RHAPSODY (OF FIRE) - The Frozen Tears of Angels

Chronique

Pochette de l'album The Frozen Tears of Angels par Rhapsody (of Fire)
  1. – Dark Frozen World
  2. – Sea of Fate
  3. – Crystal Moonlight
  4. – Reign of Terror
  5. – Danza di Fuoco e Giaccio
  6. – Raging Starfire
  7. – Lost in Cold Dreams
  8. – On the Way to Ainor
  9. – The Frozen Tears of Angels
  10. – Labyrinth of Madness (bonus)
Style : voir chronique
Par Biguiz

Publié le 11/05/2010

 

(Power métal symphonique)

Rhapsody est de retour ! 4 ans après le décevant « Triumph or Agony », une tournée annulée en Amérique du Sud et un procès contre le management, et revoilà les italiens. Maitres incontestés et incontestables du métal symphonique depuis 1998 et un certain « Symphony of Enchanted Lands », œuvre référence de toute une génération de chevelus amateurs de chevaliers, de dragons et autres clips kitchs, beaucoup avaient pourtant vu dans ce procès la fin du groupe. Ce fut donc la surprise mais aussi le soulagement lorsque la bande à Turilli et à Staropoli annonça enfin son come back via un communiqué comme à la bonne époque (c'est-à-dire annonçant le meilleur album du groupe...). Le groupe en a profité pour signer avec Nuclear Blast, grosse machine du métal qui assure au moins une production et une promotion digne de ce nom à ses groupes. Pas de bouleversement cependant, Sasha Paeth et Miro sont à nouveau derrière les manettes, et le line up est inchangé avec nos 2 petits frenchies Patrice Guers à la basse et Dominique Leurquin à la guitare rythmique (même si ce dernier n'est pas reconnu comme membre officiel mais comme guest studio et guitariste live).

Cette chronique étant écrite par un fan de chez fan connaissant le groupe par cœur, je vous conseille de vous rendre au dernier paragraphe si vous voulez aller à l'essentiel ^^.
L'album commence donc une fois n'est pas coutume par une intro qui se veut grandiloquente, avec de nouveau le sieur Christopher Lee et sa voix grave à la narration. A noter qu'il n'y a pas d'orchestre au complet sur cet album contrairement aux 2 albums précédents. Il s'agit pour moi ici de l'intro la moins réussie (et non pas la plus mauvaise) du groupe, mais son aspect froid, tragique et moins rentre-dedans volontaire n'y est pas étranger. Nous ne sommes pas dans une montée en puissance épique mais dans une atmosphère pesante portée par des incantations latines qui rappelle le scénario sombre de la saga (Dargor Saison 2 ^^).

Dès les premières notes de « Sea of Fate », le fan qui sommeille en moi a compris que Rhapsody était bien de retour. Double pédale, solo de guitare, riffs tranchants. Cette chanson est un classique, ce que Rhapsody maitrise au mieux. Simple mais bougrement efficace avec son refrain entrainant comme savent si bien le faire les italiens. Et Fabio Lione est toujours aussi majestueux, sans conteste l'un des meilleurs chanteurs de la scène métal, quelle voix ! Mais ce qui marque, ce sont les orchestrations et les claviers très peu marqués, à peine présents sur le refrain. Vous l'aurez deviné, nous sommes plus près d'un « Power of the Dragonflame » que d'un « Symphony of Enchanted Lands ». On soulignera les influences très asiatiques sur le solo de guitare et le son du clavier très old school de Staropoli qui a certainement voulu se faire plaisir.

« Crystal Moonlight » et son riff d'intro ressemblent étrangement à « Dargor, Shadowlord of the Black Mountains ». Double pédale à fond les ballons, le titre se veut heavy, toutefois accompagné de claviers prononcés. Progressif et agrémenté de changements de rythme, le groupe nous pond cependant un refrain... comment dire... bah pas digne de Rhapsody tout simplement (j'ai envie de le baffer ce « Moooooonlight » culcul la praline là). Le plus mauvais refrain que le groupe n'ait jamais composé. C'est pourtant la force du combo depuis ses débuts. Heureusement le break sauve la chanson avec son solo de basse et son soli de guitare Turillesque.
Mais mes amis, nous voilà enfin en face du bijou de cet album : « Reign of Terror ». Une pièce majestueuse de presque 7 minutes. Intro avec orgues, violons et chœurs en latin, puis solo de guitare, double pédale et c'est parti, tout est réuni pour passer un très très bon moment. Turilli se régale sur sa 6 cordes, et là... blast beat et cri death de Fabio Lione ! Rhapsody s'était déjà essayé au chant death sur « When Demons Awake » et « Thunder's Mighty Roar », mais pas avec une telle réussite tellement le chant est ici incorporé à leur musique. Le refrain avec son orgue et ses chœurs est une vrai tuerie. Du Rhapso comme on l'aime !

