Lazy, c’est la nouvelle signature du label At(h)ome. C’est aussi le groupe qui risque de remettre au goût du jour le métal de la décennie passée. C’est à l’occasion de leur tournée en première partie d’Aqme que nous les avons attrapés et soumis au feu des questions de METALFRANCE. Une interview faite en compagnie de Olivier le batteur, et des deux Juliens du groupe tous les deux guitaristes (amis lecteur, il va falloir être vigilant !)
MF : On commence par la question classique : pouvez-vous nous présenter Lazy ?
Olivier (batterie) : Lazy, c’est à la base Sébastien le chanteur, Aurélien le Bassiste et Julien le guitariste, qui se connaissent depuis 10 ans et qui ont fondé le groupe au collège. Ils ont eu quelques galères de batteur qui faisait de l’intérim, et je les ai rencontrés par le biais d’Aqme que je connaissais bien. Ça c’était il y a 3 ans pour la sortie du 6 titres. Depuis il y a eu l’arrivée de Julien, à la deuxième guitare, il y a un an.
Julien Attias (première Guitare): On avait déjà fait appel à lui il y a un an pour notre première tournée avec Aqme, car la deuxième guitare était assurée par Sébastien, qui est aussi guitariste. Comme il ne pouvait pas se permettre de faire les deux sur scène on a tout de suite pensé à lui car c’est un vieux pote...
MF : Vous avez enregistré l’album en live, un peu à l’ancienne en définitive, pourquoi ce choix ?
Olivier : Il y a deux trois ans quand je suis arrivé dans le groupe, on a décidé de faire des maquettes avec les nouveaux morceaux, et on est allé chez un gars qui s’appelle Francis Caste qui a studio qui s’appelle Sainte Marthe à Paris, et on a fait une session d’enregistrement en live, parce qu’on n’avait pas trop d’argent, et ont s’est aperçu que le son était vraiment énorme. On a donc décidé que désormais on ferait toujours les choses comme ça parce que c’est naturel, assez franc dans la démarche, et c’est super puissant.
Julien Attias: Sur le 6 titres on avait vraiment peu de moyen, mais on a quand même utilisé Pro Tools®. Mais on l’a utilisé uniquement comme un enregistreur. Ce qui nous permet de bosser sur du numérique et non de la bande, cela coûte moins cher, par contre les prises ont été faites en live. Pro Tools® te permet si tu ne rentres pas directement dans l’ordinateur de faire du super bon boulot, sans avoir à recomposer avec la souris.
Olivier: la seule chose qui a été faite c’est de nettoyer les bandes, mais il y a pas eu de superflu, mis à par quelques arrangements comme les solos, et bien sûr les parties vocales qui ont été enregistrée à part.
MF : Sur le forum de Metalfrance on m’a dit (ndlr : Mon collègue Darkgrinder m’a dit lol) que vous aviez pas mal changé de style. En ce qui me concerne sur ce premier album ce qui m’a frappé c’est le mélange entre le Power Metal, le Stoner, les sonorités sudistes à la Pantera, des influences plus Old School type Black Sabath le tout mélangé avec un son très actuel, teinté neo. Donc je voulais savoir comment vous aviez cheminé pour en arriver là…
Julien Attias: Notre toute première maquette, c’était tout à fait ce que tu viens de dire comme influence, mis à part le côté Stoner par ce qu’on n’avait pas encore un très gros son, mais plutôt branché Led Zepplin, Aeorosmith, très rock 70’s, le tout mélangé avec notre principale influence qui était Korn et tout le métal moderne. Il y avait donc cette première maquette qui n’était pas si éloignée de ce qu’on fait aujourd’hui. C’est le 6 titres qui a plus tranché : c’était plus décousu, on avait 17/18 ans et c’était beaucoup plus bourrin et la mélodie était moins exploitée. Maintenant on est revenu à ce qu’on a toujours voulu faire, à faire des solos etc…
Olivier : Quand on a fait le 6 titres on voulait surtout marquer le fait qu’on ne faisait pas de la pop ou de la variété, que ça envoyait et qu’il n’était pas question pour nous de passer en radio.
MF :Maintenant la Radio ça va s’arranger, non ?
Olivier : c’est vrai qu’avec At(h)ome on a maintenant un partenariat Ferra Rock, qui nous permet d’être diffusé sur pas mal de petites radio.
