NARVAL - The Seeds of Uprising

Chronique

Pochette de l'album The Seeds of Uprising par Narval
  1. Nova Era
  2. To Serve the Master
  3. The Seeds of Uprising
  4. Ashes
  5. And Democracy Dies... (under a Hail of Applause)
  6. Steamwalkers
  7. Blood Sweat and Tears
  8. Dust to Dust
  9. The Unbeliever
  10. Mechanical Credence
Par lucinda

Publié le 09/01/2012

 

À l'aube du XXe siècle, une nouvelle ère voit le jour. Le temps se manifeste par un tic-tac régulier dans les montres à gousset, les rouages s'enclenchent, les machines se mettent en route. Ainsi s'ouvre "The Seeds of Uprising", le premier album du groupe lyonnais Narval, amateurs de l'époque victorienne et du mouvement Steampunk, ou en français, rétro-futuriste. Ce sous-genre, à l'origine littéraire, situe son action dans l'ère victorienne en Grande-Bretagne tout en y incorporant des éléments propres à la science-fiction, au fantastique et aux innovations technologiques. Autant avouer qu'un tel contexte a attiré mon attention du premier coup d'œil ! Adorateurs de chapeaux haut-de-forme et de cannes à pommeau, suivez-moi !

Dès les premières notes, "The Seeds of Uprising" sonne plutôt ambitieux. Sur l'introduction Nova Era, des riffs sombres et un rythme lent mais bien marqué se joignent à de bonnes orchestrations au synthé; la première chanson, To Serve the Master, ne passe pas par quatre chemins : des grunts bien maîtrisés recouvrent cette composition efficace aux guitares délicieuses alors que le batteur démontre d'ores et déjà sa capacité à varier sa technique d'une minute à l'autre, rapide ou à contre-temps. À noter que les morceaux durent généralement entre 5 et 7 minutes, permettant ainsi aux musiciens de leur procurer un développement riche.

Mais ce n'est pas tout : à partir du titre suivant, du chant clair masculin fait son apparition, et convient parfaitement aux parties mélodiques et plus douces du morceau. Toutefois, la voix est un peu timide et plate, et on déplore le manque de technique. Le morceau éponyme se clôt avec quelques notes s'apparentant au clavecin, portées par des sons au violon passionnés. Ashes est probablement l'une des plus grandes réussites de l'album ; alors qu'il s'ouvre sur des notes presque dramatiques, servies une fois encore par de belles parties de violon, le morceau en soi est dynamique à souhait et les cris plus ou moins aigus se répondent en harmonie. Une légère critique néanmoins, qui s'applique aussi à d'autres morceaux: la transition entre l'intro calme et le démarrage de la partie électrique est trop abrupte, un peu maladroite. Un certain lissage aurait été nécessaire ici.

Le concept de l'album ayant une certaine importance, le groupe offre à l'auditeur une interlude très visuelle : And Democracy Dies... (under a Hail of Applause) ; on entend tout d'abord des applaudissements comme dans un théâtre, suivis d'une émouvante composition instrumentale menée tambours battants, jonchée de quelques bruits mécaniques et de chœurs lyriques. Cette ambiance sombre, presque symphonique, nous révèle l'attachement que le groupe porte certainement au Metal mélodique de la décennie 90. Steamwalkers en est bien la preuve avec, toujours, des guitares qui ne quittent jamais l'auditeur, qu'elles soient rythmiques ou très mélodiques, ainsi que le chant clair, qui apparaît sur le refrain, et quelques notes de piano en retrait.

Du piano introduit d'ailleurs avec douceur le morceau le plus progressif, intitulé Dust to Dust, alors qu'en fond, un feu crépite. L'atmosphère de ce titre est résolument sombre, avec l'alternance entre les passages criés accompagnés de chœurs fantomatiques et ses passages plus apaisants, illustrés de guitare sèche, créant ainsi un effet d'attente certain.

Le chant clair, encore une fois, n'est pas concluant sur The Unbeliever ; les notes varient peu et le manque de technique dérange toujours. Le morceau en général manifeste le désordre que peut provoquer le Metal progressif, chose que la plupart des autres titres avaient habilement réussi à éviter.

Le morceau final, à l'image du reste, exploite avec inspiration ses guitares et ses multiples changements de rythme. Avec audace, le groupe incorpore un passage mené à la guitare sèche, où de drôles de bruits d'animaux (fantastiques ? venus d'un autre monde ?) se font entendre.

S'il reste quand même à améliorer le chant clair et à soigner davantage les transitions entre les différentes parties d'un morceau, "The Seeds of Uprising" est sans conteste très encourageant ; en vérité, Narval a tout pour plaire aux amateurs du genre : de l'inspiration, une pointe d'audace, un univers bien défini et le talent déjà probant de ses musiciens, pour qui la technique a réellement son importance.

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