SPEKTR - The Art To Disappear

Chronique

Pochette de l'album The Art To Disappear par Spektr
  1. Again
  2. Through The Darkness Of Future Past
  3. Kill Again
  4. From The Terrifying To The Fascinating
  5. That Day Will Definitely Come
  6. Soror Mystica
  7. Your Flesh Is A Relic
  8. The Only One Here
  9. The Art To Disappear

Site(s) du groupe :

MySpace de Spektr
Par Dzo

Publié le 06/04/2016

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Spektr est devenu une figure emblématique dans le milieu underground de la scène hexagonale. En seulement quatre albums, le groupe a su insuffler à travers sa musique conceptuelle une évolution palpable tout au long de sa carrière, tout en gardant comme fil conducteur le Black Metal, le Dark Ambiant et l’Indus.

Évolution oblige, The Art To Disappear ne fait pas exception à la règle et affirme d’avantage le virage musical opéré par le groupe depuis Cypher, à savoir une musique encore plus expérimentale et dénuée de chant, afin de déshumaniser d’avantage ce projet atypique.

A la première écoute, même pour un auditeur attentif comme moi qui connait bien les précédents travaux de la formation, le contenu de ce nouveau fleuron peut paraître assez déroutant. En effet, ce quatrième opus de Spektr arbore un son assez dense et compact, ce qui accentue ce sentiment d’oppression et de noirceur.

La structure des morceaux est toujours aussi particulière, ponctuées de samples en tout genre qui renforcent ce sentiment de claustrophobie et de malaise, le tout bordé par des passages Dark Ambiant qui brise la « routine » du disque et apporte une touche à la fois froide et industrielle.

Je parle de routine, mais il n’y en a pas vraiment tant les changements de rythmes et de décors sont fréquents et variés. Riffs étouffants et fantomatiques, rythmiques de la batterie tantôt jazz (avec des rythmiques en swing doublé qui démontre le niveau de maitrise du batteur), tantôt orientées blast-beat ou mid-tempo, breaks aussi soudains que glaçants et structures dissonantes, il est difficile de cerner la musique de Spektr qui est aussi complexe qu’énigmatique.

En effet, malgré les années qui passent, on ne sait quasi rien de ce mystérieux projet dirigé par Hth (Haemoth, Inpestae) et KlK qui prépare d’ailleurs un nouveau projet du nom de Yərûšəlem aux côtés de Vindsval de Blut Aus Nord, groupe mythique tout aussi confidentiel que celui chroniqué ici.

Je dois avouer qu’au début, je trouvais le contenu de The Art To Disappear un peu plus impersonnel et aseptisé que son prédécesseur, mais cette impression s’est finalement rapidement estompée en creusant le contenu du disque, qui demande une attention particulière pour que l’immersion soit totale; je le stipulais déjà lors de ma chronique de Cypher, mais l’écoute au casque est presque indispensable pour ma part pour ce genre de groupes.

Jonglant habillement avec les différents style cités plus haut, des titres comme ‘That Day Will Definitely Come’ avec sa rythmique dantesque et ses ambiances bipolaires montrent que le groupe n’a rien perdu en terme de violence sonore, tandis que ‘Your Flesh Is A Relic’, court mais efficace, fait office de rouleau compresseur sur son auditoire. Et en écoutant ‘From The Terryfing To The Fascinating’ on se dit que le jugement dernier n’est pas loin.

L’album est également ponctué d’interludes ambiants qui maintiennent ce sentiment pesant comme ‘Kill Again’ et ses samples inquiétants, ‘Soror Mystica’ ou ‘The Only One Here’ qui n’ont quant à eux rien à envier à un morceau de Lustmord. L’album se clôture sur le titre éponyme, qui se révèle être le plus long et le plus travaillé de tous. Durant près de onze minutes, l’auditeur est projeté d’une sphère jazzy ambiante à une autre qui délivre un BM martiale qui ne cessera de gagner en intensité avec sa montée progressive en agressivité.

Spektr fait partie de cette poignée de formations à proposer un Black Metal 2.0 (si on peut encore vraiment parler de Black) en proposant un univers véritablement inédit, toujours avec cet aspect avangardiste déroutant, mais qui trouve toujours sa place chez son public avide de sons inquiétants qui le délogent de sa torpeur. The Art To Disappear n’est pas pour autant l’album le plus abouti du groupe (on ne fera jamais mieux que Near Death Experience) mais parvient toujours à nous faire subir un cauchemar auditif éveillé.

L’album est d’ores et déjà disponible chez Agonia Records en cd et vinyle.

 

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