MARILYN MANSON - The Golden Age Of Grotesque

Chronique

Pochette de l'album The Golden Age Of Grotesque par Marilyn Manson
  1. Thaeter,
  2. This Is The New Shit,
  3. mOBSCENE,
  4. Doll-Dagga Buzz-Buzz Ziggety-Zag,
  5. Use Your Fist And Not Your Mouth,
  6. The Golden Age Of Grotesque,
  7. (s)AINT,
  8. Ka-boum Ka-boum,
  9. Slutgarden,
  10. ♠
  11. Para-noir,
  12. The Bright Young Things,
  13. Better Of Two Evils,
  14. Vodevil,
  15. Obsequey (The Death of Art),
  16. Tainted Love.
Style : voir chronique
Par S.

Publié le 30/01/2011

Télécharger légalement

Label : Interscope Records (Universal)
Site officiel du label : interscope.com

Date de sortie : 2003.

Site officiel : marilynmanson.com
Mypsace du groupe : myspace.com/marilynmanson

Note : 16/20.

Line-up :
Marilyn Manson (Chant)
Twiggy Ramirez(Guitare)
Fred Sablan (Basse)
Chris Vrenna (Claviers/Percu)
Ginger Fish (Batterie)

_________________________________________

D’aucuns diront qu’il n’est pas toujours très bon, voire profitable, de se replonger dans son passé, dans ses propres souvenirs. Pourtant, à de rares occasions ces introspections nous permettent d’apprécier davantage les choses qui nous semblaient alors pour le moins quelconques voire parfois même sans grand intérêt. C’est dans cette optique que je vous propose aujourd’hui ma vision du travail réalisé par Manson & Co sur l’album “The Golden Age Of Grotesque” sorti dans les bacs dans le courant de l’année 2003. Je vous épargnerai les détails croustillants de ma période Marilyn, vous pourrez rire/pleurer face à mes goûts musicaux si ça vous chante plus tard, prenez le temps de vous instruire avant de l’ouvrir.

Or donc, comme à mon habitude, penchons-nous sur la forme en elle-même. Vous remarquerez un intérêt fort prononcé concernant la période historique qui transparaît d’un bout à l’autre de cet opus, étant complètement passionnante à mon sens. Lorsque l’on regarde les artworks des albums précédents il est clair que c’est un point qui semble très étudié, ce n’est pas un hasard si l’univers qui gravite autour de Marilyn Manson fait couler autant d’encre. Nul besoin de sortir de Math Sup’ pour comprendre que plus quelqu’un/quelque chose «choque» plus on en parle, surtout quand il s’agit du grand public. En gros, plus on passe de temps à tergiverser sur le fait que ce soit «horriblement choquant» ou tout le contraire, plus on leur fait de la pub. J’en connais qui hurleraient simplement et fort justement “Spread the world”, comme quoi choquer l’opinion bien pensante des mères poules peut s’avérer être un marché plus que juteux.

Ici l’artwork est cohérent avec la période traitée, d’un point de vue plus ou moins noir de la chose s’entend. On retrouve une perception à la fois très froide et complètement malsaine avec des costumes façon Monsieur Loyal et/ou maquillage outrancier. Les photos et polices qui changent pratiquement d’une page sur l’autre du livret augmentent davantage cette confusion car nous n’avons aucun point qui attire le regard, comme si tout cet univers, si particulier soit-il, resterait flou malgré tout.

Bref.

Il est également plus qu’évident que cet album découle d’une TRES grosse influence de Dita Von Teese, véritable icône de l’époque Burlesque. Notons également le petit clin d’œil artistique car c’est en effet durant l’époque d’entre-deux guerres qu’est né le mouvement expressionniste qui transparait clairement chez Manson, en particulier dans ses peintures mais aussi à travers ses travaux photos, extrêmement mis en avant lors de la sortie de ce “Golden Age Of Grotesque”.

En somme il y a déjà énormément à dire sur cet opus rien que du côté du leitmotiv du “God of Fuck” (je ne pense pas qu’il soit nécessaire de traduire, ce titre autoproclamé parle de lui-même).

Venons-en maintenant à l’approche musicale de la chose. Beh, faut bien.
Dans un premier temps nous pouvons remarquer qu’on retrouve des titres similaires à d’autres albums ce qui a sans conteste piqué au vif ma curiosité, personnellement j’ai horreur d’entendre des titres «réchauffés» du coup je ne me suis pas privée pour replonger dans toute la discographie.

“Thaeter” ouvre le bal. Jeu de mot provenant de « theater » (théâtre) qui nous promet un album
présentant une vision tout autre du traditionnel Cabaret vaudeville que nous dépeignent les
historiens / littéraires. Non, nous nous retrouvons dans une ambiance pesante, qui tend très
fortement vers un côté malsain, un peu à l’envers du miroir si vous voulez. Des sons stressants semblables à des bruits de crécelles à vous faire dresser les poils du dos, voilà l’ambiance dans laquelle l’auditeur se retrouve catapulté dès les premières secondes de ce “Golden Age”, sortez vos hauts-de-forme..

