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Interview : PUNISH YOURSELF
09 / 2007


Quelques heures avant l’envahissement du Cylindre par une horde de ravers, de goths, de metalleux, de jeunes et de moins jeunes et autres rockers en tout genre, je retrouve (accompagnée de mon acolyte Carine) Vincent (chant/synthé/machines) qui nous ouvre grand ouvert sa porte de loge où dorment les autres membres du groupe. La route et le rythme frénétique des tournées ont laissé quelques traces qui n’ont heureusement pas entaché leur sens de l’humour et leur bonne humeur.







MF : Tu vas trouver ma première question très originale :( mais pourquoi avoir choisi de sortir un album instrumental, c’est un petit luxe que vous vous êtes payé là !

Vincent : C’est même un luxe qu’on s’est payé gratuitement … en fait un jour j’ai vu coulé en lettre de sang sur mon mur « Faites un album instrumental » signé Arsène Lupin… ouais on avait envie voilà tout.


MF : C’est une idée qui vous trottait dans la tête depuis longtemps ?

Vincent : On avait déjà fait ce type de compos pour des compils BO de films, on avait déjà pas de matériel prêt donc c’était pour nous une évidence de sortir un album de ce style et puis on a rien à prouver à personne…


MF : Le label Sriracha n’étant plus, est-ce que c’est pour cette raison que vous avez décidé d’y inclure « Sexplosive Locomotion » ?

Vincent : Exactement ! Sriracha a explosé de sa belle mort !


MF : Sexplosive Locomotion n’était donc plus disponible ?

Vincent : Non, il restait un petit de stock qu’on a récupéré, mais trois fois rien. On comptait de toutes façons le ressortir et on a pensé que c’était une bonne idée de l’inclure avec « Cult Movie », avoir 2 albums pour le prix d’un seul, c’est ça l’idée de base.


MF : Et comment vous situez-vous sur la scène musicale française ?

Vincent : A coté !


MF : Je sais que les groupes en général détestent qu’on les mettent dans des cases…

Vincent : Nous on est un peu à coté de la plaque de toutes façons :) On appartient à aucune scène particulièrement, nous sommes partout et nulle part. Nous sommes les nouveaux Kaiser Sauzé.


MF : Pensez-vous être parmi les précurseurs de ce style particulier qui mélange gros riffs de ricard (ndlr : ma langue a fourché, déclanchant un rire général) euh de guitare et beats électroniques ou vous considérez-vous comme de simples héritiers de cette mouvance ?

Vincent : Nous sommes carrément à l’arrière garde, nous n’avons certainement rien inventé. J’espère que nous sommes de dignes héritiers de ce style qui existe depuis presque 30 ans …


MF : On peut pourtant lire ici et là que vous êtes des pionniers…

Vincent : (rire) ça c’est parce que les gens n’y connaissent rien à la musique !


MF : Je dis ça surtout par rapport à ce que j’ai pu lire dans écritures des mags et webzines Metal…


Vincent : Non, ce genre de conneries c’est pas que dans le secteur du Metal qu’on l’entend. Il y a véritablement un manque de culture musicale chez les gens en général. Ca me fait franchement marrer quand j’entends des types qui viennent me voir pour me féliciter d’avoir inventer un style. Je leur dis « merci » et je me barre !


MF : En tant qu’amateur de série Z, peux-tu me citer quelques films cultes qui t’on marqué et ont influencé le style Punish ?

Vincent : Y’en a effectivement plein. Alors « Killer Crocodile », le numéro 2, j’insiste, « Doom Generation », le « Rocky Horror Show » évidemment, enfin je pourrais t’en citer encore plein. Nous sommes effectivement de gros consommateurs de série Z .


MF : As-tu vu d’ailleurs le dernier Robert Rodriguez , « Planète Terreur » ?

Vincent : Hélas non, je n’ai pas encore eu le temps de le voir, faut que j’y aille.


MF : Vous avez environ 400 shows à votre actif, quels sont ceux qui vous laissent un souvenir impérissable ?

