LIVARKAHIL - First Act Of Violence

Chronique

Pochette de l'album First Act Of Violence par Livarkahil
  1. - Ode To Delirium
  2. - In Nomine Dei
  3. - Be My Plastic Queen
  4. - The Last Smile
  5. - My Civil War
  6. - Songs Of The Failing Gods
  7. - Interlude
  8. - Your Thin Line
  9. - Fuck That Shit
  10. - In This Room
  11. - Forgotten Tales
  12. - For Everything You're Not
Style : voir chronique
Par Thanatës

Publié le 01/09/2009

 

(Hardcore/Thrash/Death) 14/20

J’ai reçu « First Act of Violence » chez moi avec une bonne pile d’autres cd commandés sur le net, et en forçant la comparaison, je peux dire qu’il m’a fait bonne impression. La pochette à la fois très simple et explicite, m’a tapé dans l’œil. Il faut dire qu’il est rare de voir, de nos jours, une pochette qui allie originalité et simplicité (cf. toutes les pochettes de groupes de new wave qui nous file des pochettes où on ne pige pas grand-chose, encore moins le nom floqué dessus). La pochette m’a donc pas mal inspiré et je dois avouer m'être fait la remarque que l’image donnée correspondait bel et bien à l’avant goût de la « froideur » que je m’étais fait du style défendu par le groupe lors de mes écoutes préalables.
J’insère donc le cd dans le lecteur et je relis les infos qui vont avec. Mastering par Jp. Chalbos (Gojira, Oomph…), de quoi avoir pas mal de certitudes sur la qualité du bébé et à renforcer la bonne impression véhiculé par le produit jusque là. C’est donc résolu que je rentre tête baissée dans le monde de Livarkahil.

Le groupe francilien nous gratifie d’une intro aux sonorités indus et malsaines avant de nous propulser dans le vif du sujet.
La première compo à proprement parler, « In Nomine Dei », nous annonce le menu du jour : un bon morceau de Hardcore sauce Thrashy légèrement saupoudré de sonorités Indus. La négociation des parties est d'ores et déjà bien ficelée, le pont très bien négocié. Livarkahil ne tarde donc pas pour puiser dans son registre Hardcore plein d’efficacité.
Tout nous donne à penser que l’énergie déployée sera du même ordre tout le long de cette galette. Les premières mesures de « Be my Plastic Queen » font office de tremplin pour la voix qui appuie ici encore d’avantage l’efficacité du combo. Cette piste est également l’opportunité de nous pencher sérieusement sur la ligne de batterie signé Krasch (Ex TANK), ne s’éloignant pas trop des sentiers battus, certes, mais très bien maîtrisée et d’une précision chirurgicale. Un pont varié qui tend entre des tenues d’accords et des doubles croches en corde à vide, contrebalance parfaitement l’arrivé du finish en trombe.
La compo suivante brandit fièrement une influence Thrash omniprésente tandis que le refrain penche plus vers des horizons Rock grandement atténués par un son froid à souhait. « The Last Smile » est donc une compo très plaisante qui s’éloigne légèrement du moule traditionnel que nous offre l’ensemble de l’album.
Mais nous revoilà dans notre bon vieux Hardcore. L’intro étouffée de « My Civil War » nous propulse dans une compo 100% Hardcore. On retrouve les chœurs typés « Gang Vocals », ainsi que (toute première dans l’album) la mosh part en breakdown (mais attention pas le breakdown style chute du tempo dans un gouffre abyssal), en toute fin de compo, lancée après un pont mélodique très inspiré. On toucherait presque le summum de l’efficacité du groupe ici, une compo qui va faire mal en concert. « Songs of the Falling Gods » qui suit, use des mêmes ingrédients sans être dans le même registre, volontairement (ou pas) amené vers des riffs plus mécaniques, tend de plus en plus vers l’Indus pur et dur. Les montées vocales sont très bien pensées et gonflent le potentiel « efficacité », déjà bien musclé, de cet album.
L’interlude, quant à elle, est vraiment excellente. Un jeu habile entre les parties acoustiques et de distorsion forment un mariage très appréciable et servent au mieux sa musicalité, mise en avant ici. Un travail de composition remarquable. Par sa variété et sa teneur musicale, cette instrumentale plaira autant aux musiciens qu’au public « tout venant ». En plus de tout cela, l’interlude amène idéalement ce qui suit : « Your Thin Line » est le petit bijou de l’album car très surprenant. Un bon gros mix entre Hardcore et Rock est le plus simple résumé que je pourrais faire de cette piste. Autant dire qu’on est loin de ce que nous avons entendu jusqu’à présent. Mais le mélange est très bien négocié et le morceau en ressort grandi. Certainement le morceau le plus agréable, de mon point de vue.
« **** that **** » (A vous de remplir les trous) tombe à pic en nous replongeant dans le registre habituel du groupe, que nous avions presque perdu de vue lors des cinq minutes précédentes. Il est évident que Livarkahil a fait ce choix stratégique pour nous secouer un peu, en allant chercher comme suite la compo la plus Death du répertoire. Un bon riff qui m’a rappelé le vieux Bolt Thrower, rien de mieux pour enchaîner.
Le morceau suivant est ce qu’on connaît le mieux de Livarkahil, on sent que la fin de l’album se déroule tranquillement. Le refrain emprunte a ce qui a été vu dans « The Last Smile » en terme de sonorité et de riff.
« Forgotten Tales » entre en matière avec un riff très New Wave of Hardcore. On retrouve encore ce goût prononcé pour les refrains très Rock sur lesquels se pose un chant Hardcore. Egalement l’occasion pour nous, de se faire une bonne mosh part à mi-parcours, finalisée par l’harmonique qui va bien. Mosh part dont on trouvera une variante un peu plus loin, preuve de créativité.
La dernière piste de l’album brandit elle aussi bien haut, le fier drapeau du Death. On ressent clairement une violence franche et naturelle qu’on ne retrouve que, malheureusement, très peu dans l’ensemble du cd. Un passage de deux mesures bien placé, plus orienté Metal progressive, prend complètement à contre-pied, un vrai régal. L’album finit donc sur une touche presque manichéenne mais c’est bien joué de la part du groupe car ça a le mérite de nous surprendre complètement.

