STEEL PANTHER - All You Can Eat

Chronique

Pochette de l'album All You Can Eat par Steel Panther
  1. Pussywhipped
  2. Party Like Tomorrow Is The End Of The World
  3. Gloryhole
  4. Bukkake Tears
  5. Gangbang At The Old Folks Home
  6. Ten Strikes You're Out
  7. The Burden Of Being Wonderful
  8. Fucking My Heart In The Ass
  9. B.V.S.
  10. You're Beautiful When You Don't Talk
  11. If I Was The King
  12. She's On The Rag

Site(s) du groupe :

Site web de Steel Panther
Style : voir chronique
Par Baptiste

Publié le 07/04/2014

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Quiconque écoute un peu de metal n’a pas pu passer à côté de Steel Panther. Depuis la sortie de Feel the Steel en 2009, la renommée du groupe a suivi une trajectoire exponentielle. La parodie de rockstars « sex,drugs & rock’n roll » est contre toutes attentes devenue une réalité que leur second opus est définitivement venu asseoir. Et maintenant ?

Les suites de parodies à l’américaine type Scary Movie ont réappris au monde la définition d’éphémère. Il était à craindre que Steel Panther ne souffre du même mal et s’auto-ringardise en ne faisant plus rire personne.

Que les esprits libres de tous bords se rassurent, on n’en est pas encore là ! Les californiens ont à nouveau concocté des textes savoureux, et c’est encore une fois avec un brin de honte que leurs allusions décomplexées au bukkake ou aux partouzes de vieillards vous arracheront un rire gras. Ni finesse ou sérieux, le groupe est en roue libre à ce niveau-là et prend un malin plaisir à s’affranchir de tout politiquement correct.

Mais il s’agit ici de metal et non de variété française, aussi les textes ne suffisent pas. Alors quid de la musique ? 

Evolution minime, le groupe reste dans le style qu'il maitrise si bien, à mi-chemin entre Hard-Rock et Heavy Metal. Très honnêtement, les compos de Balls Out, le précédent album, n’était pas à la hauteur de leur premier effort. Sans être franchement mauvaises, elles manquaient de folie et, paradoxalement, de couilles.

Cette nouvelle offrande était annoncée comme « plus heavy ». Les effets d’annonce valant ce qu’ils valent, la méfiance ne s’était pas évaporée. Et pourtant, dès le premier titre l’album semble respecter la promesse. « Pussywhipped » est une petite bombe parfaite en tout point : arpèges d’intro hispanisante, gros riff musclé et chant burné, le groupe lâche les chevaux pour ce titre ultra efficace et finalement assez peu fun pour le groupe.
Malheureusement cette très bonne impression s’évanouie assez vite. Dans un sens, le groupe ne mentait pas en disant marquer un retour plus heavy. Les compos musclées sont clairement majoritaires et, première pour le groupe, aucune ballade n’est à signaler. C’est d’ailleurs étonnant tant on connaît les qualités du groupe dans l’exercice.

L’arnaque tient au fait qu’un tiers du disque est composé de mid-tempos à la qualité très fluctuante. Concrètement, ces titres vont du moyen au médiocre et leur mièvrerie est un vrai boulet au pied d’un album par ailleurs très séduisant.« Party Like Tomorrow is the End of the World » est la seule à tirer son épingle du jeu grâce à un peu plus de muscle et un refrain fédérateur. Elle reste un titre moyen qui semble avoir sa place sur l’album uniquement pour rassurer les anciens fans. Une excuse qui n’est pas valable pour « Bukkake Tears », « The Burden of Being Wonderful » et « You’re Beautiful When You Don’t Talk » qui malgré leurs titres prometteurs sont beaucoup trop ratés pour procurer le moindre plaisir. Jouer le contraste musique de lover/paroles dégueulasses ne prend tout simplement plus.

Un tiers de morceaux ratés ou pourquoi l’album n’atteint pas les sommets espérés. La tracklist n’est en plus pas très heureuse à ce niveau en leur donnant trop de place en début d’album.

Quel dommage tout de même que le groupe se soit pris les pieds dans le tapis car pour le reste, il est tout à fait au niveau.En dehors de « If I Was The King» légèrement en dessous, chaque titre est un tube en puissance. Mention spéciale aux très groovy « B.V.S » et « Ten Strikes You’re Out », sans oublier la tuerie de l’album : Gloryhole ». Le groupe n’est jamais aussi bon que quand il fait parler la poudre et le démontre encore une fois dans ce troisième opus. Inutile de préciser qu’on atteint à chaque fois de nouveaux sommets poétiques.

Un troisième opus qui peut se résumer à un mot : paradoxe. Heavy mais parfois mièvre, drôle mais sans vrai surprises, meilleur que le précédent tout en laissant un goût plus amer en bouche. Le groupe fait immensément plaisir tout en frustrant l’auditeur lors d’un album au final difficile à appréhender.

Ce flot de critiques négatives ne doit cependant pas occulter le fait que Steel Panther reste un groupe très solide. Malgré son étiquette parodique, le groupe enterre une bonne partie de la concurrence au niveau composition et enfile les tubes comme des perles dans cette nouvelle galette. Il est tout de même difficile de ne pas constater que l’effet de surprise est clairement passé. L’overdose n’est pas encore là mais Steel Panther commence à entamer son capital durée de vie. Malgré leur humour ravageur et leur bonne humeur communicative, il semble improbable que le groupe survive aux années en creusant éternellement le même filon. 
Mais en ont-ils seulement envie ? Ils se sont posé en modèle d’épicurisme, leur musique est pertinente avec ce choix… C’est peut-être bien pour ça qu’on se souviendra d’eux.

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