S'en suit la balade médiévale réglementaire, à base de guitare sèche et de flutiau, contrastant avec la voix si profonde de Christopher Lee, tel un mauvais présage s'annonçant sur les terres enchantées. Chantée en italien, on aime ou on n'aime pas ce type de chansons folkloriques, mais le refrain assez pêchu évite de tomber dans une mièvrerie sans nom. Surtout, ce break fait du bien après 3 titres speed.
Après ce repos bien mérité, « Raging Starfire » repart de plus belle. Un bon titre avec refrain accrocheur, break avec solos de guitares et de claviers, un titre qui me fait penser à la fraicheur de « Legendary Tales » sur les couplets.

Lost in Cold Dreams débute à la guitare sèche, fait rarissime chez les italiens. Et autre fait exceptionnel, cette balade est d'un commun à mourir mais pourtant elle fait mouche. Disons qu'elle est quand même là pour apporter un nouveau moment de répit avant la touche finale.
Arrive donc enfin pour moi le 3e très bon titre de cet opus, « On the Way to Ainor », avec son refrain épique et ses chœurs grégoriens. Dommage que l'intro soit la copie conforme de « Crystal Moonlight » et « Reign of Terror » (dans sa structure avec les rythmes au clavier et aux fûts)... Rhapsody a la fâcheuse manie depuis le dernier album à dupliquer certaines parties rythmiques (écoutez le riff des couplets de la chanson « The Mystic Prophecy of the Demonknight » de l'album précédent et comparez avec plusieurs autres titres de ce CD...). Les solos sont heureusement toujours excellents, le gros point fort de cet album pour moi, surtout guitaristiquement, avec quelques solos bien sentis de clavier et de basse. Une voix lyrique tel « Rain of a Thousand Flames » fait son apparition, mieux vaut tard que jamais.

Nous arrivons enfin au dernier titre de ce « The Frozen Tears of Angels ». Habituellement, je dirais même plus traditionnellement, Rhapsody nous pond des pièces épiques assez exceptionnelles. Cela ne déroge pas à la règle avec un peu plus de 11 minutes au compteur. Une voix féminine narre une histoire à base de « beware », « demons » ou autres « propheties ». Les orchestrations prennent ensuite le relai à la façon du titre « Symphony of Enchanted Lands » avant qu'un riff très prog ne survienne. Très surprenant à la 1ère écoute surtout que la guitare sèche est de retour. On s'éloigne du stéréotype Rhapsody à vrai dire, les grincheux n'ont qu'à bien se tenir. Le couplet chanté en italien est surprenant et sent bon l'Italie, très original.
Enfin, le morceau bonus est un instrumental où Luca Turilli se et nous régale. La partie au milieu de la chanson, vivaldienne, est également présente dans « Sacred Power of Raging Winds » de SOEL II.

En conclusion, au premier abord très déçu par cet album. « Triumph or Agony » me paraissait même être un chef-d'œuvre en comparaison, c'est pour dire ! Mais comme souvent avec les albums d'un groupe aussi complexe que Rhapsody, il faut bien une dizaine d'écoutes pour digérer le tout et cerner l'œuvre des maestros.
Le groupe évolue dans une voie bien plus heavy tout en restant accrochée à ses racines speed et bien sûr symphoniques et ultra mélodiques. La part belle est faite à Luca Turilli qui fait son show. La batterie reste basique mais se veut plus travaillée et variée que précédemment, enfin ! La basse est bien mise en avant alors que le clavier se fait discret et les orchestrations moins mises en avant. Quant à Fabio, comme d'habitude c'est génial ^^
Un bon album tout simplement, même s'il ne casse pas 3 pattes à un gobelin. Rhapsody a le mérite de ne pas rester sur la même lignée même si personnellement je suis friand de titres plus marqués symphoniquement parlant, et surtout déstructurés. Or ici les chansons suivent souvent la structure intro-couplet-refrain-couplet-refrain-solos-refrains. Beaucoup y trouveront leur compte car Rhapsody ne fait pas de mauvais album, non, Rhapsody fait juste des albums moins géniaux par moment. Par contre je pense que cet album est indéniablement plus taillé pour le live, rendez-vous donc à l'automne...

Note : 3/5.

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