Julien Attias : il y a aussi un gars de Ouïe FM qui est passé et qui a choisit avec At(h)ome la chanson « On My Pass ». Qui est celle au tempo le plus lent, la plus mélodique, ce qui est assez logique.
MF : Il y a un côté assez américain dans ce que vous proposez : textes en anglais, pochette avec le drapeau US, et surtout au niveau musical, on a ces sonorités sudistes etc…
Julien Attias : C’est revendiqué à 100%. Pourquoi ? Par ce qu’on écoute que ça ! Ou alors tout ce qui est anglais, mais avec le son américain…
Olivier : c’est vrai qu’en France, si tu chante français ça sera surtout pop et variété.
Mf : Il y a quand même Lofofora, Aqme…
Olivier : Oui c’est vrai…
Julien Attias: Moi, très franchement je ne suis pas attiré par ce genre de chose. Le chant français m’a toujours rebuté dans le Rock. Même gamin quand j’écoutai Téléphone pour moi ce n’était pas du Rock’n Roll. Pour moi le chant Anglais c’est Rock… Je ne dis pas que le chant en français n’est pas Rock’n roll, ce soir tu vas avoir un super spectacle de Rock’n Roll avec Aqme. Mais à l’écoute, personnellement je penche plutôt sur ce qui est anglais.
Julien (deuxième guitare): Je crois qu’inconsciemment on est tous attirés par ce qu’on écoutait gamin, quand on allait à des concerts, nous on reste marqués et attaché à ça.
MF : Alors justement vous avez des plans pour les Etats-unis ? votre musique pourrait y être bien accueilli.
Julien (deuxième guitare): Pour l’instant on a pas du tout songé à ça. On a une page Myspace®, qui est une bonne façon de communiquer avec le monde entier. Mais c’est tout.
Julien Attias: Quand on a rencontré Etienne, l’actuel manager du groupe, on s’est quand même dit qu’il fallait essayer d’enfoncer cette porte. On a la chance de pouvoir chanter en Anglais, et de ne pas paraître trop trop minable, et pourquoi pas essayer de s’exporter en Suède, en Allemagne, en Angleterre et ailleurs en Europe. Les States c’est peut-être plus difficile d’accés.
Julien (deuxième guitare): Ce qu’il faut surtout c’est allé y jouer. Et jouer là-bas… C’est difficile de se dire « bon allé on va partir ! » d’autant que ce sont des grosses tournées et que tu vas les faire dans conditions qui ne seront pas géniales.
MF : Comme je n’ai pas eu accès aux textes, et que ceux-ci sont en anglais j’aurai juste aimé savoir quels étaient les thèmes abordés dedans…
Olivier : Ce sont des textes assez personnels au chanteur, des choses qu’il ressent, ou des histoires qu’il a pu vivre. Il y a deux chansons liées à des histoires sentimentales, « On my Pass » par exemple est une histoire d’embrouilles, entre guillemets. Il a eu une période assez difficile dans la création des chansons de cet album.
Julien Attias: C’est un parallèle entre l’écriture et la rupture avec sa femme, il n’arrivait pas à trouver les mots pour le dire.
Olivier : c’est surtout des histoires de la vie quotidienne, ce n’est surtout pas politisé. C’est personnel au groupe ce n’est aucun cas un message à faire passer, on essaye pas de rallier une cause, ou de montrer notre vision des choses.

MF : Ensuite j’aurais juste aimé avoir votre sentiment sur la tournée avec Aqme…
Julien Attias: Des vrais connards ! du début jusqu’à la fin, starisés à fond, ils ne regardent personne… (rire) Non, non vraiment hallucinant de gentillesse, et de simplicité. Ce sont des vieux potes à la base donc on a jamais perdu ça. Ce sont les seuls, qui ont dit des choses et qui les ont vraiment faites.
Julien (deuxième guitare): et c’est surtout qu’ils n’ont aucun intérêt à nous prendre sur la tournée, ce sont juste des potes et c’est tout.
Julien Attias: Tu vois, ils ont leurs balances, des interviews des séances de dédicaces, mais on a toujours le temps de se marrer dans les chambres d’hôtel.
