SLIPKNOT - The Gray Chapter

Chronique

Pochette de l'album The Gray Chapter par Slipknot
  1. XIX
  2. Sarcastrophe
  3. AOV
  4. The Devil In I
  5. Killpop
  6. Skeptic
  7. Lech
  8. Goodbye
  9. Nomadic
  10. The One That Kills The Least
  11. Custer
  12. Be Prepared For Hell
  13. The Negative One
  14. If Rain Is What You Want

Site(s) du groupe :

Site web de Slipknot
Par Baptiste & Flying Shark

Publié le 28/10/2014

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Par Baptiste :


Malgré son relatif anonymat en France, le monde du metal est plein de groupes très populaires comptant leurs fans par centaines de milliers à travers le monde. Tout le monde ne les aime pas bien sûr, mais dans l’ensemble les détracteurs se contentent de dire qu’ils n’aiment pas et passent leur chemin.

Puis il existe un club très select de groupes qui déchaînent les passions à chaque sortie. On adore, on déteste, on reste hermétique, mais on a une opinion. Ces groupes ne laissent personne indifférent et un nouvel album est un événement majeur.
Ces groupes, dans de telles proportions, sont très rares. En fait, je n’en vois que deux : Metallica bien sûr,champion toutes catégories de la discipline… Et Slipknot.

Libre à vous de penser que j’accorde trop d’importance à un groupe que beaucoup considèrent mineur, vous aurez sûrement raison.

Toujours est-il qu’une immense majorité des métalleux a écouté ou écoutera ce nouvel album.

Quand j’ai eu l’opportunité de me le procurer et d’en faire une chronique, je n’ai en tout cas pas hésité une seconde et je sais ne pas être le seul.

 

Et pourtant, pouvait-on résolument attendre quelque chose de correct de la part du groupe ? La mort de Gray, le départ de Jordisson, et le lourd héritage d’un dernier album complètement raté auraient déjà pu avoir raison du groupe. Avancer était déjà un exploit. Les voir le concrétiser dans un bon album était un pari que je n’aurais clairement pas fait.

A ce stade, vous me voyez sûrement venir avec mes gros sabots. Oui, le gang de Des Moines m’a mis le nez dans mon caca et m'a fait regretter mon manque de foi.

Si comme moi vous étiez sceptiques, vous risquez bien de vous prendre une mandale monumentale.

 

Slipknot revient en grande forme pour mon/notre/votre plus grand plaisir.

Évidemment, si vous faites partie des réactionnaires qui attendent encore un Iowa bis cet album risquera de vous laisser sur votre faim. Contrairement à la soupe de All Hope Is Gone, ce nouveau disque est empli de brutalité. Une brutalité moins débridée qu’à leur début, mais plus mature et aussi plus crue qui devrait en réconcilier par mal avec le groupe. Mais l’album est aussi plein de ces accalmies et de ce chant clair qui donne de l’urticaire aux fans de la première heure. Pour ces derniers, j’ai peur que le contrat ne soit qu’à moitié rempli.

 

En revanche, si vous aimiez le Vol 3 et que l’évolution du groupe n’avait pas entamé votre enthousiasme, vous avez de bonnes chances d’adorer cet album.

The Gray Chapter fait la synthèse entre les débuts apocalyptiques du groupe avec la maîtrise technique et l’accalmie de leur troisième album.

Plus rien ne sonne entièrement pop, même quand le chant clair est majoritaire. Slipknot renoue avec l’urgence et la violence omniprésente qui ont fait leur succès. Même un titre comme « Killpop » ne donne pas l’impression d’un single formaté radio malgré sa douceur. Un écueil dans lequel All Hope Is Gone s’était lamentablement vautré en tentant peut-être inconsciemment de singer Stone Sour.

C’est peut-être à ce niveau la plus grande réussite de l’album : ne pas être un album de Stone Sour. Il y a 6 ans, la limite entre les deux groupes était franchement ténue. Ce n’est plus vraiment le cas sur cet album. Évidemment les progrès de Taylor en chant élargissent les possibilités pour le groupe mais malgré ça je n’ai jamais eu le sentiment d’écouter un titre de Stone Sour. Un constat qui doit beaucoup à la voix du frontman qui a retrouvé une rage et une intensité dans son chant hurlé disparue depuis Iowa.

 

Sur des titres comme « Lech », « The Negative One », ou surtout le jouissif « Custer », on croirait presque avoir retrouvé le Slipknot des débuts dans leur capacité à nous envoyer une décharge de violence en pleine gueule. Celle-ci est appuyée par des percussions de nouveaux audibles et des samplers utilisés avec intelligence.

