MELECHESH - Enki

Chronique

Pochette de l'album Enki  par MELECHESH
  1. Tempest Temper Enlil Enraged
  2. The Pendulum Speaks
  3. Lost Tribes
  4. Multiple Truths
  5. Enki - Divine Nature Awoken
  6. Metatron And Man
  7. The Palm The Eye And Lapis Lazuli
  8. Doorways To Irkala
  9. The Outsiders
Par Dzo , Eki

Publié le 31/03/2015

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Dzo:

Les maîtres des ambiances orientales et babyloniennes sont de retour! Et disons-le dès le début de cette chronique, Melechesh a mis les petits plats dans les grands avec Enki, sixième opus de la discographie des israéliens. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’attente en valait la peine.

Si vous doutiez ou ignoriez la thématique du groupe avant la sortie de ce nouveau méfait, la pochette aux teintes chaudes répondra à toutes vos questions. Si aux premiers abords elle paraît peut-être un peu chargée visuellement, le travail qu’il y a derrière se révèle être à la hauteur du contenu de l’album.

Niveau line-up, il y a eu du changement notable en cinq ans. Suite au départ de Xul à la batterie après huit ans de bons et loyaux services, c’est Lord Curse qui prend le relai derrière les fûts. Ce dernier n’est d’ailleurs pas inconnu au bataillon israélien, car il était déjà batteur au sein de Melechesh lors du début de vie du groupe. On dénote également la présence d’un nouveau bassiste qui répond au doux nom de Scorpios (non, ce n’est pas le ninja fou de Mortal Kombat, mais bien un membre d’Acherontas et Crimson Moon).

Après un Epigenesis qui m’a laissé un peu sur ma faim et un brin dubitatif, à l’écoute d’Enki, j’ai d’emblée retrouvé cette puissance, cette intensité que possédait déjà l’excellent Emissaries (qui est, à mes yeux le meilleur album du groupe) que je ne parvenais pas à retrouver sur le prédécesseur d’Enki.

Le voyage débute sur ‘Tempest Temper Enlil Enraged’, un titre hautement inflammable et diablement efficace qui nous plonge sans vergogne dans l’univers unique de Melechesh. Et que de bons titres sur cette galette, à l’image de l’excellente ‘Multiple Truths’ (disponible en pré-écoute avant la sortie de l’album) qui allie à merveille riffs Black/Thrash et ambiances orientales, et qui rappelle un peu un certain ‘Ladders To Sumeria’ avec sa rythmique mid-tempo catchy.

A noter également la présence de Max Cavalera qui chante en Guest sur ‘Lost Tribes’, un morceau lui aussi très réussi dans l’intensité qu’il dégage, même si honnêtement, le chant de Max se révèle quelque peu dispensable.

En parcourant cet opus, on se rend facilement compte que Melechesh a encore mûri, et ça se sent grandement dans la créativité et l’homogénéité de l’album. Certes, la recette du groupe ne change pas, mais s’embellit avec les années comme un bon vin. Chaque titre possède sa propre identité et l’album ne paraît à aucun moment redondant. Le morceau éponyme divague dans une atmosphère un peu plus calme et atmosphérique mais peaufinée dans les moindres détails, toujours avec cette aura orientale qui flotte et qui n'est jamais bien loin. Tandis que l’excellente ‘Metatron And Man’, dans une rythmique nettement plus soutenue et agressive avec le combo riff dévastateur et tapis de double pédale, s’impose comme très rapide et addictive.

Vers la fin de l’opus, une piste instrumentale minimaliste nous transportera quelques minutes le long du Jourdain sur un tapis volant avant de terminer le voyage sur l’éprouvant ‘The Outsiders’ et ses treize minutes d’écoute, un titre séquentiel se caractérisant par une structure assez complexe par moment, peut-être un peu trop d'ailleurs pour une clôture d’album, mais ça n'engage que moi.

