LINKIN PARK - The Haunting Party

Chronique

Pochette de l'album The Haunting Party par Linkin Park
  1. Keys To The Kingdom
  2. All For Nothing (feat. Page Hamilton)
  3. Guilty All The Same (feat. Rakim)
  4. The Summoning
  5. War
  6. Wastelands
  7. Until It's Gone
  8. Rebellion (feat. Daron Malakian)
  9. Mark The Graves
  10. Drawbar (feat. Tom Morello)
  11. Final Masquerade
  12. A Line In The Sand
Par Baptiste

Publié le 25/06/2014

Télécharger légalement

Inutile de faire l’affront à qui que ce soit d’une présentation de Linkin Park. Si sa popularité n’est plus ce qu’elle était, l’ancienne coqueluche des rebelles de votre collège sort mine de rien un encore très attendu 6ème album.

Les désormais ex adolescents que nous sommes nous souvenons avec nostalgie de Hybrid Theory et Meteora, deux albums vendus par palettes qui avaient largement contribué à populariser le neo, un genre de metal alors au top.

Anticipant l’érosion d’un style qui allait disparaître en même temps que les boutons et les appareils dentaire de ses fans, Linkin Park avait assez vite changé d’orientation musicale. D’un rock burné bien que plus pop sur Minutes to Midnight, le groupe avait même complètement basculé dans l’electro sur A Thousand Sun, dont l’accueil public et critique fut aussi mauvais que le disque lui-même.

On pensait donc que le fameux « retour au source » de tous les groupes en perte de vitesse interviendrait dès l’album suivant. Le groupe garda pourtant le cap sur Living Things avec un album certes moins expérimental mais qui faisait encore la part belle aux éléments électroniques. Avec nettement plus de réussite il faut bien le reconnaître.

On pouvait dire ce qu’on voulait du groupe, les taxer d’opportunistes, vendus, produit marketing et autres amabilités... force est de constater que depuis 10 ans le groupe faisait ce qu’il voulait, quand bien même le restes de leur fan base traditionnelle disparaissait au gré de leurs expérimentations.

N'en déplaise au fan de la première heure, mieux vaut une évolution sincère qu’une stagnation redondante et, disons le franchement, souvent très chiante. Un groupe comme Children of Bodom ne viendra pas dire le contraire…

Il y avait donc de quoi craindre le pire avec les effets d’annonce dont se fend le groupe de manière régulière depuis plusieurs mois. Pêle-mêle, nous est promis un « retour au source » (décidément) dans leur album le « plus heavy » où les guitares « rock » seront au premier plan.

Comme on est pas nés de la première pluie et que cette génération a déjà du endurer des étrons comme Death Magnetic (Metallica) ou III : Remember Who We Are (Korn), on s’est méfié.

Trêve de suspens après cette intro beaucoup trop longue : on avait raison.

Non, Linkin Park ne fera pas revenir ses brebis égarées avec The Haunting Party. S’il est vrai que le combo s’est racheté une paire de cojones, il semble assez clair qu’ils ne savent plus s’en servir. Oui, les guitares se font plus mordantes que dans leur passé récent, volontiers rehaussée par le chant hurlé d’un Chester Bennington toujours aussi bluffant de maitrise, mais le groupe brasse malheureusement duvide.

L’implacable vérité est que cet album est d’un ennui profond. Passé le furieux opener « Keys To The Kingdom » au demeurant très agréable, le reste n’accrochera que très rarement l’oreille. Déplorable de la part d’un groupe qui il y a quelques années savait pondre un album de 12 chansons avec 10 tubes.

Au rayon des bonnes surprises, le très hip-hop « All  For Nothing » ferait un bon single. « Wastelands » est une main de fer dans un gant de velours, mélangeant avec réussite la rage de leur début avec le sucre de leurs sorties récente. Le groupe gagnerait réellement à creuser ce filon tant l’efficacité de ce titre est imparable. Restent le dernier titre « A Line In The Sand », également très réussi, ainsi que le surprenant et inclassable « Drawbar », morceau instrumental  planant en featuring avec Tom Morello.

Le reste passe sans vergogne du médiocre au moyen. « Guilty All The Same » commence bien mais s’avère beaucoup trop long et répétitif. « War »est un morceau de punk bas du front raté car absolument sans conviction. « Until It’s Gone » et « Final Masquerade » sont les désormais incontournables morceaux pop que nous sert le groupe à chaque fois, ennuyeux et plus proche des standards de 30 Seconds To Mars…

Le fond est atteint avec « Rebellion », sur lequel apparaît Daron Malakian. Un titre sans aucun intérêt sur un album de Linkin Park étant donné qu’il s’agit d’un morceau de System of a Down… Et d’un mauvais en plus. Peut-être faudra-t-il expliquer un jour aux artistes qu’un featuring est justement l’occasion de mélanger le meilleur de deux mondes pour aboutir à une œuvre originale… Ici, l’ami Malakian a apporté une chute de studio de chez lui et a gentiment dit au groupe de la fermer. Même la voix tente desinger Serj Tankian… Un échec navrant dont le groupe ne sort pas grandi et qui montre que bien trop souvent, les featuring ne sont qu'un artifice.

Sans aller jusqu’à dire que le groupe se fout de la gueule de ses fans, il est indéniable que la sincérité du projet peut être remise endoute. Manifestement, perdre leurs fans de la première heure semble les gêner au point de se mettre à rejouer une musique qui ne leur correspond plus.

Le résultat ? Un album sans vraies qualités, sans spontanéité, sans honnêteté. En bref, un album sans âme. Le groupe a gentiment fait ce qu’on lui demandait sans même se demander si les compos valaient quelque chose.

Plus de guitare ? Ok on va fourrer un ou deux morceauxà l’énergie punk pour montrer qu’on est méchants. Moins d’éléctro ? Ok, on va carrément envoyer le DJ JoeHahn en vacances et se débarrasser simplement des samplers. Deux résolutions que le groupe aurait franchement du peser avant de commencer à composer.

Plus personne ou presque n’attend de Linkin Park un resucée de Meteora. Cet album, et son prédécesseur, appartiennent au passé et resteront les témoins d’une certaine époque désormais révolue. C’est d’autant plus vrai que les dernières sorties du groupe, en visant une audience plus large, l’ont coupé de son public metal.

Pourquoi alors tenter de le reconquérir ? Surtout si c’est pour le faire de si piètre manière.

 A l’écoute de l’album, impossible de se dire que le groupe croit à sa démarche. Ils semblaient s’épanouir dans leur nouvelle orientation musicale, ils semblent éteints dans ce « retour au source ».

Ceux qui avaient 14 ans à l’époque de leur gloire et sont restés dans le metal continueront à jeter une oreille sur toutes leur sorties quoi qu’il arrive. Ce groupe a trop représenté, pour trop de gens, pour provoquer l’indifférence. Il faut néanmoins se faire une raison. Le groupe n’a plus rien à proposer ou presque aux metalleux, à qui cet album dit de manière probablement irrémédiable : « adieu ». 

Partager cet article

Notes des internautes (cliquez pour noter) :

  • Actuellement 0 sur 5 étoiles
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Note : 0/5 (0 note(s) attribuée(s))

Merci d'avoir participé !

Vous avez déjà noté cette page, vous ne pouvez la noter qu'une fois !

Votre note a été changée, merci de votre participation !

Identifiez vous ou enregistrez vous pour noter cette page.

Commentaires des internautes

Vous devez être connecté pour ajouter des commentaires

Télécharger légalement

/// Contenu similaire

/// Live reports