MORDBRAND - Necropsychotic

Chronique

Pochette de l'album Necropsychotic par Mordbrand
  1. Eaters of the Void
  2. Graveyard Revisited
  3. Skärseld (Return of the Unholy)
  4. The Fall of Flesh
  5. Deathbound
  6. Deliverance

Site(s) du groupe :

MySpace de Mordbrand
Par Mindkiller

Publié le 26/09/2011

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Mordbrand. Dernière déjection d’un monde se voulant gras, occulte, malsain et un brin punk. Bref tout ce qu’il faut d’underground pour des amateurs de death obscure et loin des superproductions de groupe devenant de plus en plus heavy (Immolation en tête de file). Mordbrand sent la terre pourrie par une nuit humide et brumeuse. Une terre fraichement retournée et qui ne demande qu’à verser ses immondices sur un terrain plus vaste. Pour se faire, le groupe est aidé en 2010 par Evoke pour un split CD commun. Ce sera la première production viable du groupe qui pour, commencer dans le milieu, entre par une grande porte. Un an plus tard, et un contrat en poche avec le label américain Deathgasm Records, le groupe débarque avec son premier EP savoureusement intitulé Necropsychotic.

Certes cet EP ne va pas être l’album qui révolutionnera le genre. Il a néanmoins la particularité de mélanger death thrashisant et un côté punk sale non dérangeant. Le groupe fonctionne en power trio bancal, la guitare ET la basse étant tenues par Björn Larsson, qui tiendra aussi le chant. La batterie est elle tenue par un compère de Björn qui jouait avec lui dans les deux autres projets du ‘chef de rang’ de ce combo malsain, à savoirJohan Rudberg. Ils ont joué ensemble dans Karensdag et The Law ainsi que le regretté Horned. Trois groupe issus de la scène thrash ou death suédoise. Autant dire que ces deux là se connaissent depuis un moment vu que le premier méfait commun remonte au début des années 2000. Le chant est lui tenu par Per Boder, un vieux briscard de la scène de son pays puisqu’il officiait au sein de Macabre End. Au final, on a donc un groupe composé de trois personnes connaissant très bien leur sujet, puisqu’ils sont tous là depuis au moins 20 ans. Ils ont ainsi vu émerger la scène death metal internationale. Ils l’ont vu évoluer. Et d’après leur album, on sent très bien que le groupe est resté figé dans le début des années 90. Leur thrash death étant, tout comme Origin’Hell, à la croisée du thrash de Slayer et du death des Possessed, Death, Obituary ou autre Incantation. Les thèmes sataniques compris.

Sur le papier cela prend donc très bien. Mais qu’en est-il de la galette en elle-même ? Forte de six titres très accrocheur, le groupe nous livre ici un death thrashisant (ou l’inverse selon les gouts) racé et qui aurait fait des émules à la grande époque des Bolt Thrower, Immolation, Death et toute cette scène balbutiante. Il est même fort à parier qu’Earache Records aurait signé les yeux fermés cette nouvelle déjection d’un monde alors oscillant entre hard rock californien (Warrant & consorts) et les premiers groupes grunge (Sonic Youth) dont nous abrutissait les FM. Car oui, ce groupe est resté figé dans l’époque qu’il chérisse le plus : le début des 90's. D’un bout à l’autre de l’album, ça suinte le ‘mal’ façon satanique. Digne d’un film d’horreur, la musique est sombre, poisseuse tout en assurant une production des plus soignées. Les rythmiques pachydermiques sont alternés avec du blast beat ou des passages thrash. L’intro et la conclusion de The Fall Of Flesh nous offrant même des passages clairs très doomisant renforçant d’un cran cet aspect noir, sombre et inquiétant. Alors que le titre d’intro, Eaters of The Void nous assène une rythmique thrash des plus basique, c’est plus l’ambiance en elle-même qui va donner tout cet aspect death au titre. Il faudra donc des morceaux comme Deathbound pour avoir une rythmique plus martelante, plus assommante nous prenant de toutes parts pour ne plus savoir où donner de la tête.

Mordbrand est donc un groupe pour les nostalgiques du death d’il y a quinze à vingt ans. Celui qui ne savait pas trop où donner de la tête entre thrash et death, cherchant encore sa chapelle. Un groupe qui nous prouve, si cela était nécessaire, que les héritages de la scène US dite satanique sont toujours bien ancrés, et que même si les super productions et les mélodies heavy ont été de mise avec des groupes comme Arch Enemy et Children of Bodom (entre autre), le sale et le putride peut surgir n’importe quand de l’enfer pour refaire valoir ses droits.

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