Pour conclure, si Enki n’apporte rien de nouveau à la musique de Melechesh, il solidifie tout de même fortement l’édifice que se construit le groupe depuis ces dernières années. Encore plus mature, percutant et tranchant que son prédécesseur, Enki est pour moi une formidable suite à Emissaries musicalement parlant, et ne fait que confirmer que la formation maitrise son sujet jusqu’au bout des ongles. Un opus a posséder absolument si vous avez aimé les précédents travaux du groupe.

Note:  8.5/10

 

Eki:

Les israéliens de Melechesh, adeptes des riffs acérés inspirés du Black Metal auxquels ils allient le pouvoir du voyage des mélodies orientales et la puissance des textes mythologiques de l'ancienne Sumer, reviennent en cette année 2015 pour une nouvelle production, après 5 ans d'absence. Leur précédent album, Epigenesis, confirmait déjà qu'ils n'en resteraient pas au chouchou des fans Emissaries et qu'ils étaient capables de réitérer l'exploit.

Cette fois-ci, c'est Enki qui est censé assurer la relève, ou au moins continuer l’œuvre commencée il y a plus de 20 ans. Comme un message subliminal, Enki (ou EA selon la période et la région) étant dans la mythologie le seigneur des eaux profondes (ou abîmes) mais aussi de la sagesse, des arts et de la technique (rien que ça), ce nouvel opus est encore plus abouti. Plus court que son prédécesseur d'une dizaine de minutes, il ne se donne pas le temps de lasser l'auditeur et se permet de surcroît d'être très varié dans ses rythmes et ses sonorités.

Étant un grand fan d'Emissaries comme mon confrère, mais au moins autant d'Epigenesis tant je trouvais qu'il allait encore plus loin dans la production et les compositions, ce serait un euphémisme de dire que j'attendais ce Enki avec l'impatience d'un gamin qui compte les jours avant Noël pour savoir s'il aura enfin le cadeau qu'il a commandé, et surtout s'il sera à la hauteur de ses attentes.

Après avoir trépigné les jours en précédant la sortie, enfin, il est arrivé. Et j'ai été conquis dès les premières notes. Le son est encore plus travaillé, clairement plus puissant; les changements de rythmiques et les breaks aux sonorités mésopotamiennes vous prennent tout de suite aux tripes pour un voyage dans le temps, un temps reculé où vous ressentirez la chaleur du désert et le sable sur la peau. Aucun doute là-dessus, Melechesh possède une recette magique aux ingrédients secrets qui, une fois mis ensemble, fonctionne à chaque fois. Mais Enki étant aussi le maître de la magie et de l'exorcisme, cela ne pouvait en être autrement.

Pour ne pas faire de redite sur les compos, l'album commence avec une mélodie attirante d'environ 45 secondes. Puis arrive LE riff dans la plus pure tradition de Black Heavy des israéliens. Il vous prend violemment aux tripes pour vous emmener dans cet album qui ne vous lâchera plus jusqu'à la dernière seconde tant il est parfaitement maîtrisé et équilibré. Tout juste vous laissera-t-il une légère accalmie lors de leur traditionnel morceau instrumental 'Doorways to Irkala'. Mais vous retournerez rapidement à la réalité avec le dernier morceau, 'The Outsiders', qui prendra près de 13 minutes à conclure votre voyage. Si les 2 précédents opus étaient des albums beaucoup basés sur l'ambiance, celui-ci est indubitablement celui de la puissance. Cette puissance divine interprétée à merveille par ce chant si propre à Ashmedi, tel un serpent qui cracherait du eu à chaque phrasé.

Chers auditeurs, que vous soyez fans de Melechesh ou juste curieux, vous savez maintenant ce qui vous attend. Après avoir goûté à ce Enki, on a envie d'y revenir, encore et encore. De visualiser les dunes de sable et les bâtiments majestueux de cette passionnante ancienne Sumer. Alors faites-vous une faveur: enfilez votre casque et laissez la magie opérer, vous ne serez point déçus.

Note:  9/10

 

 

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