LUSTMORD - Zoetrope

Chronique

Pochette de l'album Zoetrope par Lustmord
  1. Main Title/Infinite Space
  2. The Cell
  3. Cellular Blur
  4. Descent
  5. Transitional Pathway
  6. Amalgamated Man
  7. The Harrow
  8. The Abhorrent Apparatus
  9. Disintegration
  10. End Titles

Site(s) du groupe :

Site web de Lustmord
Par Dzo

Publié le 26/07/2013

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Étroitement lié avec le Black Metal et le Doom pour son côté très obscure et ésotérique en fonction des formations, le Dark Ambiant est décidément un style qui me fascine. Une musique aux aspects sombres, avec des ambiances industrielles intemporelles qui font froids dans le dos, qui éveillent les sens et font ressortir le côté le plus sombre enfoui dans chacun d’entre nous. Zoetrope est une œuvre qui berce mes soirées solitaires depuis de nombreuses années, un tel opus ne mérite pas de rester dans l’ombre.

Présentation succincte de Lustmord, entité créée par Brian Williams, considéré par beaucoup dans le milieu comme l’un des pères fondateurs du Dark Ambiant, notamment avec ses premiers opus parus dès le début des années 80.

A travers sa discographie très complète et évolutive, Lustmord est un véritable voyage éveillé de la conscience, à la fois terrifiant, intriguant et insondable. Une chose est sûre, ce n’est pas avec cette formation que vous trouverez une once de luminosité, mais bien l’inverse.

Comment décrire le déroulement d’un tel disque? Si ce n’est mettre l’accent sur la froideur abyssale qui le caractérise, le mystère de ces sons industriels venus de l’enfer destinés à tourmenter l’auditeur et l’embrigader dans une psychose paranoïaque. A l’origine, Zoetrope est une bande son d’un film se nommant « La Colonie Pénitentiaire », inspiré d’une nouvelle de Frank Kafka parue au début des années 1900.

‘Main Title – Infinite Space’ plante le décor dès les premières secondes d’écoute, avec un titre au nom évocateur qui permet de se projeter rapidement dans un univers de science-fiction où l’on ne connait et maitrise rien.

‘Cellular Blur’, morceau très prenant, pousse notre esprit dans ses derniers retranchements, juste avant d’en perdre la raison. Plus on évolue dans l’écoute de Zoetrope, plus ce sentiment de malaise, d’isolement devient palpable. On a l’impression de s’enfoncer dans une sphère extrêmement macabre ou nous n’avons plus aucun repère, pas même une once de lumière pour se situer. On avance dans le noir, complètement déstabilisé, vulnérable, avec cette peur qui rôde, qui n’est pas bien loin. On avance sans même savoir où l'on va, sans avoir la possibilité de rebrousser chemin.

‘There is no escape’

Cette montée progressive de cette sorte de machine infernale vous prend à la gorge, jusqu’à arriver sur ‘Descent’. D'un coup, le calme plat, aucun son, ou très peu, ce qui laisse présager le pire. Un silence bien trop inquiétant quand on a parcouru la moitié du vinyle et découvert son contenu, très immersif. La descente aux enfers se poursuit avec ‘Transitionnal Highway’, rythmées par des ambiances industrielles récurrentes qui mettront notre esprit à rude épreuve.

‘Amalgamated Man’ semble nous sortir de l’ombre pour un temps, avec l’apparition de voix spectrales qui sont malgré tout, peu rassurantes. La fin de ce long tunnel? Oui, mais seulement pour atterrir sur le pont du Nostromo. Sorti de l’ombre ou pas, l’oppression reste totale. L’un des morceaux les plus réussis, même si un opus de ce type s’écoute d’une traite, cela va sans dire. La fin de l’album se termine sur un air assez funeste et macabre avec ‘End Titles’, un soupçon plus mélodique et lumineux, mais agitera indéniablement le sommeil de ses auditeurs, c’est certain.

Un album à absolument déconseiller aux claustrophobes, car avec Zoetrope, la sensation prédominante est l’isolement, la sensation d’une présence étrange alors que vous êtes réduit à une réclusion mentale complète dans un espace confiné. Une expérience unique, qui pourrait attirer le tympan aguerrit d’amateur des premiers opus d’Abruptum, Aghast, Spektr ou encore ceux de Henrikk Nordrvarg Bjorkk, voir ceux de Darkspace. Connaissant bien la discographie de Lustmord, je ne m’avance pas trop en affirmant que cette pièce macabre déshumanisée est sans doute l’une, voir la plus réussie de toutes. À écouter au casque, dans le noir complet et la solitude la plus totale, pour que l’effet et l’immersion chaotique de Zoetrope arrive à son apogée, et que cette chronique prenne tout son sens.

‘I offer you the emptiness which you seek’

 

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