Suite à cela c’est autour d’un titre prodigieusement «foutage de gueule» de venir se perdre dans nos tympans. Avec un titre comme “This Is The New Shit” nous ne pouvions nous attendre qu’à une autodérision à l’extrême de la part de Manson c’est chose faite. En se moquant ouvertement de la crédulité de son auditoire qui ne cherche visiblement pas grand-chose, violence et brutalité mises à part. Preuve est faite que tout ce que cherchent ses «fans» serait simplement une façon de se défouler et non la profondeur de ses textes. Des riffs accrocheurs, un rythme qui rentre dans la tête, un chant rageur il n’en faut pas plus pour attirer l’attention.

“mOBSCENE” arrive ensuite. Sans conteste le titre phare de cet opus. La compo n’est pas si complexe que ça par rapport à d’autres méfaits du groupe, cependant on retrouve tous les ingrédients qui font que ce soit un hymne à part entière. Sans parler du clip qui l’illustre. Un peu simpliste à mon sens mais toujours bigrement efficace.

Une fois encore le Révérend nous balance à la tronche un titre haut en couleurs. Et comment. Artiste décrié par nombre de journalistes musicaux qui, non contents de monter bobards sur bobards à son sujet, pointaient du doigt le contenu des textes du groupe (par rapport à Columbine entre autres faits horribles). Soit. C’est donc avec un texte hautement philosophique que Manson relance le débat, pour ceux et celles qui ont la sagesse de comprendre ce que peuvent signifier “ Doll-Dagga Buzz-Buzz Ziggety-Zag”.

“Use Your Fist And Not Your Mouth” est un titre qui rappelle très (trop ?) fortement un certain “The Fight Song” (Holy Wood – In The Shadow Of The Valley Of Death – 2000). Dans le genre pourquoi se casser le cul. Même rengaine, que je trouve personnellement lourdingue. Le titre est bon, trop revu et corrigé à mon sens cependant.

Nous avons une nouveauté qui vaut le coup d’être soulignée sur cet opus, en effet, c’est une des rares fois où Marilyn s’essaie au chant et non plus aux “Gruik” qu’on peut souvent lui attribuer. Nous retrouvons cet effort de chant sur plusieurs titres tels “The Golden Age Of Grotesque” “(s)AINT” “Ka-Boum Ka-Boum” “Spade” ou encore “Para-noir”.

“The Golden Age Of Grotesque” s’avère être un titre plutôt simple, pourtant, quand on l’écoute avec attention on ne peut que remarquer tout le côté horriblement malsain qui transparaît à la fois derrière les paroles, mais surtout à travers cette ambiance ultra-pesante davantage renforcé par un rythme très marqué.

“(s)AINT” sied parfaitement à l’univers de Manson. Sans doute le titre qui présente le moins de rapport avec la période Burlesque. On regrettera le manque de prise de risque, finalement nous gardons un peu trop souvent le même schéma d’un titre à l’autre : des riffs lancinants, plutôt simples côté technique mais terriblement efficace lorsqu’il s’agit de s’insinuer dans la tête de l’auditeur.

“Ka-Boum Ka-Boum” constitue un titre de plus à la foutage de gueule. On montre du doigt les gros délires de Stars, justifiés ou non. “I like a big car, cause I’m a big Star, I make a big rock’n’roll hits.” Il faut bien avouer que c’est un refrain qu’on assimile très facilement et devant lequel nous ne pouvons que sourire. En ce qui me concerne, j’aime beaucoup ce titre. Passe partout mais tellement vrai..

“Spade” et “Para-noir” sont des titres que je ne suis pas en mesure de décrire car il s’agit de morceaux que l’on perçoit de façon très différente en fonction de chacun. On parlait d’introspection, en voilà un nouvel exemple.

“The Bright Young Things” et “Better Of Two Evils” sont les titres sur lesquels j’ai le moins accroché. Sympathiques mais trop répétitifs à mon sens.

Arrive ensuite “Vodevil” qui restera une des plus grandes réussites de la formation à mon sens. Le Vaudeville est une forme de théâtre chanté, très en vogue pendant l’entre-deux guerres, qui relevait les problèmes de manière très satirique. Nous sommes encore une fois parfaitement dans le thème de cet opus, sans parler de “Obsequey (The Death of Art)” qui reflète également ce malaise grandissant, il suffit d’en écouter l’introduction pour ressentir cette puissance dramatique qui n’a fait que monter crescendo durant cette période.

La formation maîtrise son sujet d’un bout à l’autre, cet opus a été malheureusement fort décrié par la critique comme un album qui n’avait aucun intérêt dans la discographie du groupe. Quand on s’y penche réellement, on comprend qu’on a assisté aux prémices d’un changement majeur dans l’orientation musicale du Révérend, beaucoup plus enclin à approfondir les choses. Fini l’époque des “Antichrist Superstar” (Antichrist Superstar – 1996) ou autres titres rentre dedans bêtes et méchants. Manson vieilli, non s’en s’assagir pour autant, pourtant on sent qu’il cherche à aller plus au fond des choses.

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