Dans l’ensemble donc, on peut dire que cet album puise principalement et largement sa force dans les fondements du Hardcore, auxquels viennent s’ajouter par parcimonies d’autres influences plus ou moins marquées. J’entends par là que je ne qualifierai pas le style démontré ici par le terme de DeathHardcore, car on ne retrouve que très peu, voir pas du tout (selon les compos) les grands axes du Death classique. Ici, très peu de blast, pas de chant guttural ni de parties gratuitement violentes et incisives.
Vous y trouverez généralement et majoritairement des mid-tempos, une voix poussée et des parties plus agressives que violentes, tout autant d’éléments que l’on pourrait rattacher au Thrash et au Hardcore. Deux styles dont les fondements sont bien respectés, les structures sont très carrées, ce qui génère et alimente cette efficacité si chère au groupe. On trouve donc les différentes parties, couplet, refrain et pont à leur place respective.

Le son de l’album reste un atout certain, en plus d’être puissant et précis, Livarkahil nous offre une signature sonore reconnaissable parmis tout les clichés de la scène Hardcore. Cependant, il ne faut pas être allergique au son froid et saturé car le choix de ce son peut mener certains à se plonger dans l’illusion d’un manque d’originalité, tellement les sonorités semblent proches au fil de l’album.
Autre point fort de l’album : son homogénéité dans le travail de composition. Il est difficile de faire sortir du lot telle ou telle compo, de manière objective. Il est sûr que vous isolerez vos préférés, mais seulement selon votre goût personnel. L’enchaînement « Interlude » / « Your Thin Line » me parait être le moment clé de l’album car le plus inspiré et le plus « musical » à proprement dire.
D’autres part, je sais que certains d’entre vous, n’approuveront pas le manque de pondération et de modulation dans la voix. Il est vrai que le chant s’apparente à une ligne unique, si on exclue les quelques élans de variations (chant murmuré, étouffé etc.), principalement dans les ponts. Mais il faut avouer que cette ligne de voix, même si unique, reste un excellent moteur qui s’approprie et aide parfaitement le style efficace du groupe.

Pour résumer, First Act of Violence est un album très sympathique et agréable à l’écoute que je conseille à tous les fans des genres cités précédemment et que je déconseillerai aux allergiques du son typé Indus (on s’y fait facilement tout de même).

Avec l’efficacité comme fond de commerce et arme principale, Livarkahil est un groupe à voir absolument en concert.

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