant tout l’album.

« SPG », avec son riff imparable, sa mélodie entêtante et ses growls furieux est ni plus ni moins qu’un immense tube. Un statut que « Departure » partage, malgré toutes les réserves à son égard. « Political Valentine » et« Nightshift » moins tubesques et plus ambiancés, ressortent également du lot grâce à des performances vocales ultra solides. 

Seule l’énième reprise metal de « Maniac » qui cloture l’album est clairement dispensable. Mais la reprise semble être la signature du groupe donc pourquoi pas… D’autant qu’elle ne vient pas réellement ternir l’ensemble d’un album jusque là réussi et très homogène.

Que de regrets tout de même sur cette tracklist ! En faisant glisser « Departure » en 6ème ou 7èmeposition, la façon dont l’auditeur appréhenderait l’album en serait complètement modifiée et ferait beaucoup de bien. Il faudra se contenter de ça, probablement le fruit d’une démarche mercantile qui prouve bien que les impératifs financiers mal gérés peuvent desservir la musique. A fortiori quand le groupe se fend d’un bon album, rempli de compositions solides qui ne demandent qu’à exister par elles-mêmes.

The Way to Nihilism reste une très belle carte de visite pour le groupe qui, avec l’apport promotionnel de Bjorn Strid et surtout des morceaux taillés au cordeau, a tout pour concrétiser ses ambitions.

Partager cet article

Notes des internautes (cliquez pour noter) :

  • Actuellement 0 sur 5 étoiles
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Note : 0/5 (0 note(s) attribuée(s))

Merci d'avoir participé !

Vous avez déjà noté cette page, vous ne pouvez la noter qu'une fois !

Votre note a été changée, merci de votre participation !

Identifiez vous ou enregistrez vous pour noter cette page.

Commentaires des internautes

Vous devez être connecté pour ajouter des commentaires

/// Contenu similaire

/// Live reports