OBSCURE SPHINX - Void Mother

Chronique

Pochette de l'album Void Mother par Obscure Sphinx
  1. Lunar Caustic
  2. Velorio
  3. Waiting For The Bodies Down The River Floating
  4. Feverish
  5. Nasciturus
  6. Meredith
  7. Decimation
  8. Void
  9. The Presence Of Goddess

Site(s) du groupe :

Site web de Obscure Sphinx
Par Eki

Publié le 30/03/2014

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Vous êtes adeptes des riffs qui tâchent, des ambiances sombres et planantes, des murs de son bien lourds, en somme, tout ce qui touche de près ou de loin au Post-Metal? Alors le groupe qui nous concerne aujourd'hui devrait vous plaire.

 

Formation qui nous vient tout droit de Varsovie en Pologne, Obscure Sphinx propose un vent de fraîcheur sur la scène Sludge / Post-Hardcore depuis 2011, année de sortie de leur premier album, ‘Anaesthetic Inhalation Ritual’. Avec ce Void Mother, second album du combo sorti en 2013, ils confirment les critiques souvent très élogieuses faites à leur sujet. A noter qu’ils ont remporté le ‘New Blood Award’ en 2012, prix décerné à la meilleure formation montante par le Summer Breeze, le célèbre festival allemand. Empruntant parfois à des groupes tels que Cult of Luna, Neurosis pour leur première période, Amenra, Meshuggah et bien d'autres, leur musique est dense, claustrophobique à souhait, avec le soupçon de passages planants qu’il faut pour équilibrer le tout.

 

Particularité assez rare dans ce genre de formation, c'est une chanteuse qui se colle au chant. Et quelle claque!  Voguant de voix aériennes qui feraient presque penser à du Björk par moments, au râle caractéristique du genre avec un esprit Punk éraillé et toujours juste, en passant par des nappes vocales sans doute influencées par des groupes comme Dead Can Dance, la petite Zofia « Wielebna » Fras (ex-P.O.S., Sons of Roots) a du coffre et en impose sévèrement, tout en sachant se faire oublier quand il faut pour laisser place aux nombreux passages atmosphériques et instrumentaux.

 

Après plusieurs écoutes, on peut découper l'album en 3 mouvements bien distincts. La première partie commence donc avec ‘Lunar Caustic’ et nous met directement dans le bain avec un Post-Hardcore maîtrisé de long en large et une transition sur le planant ‘Velorio qui donne le ton et montre la richesse des sonorités que compte se permettre le groupe. Il nous amène assez rapidement au second mouvement avec ‘Waiting for the Bodies Down the River Floating’, piste de plus de onze minutes qui est certainement l’un des morceaux les plus complets de l’album. Vocaux clairs comme gutturaux accompagnent des rythmiques variées avec brio et termine sur un air de comptine pour enfant qui ajoute quelque chose de dérangeant à l’ambiance posée. Le groupe joue avec l’auditeur et le ballade dans différentes directions tout le long de cette seconde partie qui est un savant mélange de Sludge et de Post-Hardcore teinté de passages atmosphériques d'une grande qualité. Le son est puissant et lourd à souhait, la voix enivrante et les passages de batterie appuient les riffs de guitare souvent syncopés et donnent un côté envoûtant sur les passages plus calmes, ce qui permet à l'auditeur de reprendre sa respiration de temps à autre. On termine cette partie avec Decimation, au titre évocateur. Plus mélodieux que des pistes comme ‘Feverish’ ou ‘Nasciturus’, grâce notamment aux riffs très Post-Rock des guitaristes, il reste assez sombre et termine sur un brouhaha musical symbolique, tournant la page vers quelque chose de différent pour ce qui arrive après.

 

Le dernier mouvement commence avec l'avant-dernière piste, ‘Void’. Transition qui nous fait quitter la cacophonie du monde matériel incarnée par les pistes précédemment citées, elle prépare le terrain vers l'apaisement que pourra trouver l'auditeur dans la conclusion de plus de 15 minutes que représente la dernière piste. Sorte de transe chamanique, ‘Void détonne totalement avec la fin deDecimation’. La voix est pure, murmurée, le son est doux, on se croirait téléporté dans un recoin de la nature vierge de toute civilisation. C’est une transition parfaite vers The Presence of Goddess’ qui vient donc conclure l'œuvre de façon magistrale. Les vocaux sont absolument magnifiques et la lente montée qui nous amène au bouquet final est d’une dimension qui, après plusieurs écoutes, ne manquera pas de continuer à vous hérisser les poils. La fin est épique et la petite mélodie en son clair continue de vous hanter bien après. On entrevoit enfin la lumière au bout du tunnel, après plus d’une heure où le combo nous a bringuebalé dans les aspects les plus torturés de l'âme humaine. Le son crépite encore quelques secondes, puis plus rien, le calme absolu. On émerge, et on se rend compte qu'il vient de se passer quelque chose. Un peu comme dans un rêve dont on vient de sortir, il reste cette sensation que l’on a lorsqu’un groupe arrive à nous transporter. Le petit quelque chose des grands.

 Vous l'aurez donc compris, si vous êtes férus de Post-Metal, ce Void Mother est à écouter de toute urgence. C’est un album dense, complet, qui plaira forcément aux fans du genre. La voix de la chanteuse qui maîtrise totalement son sujet ajoute une touche rafraîchissante et n’a absolument rien à envier aux grands noms qui peuplent la scène actuelle. Ceci n’augure que du bon pour les polonais d’Obscure Sphinx qui n’ont certainement pas fini de faire parler d’eux dans les années à venir.

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