WARDRUNA - Runaljod - Yggdrasil

Chronique

Pochette de l'album Runaljod - Yggdrasil par Wardruna
  1. Rotlaust Tre Fell
  2. Fehu
  3. Naudir
  4. Ehwar
  5. Ansur
  6. Iwar
  7. Ingwar
  8. Gibu
  9. Solringen
  10. Sowelu
  11. Helvegen

Site(s) du groupe :

Site web de Wardruna
Par Dzo

Publié le 01/05/2013

 

Voilà un des albums que j’attendais le plus depuis de nombreuses semaines, Runaljod – Yggdrasil, deuxième pièce de la trilogie lancée par Einar Selvik alias Kvitrafn, plus connu pour son ancien poste de batteur au sein de Gorgoroth, et également pour figurer dans le mythique livre de Peter Beste « True Norvegian Black Metal ».

Kvitrafn a eu un parcours musical assez diversifié en quelques années; après avoir enregistré Twilight Of The Idols ainsi que l’impressionnant live à Krakow en Pologne qui  fait l’objet d’un procès envers Gorgoroth, on le retrouve en parallèle dans un side project avec King Of Hell (ex-Gorgoroth, God Seed, I) répondant au nom de Jotunspor mais qui passa nettement plus inaperçu. En plus de ça, il enregistra également le premier album de Sahg, aux influences plus portées sur Black Sabbath.

Après tout ça, Kvitrafn s’éloigne de la sphère du Black Metal norvégien pour s’adonner à une musique folk axée dans les ambiances ancestrales scandinaves, avec des instruments eux aussi particuliers qu’on ne retrouvera certainement pas dans le BM conventionnel. Aux oubliettes corpse paint, clous et poses blasphématoires, et place à un univers nettement plus reposant, où les fjords, l’ancienne culture et l’immensité de la beauté intacte des terres scandinaves sont au centre de toutes les intentions.

Wardruna, qui signifie « Gardien des secrets » est un projet annexe qui remonte déjà à dix ans, néanmoins il aura fallu être patient pour voir le jour du premier album de la trilogie, Runaljod – Gap Var Ginnunga qui ne paraîtra qu’en 2009. Cet opus, unanimement encensé par les critiques des différents webzines (intimement liés au domaine Metal ou non)  vraiment marqué les esprits, la musique chamanique retranscrite étant d’une sensibilité et d’un feeling peu commun.

La thématique des albums de Wardruna est principalement axée sur les runes de l’ancien Futhark, alphabet nordique ancien où les shamans pouvaient y faire des interprétations, chaque rune ayant sa propre signification. Ainsi, Kvitrafn, en païen aguerri retranscrit avec finesse une musique ramenant son auditeur dans les vieilles racines et croyances norvégiennes.

En plus de l’aspect runique, il y a bien évidemment le lien avec la mythologie germano-scandinave, à l’image du nom Yggdrasil donné au nouvel album, nom de l’arbre des neufs royaumes dans la mythologie où résident les dieux, les hommes et les morts.

Néanmoins, si Kvitrafn s’est éloigné de l’élitisme BM, ce dernier ne délaisse pas pour autant son ancien compagnon d’infortune de Gorgoroth de l’époque, à savoir l’énigmatique Gaahl, officiant là aussi en tant que chanteur. Mais n’imaginez pas que les hurlements acharnés de l’individu envahissent l’univers folk de Wardruna. Ici, c’est un chant nettement plus posé, parlé, voir chuchoté par moment, officiant dans une sorte de dialecte nordique qui échappe aux européens moyens comme moi, mais qui a un charme dévastateur dans le ton de ce type d’album, clairement ancré dans les racines culturelles de la Norvège.

L’atmosphère prodiguée entre les instruments anciens atypiques utilisés, les percussions tribales ritualistes et la voix de Linda Fay Hella replonge notre esprit tourmenté par toute la technologie des siècles en arrière, lorsque l’homme devait faire face à la nature de manière quotidienne, où rien n’était jamais acquis. Kvitrafn, en multi instrumentaliste, utilise notamment un Kraviklyra, un instrument à cordes datant de 1300.

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Si le premier opus faisait déjà office de référence car il est une véritable réussite, je trouve que Runaljod – Yggdrasil est encore plus percutant et assez différent, même si le fond reste dans la thématique de son prédécesseur. ‘Rotlaust Tre Fell’, premier morceau d’ouverture, à des allures à la fois inquiétantes et majestueuses, épiques. L’auditeur est instantanément conduit dans les terres scandinaves et peut se laisser divaguer à travers l’univers mystique imposé par Wardruna; la magie opère instantanément.

Même chose avec ‘Fehu’, où la voix de Linda prend une place prépondérante, donnant un aspect presque incantatoire avec cette rythmique tribale omniprésente tellement bien pensée. A noter qu’on retrouve notamment ce morceau (ce n’est pas le seul) en bande son dans la série ‘Vikings’, actuellement diffusée sur la chaîne History. Les producteurs n’auraient pu choisir meilleure musique qui représente mieux l’univers retranscrit avec Wardruna.

‘Iwar’ est une piste qui se rapproche beaucoup de ‘Loyndomsriss’ du premier opus à cause des sonorités assez difficiles à décrire qui l’arborent, mais qui parlent instantanément en écoutant attentivement les deux morceaux cités. Il est en quelque sorte une continuité, qui permet de garder le fil entre les deux albums. Le chant est résolument plus présent que sur son prédécesseur, que ce soit le chant de Gaahl ou celui de Linda Fay Hella.

‘Ingwar’ est du même acabit que ‘Fehu’, mais dans un ton plus soutenu. Là aussi, le charme de la langue norvégienne est un élément indispensable qui donne de l’ampleur et du mysticisme à cette chanson.

‘Helvegen’, le dernier morceau, et sans doute le plus prenant, voir le plus émouvant, une sorte d’hymne dédié aux morts. Majestueux, surtout quand l’écoute se fait au casque pour être encore plus immersive.

Tout est mis en œuvre pour se replacer dans le contexte historique de l’époque, là ou les vikings résidaient en maîtres incontestables, pillant les terres avoisinantes et louant une éternelle dévotion envers leur dieu Odin. Pour que l’immersion soit totale, certains morceaux ont même été enregistrés à l’extérieur dans des endroits bien précis pour rester en corrélation avec chaque rune.

Vous l’aurez compris en lisant ces lignes, cette nouvelle pièce de Wardruna est une traversée absolument majestueuse d’une période déchue. Rempli d’émotions, moins ambiant que le premier mais plus prenant à mon goût, Yggdrasil va lui aussi faire office de pièce étalon dans le domaine, et restera à jamais gravé dans l’univers folk ambiant. Avec une telle ascension, le dernier opus va sans doute bouleverser l’univers musical contemporain.

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