SPEKTR - Cypher

Chronique

Pochette de l'album Cypher par Spektr
  1. Hermetism
  2. Tetralogy
  3. The Singularity
  4. Solitude
  5. Antimatter
  6. Solve Et Coagula
  7. Cypher
  8. Decorporation

Site(s) du groupe :

MySpace de Spektr
Par Dzo

Publié le 16/01/2013

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Un peu plus d’un an s’est écoulé depuis la sortie du dernier missile d’Haemoth, ‘In Nomine Odium’, marquant d’une pierre noire la scène Black française. Projet premier d’Hth, ce dernier n’en a pas délaissé pour autant Spektr, preuve de la présence de ‘Cypher’ aujourd’hui, qui sortira chez Agonia Records d’ici peu de temps (contrairement aux sorties d’Haemoth qui paraissent chez Debemur Morti Productions).

L’écoute d’un album de Spektr ne s’improvise pas, ne se fait pas à la légère. Ce n’est pas le genre d’opus à balancer dans sa voiture en allant à son travail. Un disque de cette envergure demande une certaine attention, car il est vrai que le contenu est tout de même relativement inaccessible pour les non-initiés du genre. Posez-vous dans une piaule, fermez les rideaux, éteignez la lumière, équipez vous de narcotiques et d’un bon casque pour que l’effet escompté soit total, et laisser vous emporter.

C’est le type d’album que j’aime écouter en boucle pour m’imprégner de chaque note, distiller chaque son, analyser l’ambiance mortuaire qui domine le troisième full-lenght du groupe. Il est vrai que je suis fan du combo parisien depuis l’excellent ‘Near Death Experience’ (comprenez en français expérience de mort imminente).

Première chose qui marque avant même d’avoir mis le cd dans le lecteur, c’est l’artwork sobre mais magnifique qu’arbore ‘Cypher’, en teinte noir et blanc. On y distingue vaguement une sorte de vieux bâtiment délabré, usé par le temps, peut-être une église, dur à dire.

A l’écoute de cette nouvelle immondice, le constat est que l’authenticité de Spektr reste intacte. Hth divise Spektr et Haemoth de sorte à rester dans une thématique bien précise pour chacun de ses deux projets, Haemoth visant purement le dégoût hystérique de la race humaine et appelant à sa destruction, tandis que Spektr sévit plus dans un Black avangardiste indus / ambiant plus axé dans les atmosphères froides, chaotiques et terrifiantes.

’Hermetism’, intro qui porte bien son nom, cloisonne l’esprit de l’auditeur dans une cage virtuelle, lui infligeant ce sentiment d’oppression et de malaise qui le gagne instantanément. Ce qui suit avec ‘Tetralogy’, piste de près de dix minutes aux riffs écorchés en oscillations permanentes, n’est guère plus rassurant. Le son des grattes est massif, prenant, hypnotisant. Ce qui semble être un vieux phonographe grésillant tourne en fond, sur des notes de piano inquiétant, soutenu par le jeu de batterie de Kl.k. à la fois déstructuré et agressif. Puis à 1’50, c’est le riff qui vous donne envie de vous taper la tête sur les murs tant il est puissant. Sans nul doute le morceau le plus riche et le plus complexe de l’album, et celui qui se rapproche le plus de ‘NDE’.

Des morceaux en interludes comme ‘Solitude’ et ‘Decorporation’ viennent assombrir le tableau de ‘Cypher’, en proposant des pistes ambiantes très expérimentales uniquement composées de samples dérangeant judicieusement placés. Toujours ce sentiment que les murs déversent des viscères putrides sur l’auditeur, absorbé par ce son maléfique qui le conduira sans doute à une déviance mentale inexorable. Comme les précédents opus, rien n’est approximatif, rien n’est laissé au hasard. Grandiloquent.

Une bande son semblant venir d’une époque lointaine tourne en fond de manière récurrente, tandis que les riffs dissonants reviennent à la charge pour insuffler à l’auditeur une oppression permanente, le baignant dans une marre de bile acidulée qui finira par l’étouffer. Ajoutez cette touche industrielle non dissimulable si propre au duo français ainsi qu’une voix-off intervenant de temps en temps (‘Solitude’), et retrouvez-vous dans un mélange de mélodies à la fois terrifiantes et fascinantes, dérangeantes mais attirantes.

Ce côté ambiant mêlé au Black industriel conceptuel est toujours aussi bien construit et prenant, même s’il est clair que ‘Cypher’ est d’avantage axé sur le côté atmosphérique que l’était le transcendant ‘Near Death Experience’. Sûrement dû au fait que Hth n’intervient plus du tout au niveau du chant et laisse place au bourdonnement incessant des grattes et au matraquage de blast en bonne et due forme, le tout soutenu par ces différents samples, qui sont les éléments moteurs de cette atmosphère Black bruitiste.

‘Solve Et Coagula’ est un morceau d’une rare beauté en brin d’apaisement. Une mélodie envoûtante mais toujours avec ce côté mortuaire qui fait rend ce morceau addictif. Mais ce passage n’est qu’une accalmie avant que démarre le titre éponyme. Les pulsations du cœur accélèrent, les frissons et l’inquiétude reviennent, les riffs lancinants et tortueux prédominent à nouveau.

Mêlant passages brutaux, hypnotiques, malsains et atmosphères oppressantes à souhait, Spektr vise juste et frappe où il faut pour continuer d’absorber l’auditeur attentif et averti, qui avait interrompu son voyage mental sur ‘Mescalyne’.

L’attente en valait la peine, Spektr prouve avec ‘Cypher’ qu’ils résident en maîtres dans l’immondice sonore psychédélique, du dégoût viscérale du conformisme musicale. Un album qui continu d’envahir mes nuits. Sans nul doute, un voyage, une expérience qui ne laissera personne indemne. Claustrophobes s’abstenir.

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