C'est à la Poudrière de Belfort qu'a eu lieu, il y quelques semaines, le très prisé concert de Napalm Death avec en première partie Mendeed et Born From Pain.
Une bonne affluence malgré un lundi et une ambiance plutôt chaude était au rendez-vous. Après quelques déboires, je croise enfin Barney qui daigne m'accorder quelques minutes juste avant de monter sur scène.
MF : Fin septembre, les metaleux français découvraient votre nouvel album « Smear Campaign », comment pourrais-tu décrire votre évolution musicale et les principaux changements par rapport aux anciens albums ?
Barney : En fait, il n’y a pas d’évolution musicale particulière. Nous sommes Napalm Death et nous continuerons toujours à faire du Napalm Death. Le Grindcore éxige des lignes directrices, que nous essayons de suivre en évitant de trop nous répéter. Nous faisons toujours de notre mieux pour composer les meilleurs titres et à chaque fois qu’on sort un album je dis que c’est le meilleur que l’on ait jamais fait ! C’est un peu facile de dire ça, mais c’est la vérité ! (rires)
MF : Après 20 ans de carrière et 14 albums, quel est ton opinion sur l’évolution de la scène Death et Metal en général ?
Barney : Hé bien, il y a des groupes qui me bottent le cul et d’autres qui me laisse indifférent. Je ne suis pas vraiment l’actu Metal. Je pense que le Metal suit son évolution naturelle. Ca doit être dur aujourd’hui pour un nouveau groupe de percer car beaucoup de choses, instrumentalement et vocalement, ont déjà été testées. Avec Napalm, on est arrivé au bon moment (rires). Dans les années 80, nous étions peu sur le « marché », alors ça aide ! Bon il faut dire aussi que nous sommes assez bons dans notre style !
MF : Tout le monde s’accorde à dire que Napalm Death est le pionnier du mouvement Grindcore et que vous continuez d’avoir une grande influence sur les groupes de Grind et de Death. Je pense que tu dois en être honoré !
Barney : En fait, je m’en fous un peu de tout ça. Oui c’est vrai que ça me fait toujours plaisir quand un fan vient me voir et me dit que Napalm est sa plus grande source d’inspiration, mais ça en reste là. Nous gardons les pieds sur terre et nous ne sommes pas du genre à nous considérer comme des ultimes pionniers de quoi que ce soit !
MF : Et que pensent ta famille et des amis proches de votre style de musique et de votre parcours ?
Barney : ahah, ils se disent que Barney c’est Barney ! et que si il est heureux en faisant du bourrin , hé bien qu’il continue ! Plus sérieusement, ils sont très ouverts là-dessus, même si au début ils ont eu un peu de mal à comprendre mon enthousiasme pour ce style de musique. Il regrettent que je sois toujours sur la route, mais ça fait partie de mon job.
MF : Napalm est aussi connu pour son nombre incroyable de concerts à travers le monde ainsi que pour son dévouement pour son public. Mais n’est-ce pas trop dur quelques fois de tout donner sur scène tous les soirs quand on tourne autant ?
Barney : Tu ne seras pas surprise si je te dis que je suis crevé à l’instant où je te parle. Mais ça ira mieux dans quelques minutes quand je serai sur scène. Et c’est d’ailleurs comme ça tous les jours de tournée. On manque de sommeil, on se réveille tous les jours dans une nouvelle ville, on attend, on s’occupe de notre matos, on balance, on attend, et on attend encore et puis vient l’heure de monter sur scène et là tous nos sens se réveille et on se donne à 200%.
MF : Que représente la notion d’humanisme pour toi ? Est- ce un élément fondamental pour Napalm de défendre ses opinions sur les travers de la société?
Barney : Oui, Napalm a toujours voulu faire passer des messages dans ses chansons et l’humanisme comme le droit des femmes sont des sujets qui nous tiennent à cœur. Nous devons prendre soin les uns des autres et défendre nos droits dans une société qui nous met de plus en plus de barrières. Nous sommes fidèles à nos idées et nous avons toujours préféré exprimer des idées concrètes plutôt que de parler de la mort ou de gore.
MF : Si tu étais citoyen américain, pour qui voterais-tu ?
Barney : Je suis et je serai définitivement pour les verts!
MF : Quel est ton opinion sur la mise à mort de Saddam Hussein ?
Barney : Je suis contre la peine de mort. Certes, il mérite d’être puni mais je ne crois pas que sa mort changera quelque chose. Je pense d’ailleurs que les choses empireront car on ne résout pas des années de guerre entre civilisations avec une mise à mort. Il n’est pas le seul impliqué et je ne comprends pas que les autres aient le droit de s’en sortir.
MF : Pour terminer, quels conseils donnerais –tu à un jeune et ambitieux groupe de Metal ou non pour réussir et vivre de son talent et de son art ?
Barney : Je lui dirai simplement de croire en lui et de faire ce qu’il pense être juste. Je lui dirais aussi de faire attention aux gens qui gravitent autour des musiciens et des passionnés, car le plus souvent ce sont des businessmen qui s’en foutent grave de ta zic et qui ne te perçoivent qu’en liasses de dollars. C’est un monde de requins et il faut vraiment bien s’entourer. Il faut aussi expérimenter et faire ce que tu aimes vraiment, ne jamais se vendre ou vendre son âme.
MF : Enfin, je voudrais savoir comment étais Barney adolescent ?
Barney : J’avais pas mal de principes et j’étais un peu fou en même temps ! (rires)
En fait, je me fixais des buts à atteindre et je me donnais tous les moyens pour les atteindre. J’étais très ambitieux ! J‘étais aussi respectueux. Mais à coté de ça, j’aimais faire l’idiot mais je ne dépassais jamais les bornes.
Merci milles fois à Barney, malgré sa fatigue de m'avoir accorder quelques minutes pour Metalfrance.net
Propos recueillis par DevilDiva