MF : Et au niveau du public ça se passe bien ? vous avez des styles assez différents…
Julien Attias: Je touche du bois pour ce soir, mais je pensais effectivement qu’il allait y avoir des gens à se dire : c’est en anglais, il y a moins de mélodies, c’est plus énervés, mais en fait une fois que les gens captent ce qu’on fait comme style ça se passe super bien.
Julien (deuxième guitare): ce soir c’est notre première date dans le Sud donc on verra bien…
MF : C’est étonnant ça parce que j’ai vu que l’un des membre du groupe avait pour nom de famille Quesada-Tolosan, alors je me dis si celui-là il ne vient pas du coin, je ne sais pas d’où il vient !
Olivier : Oui c’est moi ! (rire) Et effectivement je viens de Lavelanet en Ariège…
Julien (deuxième guitare): il nous faisait la visite de la ville tout à l’heure !
MF : Je voulais aussi que vous me parliez de votre label, At(h)ome qui semble être très dynamique…
Julien Attias: Des connards !! (rire) Ce qui est marrant c’est que c’est un tout petit label puisqu’ils ne sont que trois.
MF : Que trois ?? Ils ont des gros groupes pourtant !
Julien Attias: Oui ils ont Lofofora, Wunjo Aqme, Sleepers aussi…
Julien (deuxième guitare): C’est juste qu’ils ont du talent et qu’ils se bougent grave, ils bossent quatre fois plus que les autres, ils ont aussi du flaire. Et puis ils ont eu des expériences dans les majors et ils ont su prendre ce qui y était intéressant, et y rajouter les côtés positifs des labels indépendants, pour travailler de façon indépendante.
Julien Attias: C’est exactement ce qu’on voulait : On a toujours travaillé de façon indépendante du début jusqu’à la fin, ça nous permettait de continuer comme on le voulait.
MF : Au niveau de la promo, je suppose que ça doit pas mal changé ?
Olivier : Rien que le fait que tu sois là, c’est un truc assez nouveau pour nous.C’est vrai que depuis qu’on a commencé la tournée, tous les soirs on a des interviews, avec des webzines, des journaux locaux, des petites radios… Et c’est génial, c’est vrai qu’on touche vachement de gens. C’est la force d’At(h)ome c’est qu’ils privilégient le terrain et le local.
Julien Attias: Ca permet de rencontrer des gens, on ne reste pas enfermé dans notre camion à juste jouer sans savoir ce qui se passe.
MF : Vous avez des projets, comme un clip par exemple ?
Julien Attias : Il y a la personne qui réalise des clips pour At(h)ome, Eths. Un gars qui super sympa qui nous a proposé de faire un clip, et c’est pas des paroles en l’air puisque c’est quelqu’un qui tiens ses promesses. Cela dit, aujourd’hui je ne vois pas encore l’intérêt de faire un clip, je pense que c’est le label qui nous le dira au moment venu.
MF : Je voulais juste savoir si vous aviez déjà pensé au prochain album ?
Julien Attias: Pour moi il est un peu tôt, mais il me tarde de me remettre en répétitions dans le sens où on aura Julien avec nous.
Julien (deuxième guitare): On va faire enfin de vraies chansons ! (rire) C’est vrai que ça sera une nouveauté et pour moi, et pour eux, et à mon avis il va y avoir des trucs à dire, on va travailler aussi avec Sebastien (chant) qui est guitariste à la base.
Julien Attias: Je ne sais pas trop dans quelle direction on va aller, plus pop, plus Rock, plus Hardcore…
MF (m’adressant à Julien, le nouveau ;-D ) alors, plus Pop plus Rock plus Hardcore ?
Julien (deuxième guitare): Pop je ne pense pas, pour le reste ça dépendra de chacun, difficile à dire. Je ne veux pas y réfléchir je préfère que ça soit spontané.
MF: Un dernier mot ?
Julien Attias: Moi j’attends avec impatience la sortie de l’album de Dysfunctional By Choice, un groupe de potes, on a déjà quelques titres qui tournent et ça va être énorme.
Liens:
-chronique de l'album "Rock against Rock" sur Metalfrance :
http://metalfrance.lolart.net/chronique_cd-1062.html
-Site web du groupe:
http://www.lazy.fr
-Site Web du label:
http://www.label-athome.com/
Propos recueillis par Bloody