Sur d’autres, on entrevoit le Slipknot aventureux du Vol 3, sans jamais toutefois atteindre sa technicité. Mais pour ce qui est de l’ambiance, le groupe nous gratifie de moments intenses qui prennent aux tripes. Le single parfait en tout point « The Devil In I » en est l’illustration avec ses variations de tempo et son chant habité. Des titres comme « Nomadic », et son solo trashy du plus bel effet, ou « Killpop » et son ambiance malsaine ne sont pas en reste. Même constat pour « Goodbye » et sa montée en puissance monstrueuse.

Seul le morceau final « If Rain Is What You Want », bon au demeurant, sonne un peu trop Stone Sour et pas assez personnel pour vraiment convaincre.

Avant cette conclusion en demi-teinte,le groupe ne fait finalement presque aucun faux-pas.

 

La conclusion est simple :quel bonheur ! Retrouver le groupe à un tel niveau tient du prodige au vu des obstacles à surmonter.

Slipknot a su retrouver ce qui lui avait fait défaut sur leur livraison précédente : des couilles, de l’inventivité et du cœur.

S’ils n’en font pas des caisses et que je leur en suis reconnaissant, il semble que le drame qu’ils ont vécu ait redonné un peu plus d’authenticité et d’honnêteté à la musique du combo.

Je ne suis pas dupe, The Gray Chapter a créé et créera encore des débats sans fin comme ses prédécesseurs avant lui. C’est la rançon de la gloire pour un groupe qui a toujours généré des opinions très tranchées.

En ce qui me concerne, j’ai choisi mon camp. Quelques longueurs et titres un peu plus faibles rendent l’album imparfait mais peu importe, le vieux fan que je suis est emballé par cet album dont je n’attendais au final plus grand chose !

 

 

Par Flying Shark :

 

Le retour de Slipknot après un album désastreux paru en 2008 et des événements pour le moins radicaux (décès de Paul Gray en 2010 pour lequel la veuve de ce dernier accuse encore les membres du groupe de négligence, voire même pire et le renvoi très médiatisé de Joey Jordison après dix-huit ans de bons et loyaux services), l'occasion d'enterrer définitivement la formation ou, au contraire, de la faire renaître. Parce qu'il faut dire que de la promo il y en a eu : entre les teasers diffusés entre chaque groupe sur des festivals comme le Wacken, les titres mis en ligne, les vidéos, les communiqués de presse à répétition, etc. Il y avait de quoi les attendre au tournant !

Quel constat en tirons-nous ? Si certains journalistes de seconde zone se sont amusés à troller plus ou moins subtilement au sujet de cet album histoire de gratter un peu de public ou de "likes" (Ouais, l'Ère Facebook c'est triste quand même), d'autres ont descendu un album qu'ils ne trouvaient pas au niveau et d'autres encore l'ont beaucoup apprécié. Un résultat très partagé donc.

L'arrivée de deux nouveaux membres, Jay Weinberg (Against Me!Madball) à la batterie et Alessandro « Vman » Venturella ("guitar tech" de Mastodon et guitariste de Krokodil) à la basse a tenu son rôle dans le processus créatif puisque que Corey a confirmé notamment qu'aucune composition de Joey n'avait été exploitée pour l'album. C'est ainsi une sorte de "formation remise à zéro" qui nous arrive.

L'album en lui-même présente bien l'évolution suivie par le groupe puisque l'on y retrouve autant des éléments tirés d'Iowa que de l'album éponyme, du Vol.3 ou encore de chez Stone Sour

"Nomadic" (à écouter ci-dessous) représente bien ce mix entre sa rythmique agressive, son solo aux influences thrash palpables ou encore la voix de Taylor qui montre que le gus est encore capable de gueuler comme au bon vieux temps. On y découvre également que le nouveau batteur n'est pas en reste. La formation a ici trouvé un équilibre satisfaisant entre les différentes influences qui ont fait sa gloire et sa chute au cours de ses dix-neuf ans de carrière : brutalité, accalmies, chants plus ou moins violents, rythmiques mouvementées et transitions planantes, il y en a pour tous les goûts ou presque.

Reste à savoir si ce retour du groupe annonce l'aube d'une nouvelle période de grandeur ou tout simplement l'ultime effort d'une formation qui n'a plus rien à offrir. A suivre !

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