Vincent : La grande question… habituellement on me demande quels sont tes pires et tes meilleurs souvenirs :) , je dois dire que ta tournure de question est bien meilleure :). On a déjà tellement tourné qu’on ne se rappelle pas forcement de tous nos shows, ni de tout ce qui s’y passe :)
Je pourrais plus te parler des grosses occasions qu’on a eu, comme les eurockéennes, pas vraiment pour le concert en lui-même mais plus pour l’ambiance d’un gros festival comme celui là. C’est pas mal difficile d’extraire des souvenirs précis sur les centaines de concerts qu’on a donné, ça prendrait des heures. Concernant les concerts récents… euh laisse moi réfléchir… j’ai une mémoire en fromage blanc :)… ah si ! Dour ! Les 2 fois où nous sommes passé à Dour on a vraiment pris notre pied !


MF : Et quels sont vos impressions quand vous tournez ou que vous partagez une scène avec des groupes cultes comme Oomph, Therion ou encore The Youngs Gods ?

Vincent : Hum, ça dépend. Par exemple Oomph, ça s’est très très mal passé. Pas vraiment avec le groupe en tant que tel mais plutôt avec leur manageuse… On n’a pas vraiment eu de contact avec eux. Les seuls contacts ont été par le biais de leur manageuse qui nous a engeulé pour des broutilles et en plus ils nous ont bouffé nos pizzas alors qu’ils avaient le resto payé et tout. Bref, et concernant Therion, on n’a pas eu non plus de contact avec eux. Je peux pas trop te dire s’ils sont sympas ou pas mais je sais qu’ils devaient partager leur loge avec Anorexia Nervosa et qu’ils les ont tout bonnement et simplement virer. Enfin je te dis ça mais voila, faut aussi se mettre à leur place, ce n’est pas facile d’être toujours open.
Et puis aussi c’est un peu réducteur de garder une image négative sur un groupe ou une personne si on ne l’a vu qu’une fois. Le deuxième contact est souvent le plus juste. Voilà, je ne pense pas qu’on n’ait de nouveau l’occas de jouer avec Therion et je ne vais pas pleurer là dessus, crois moi :)


MF : Il semble que vous ayez abandonné les grilles sur scène, mais à la base d’où vous est venue l’idée ?

Vincent : C’est un peu un hasard. Un jour alors qu’on jouait dans un festival on n’avait pas d’endroit pour accrocher nos néons et on a trouvé cette idée, plutôt pratique à la base. Et puis ça nous bien plu et on a logiquement décidé de garder cet « accessoire ». Mais je tiens à préciser que là dessus on n’a rien inventé, Misnisty et Die Form le faisaient bien avant nous !


MF : Et allez-vous continuer la peinture corporelle et si oui, est-ce que c’est plus une manière de vous cacher derrière un masque ou tout simplement une manière de se démarquer ?

Vincent : Oui on va continuer la peinture corporelle. Mais ça n’est pas du tout pour se cacher derrière quoi que ce soit. On n’a rien à cacher. Se démarquer… oui c’est sur que ça nous permet de nous démarquer, car au départ de l’idée il y a l’envie de proposer au public quelque chose de fort et d’original visuellement. Nous avions le désir de créer une ambiance spéciale et qu’au moment où les lumières s’allumeraient, le public ne soit plus dans la réalité, leur réalité, mais la notre. Il est vrai que à ce stade, on peut difficilement arrêter le concept. Le public vient à nos shows pour nous voir peint. On ne peut pas les décevoir là dessus. Mais je te dois t’avouer que c’est pas mal une contrainte, surtout quand on est bien fatigués. Ce n’est pas très agréable à porter, ça tient chaud, ça pique…


MF : Quels sont les éléments de Punish Yourself qui rassemblent un public aussi hétéroclite qu’il soit punk, gothic, raver ou encore metalleux.

Vincent : J’en sais foutre rien :) ! Je te dirais simplement qu’on aime faire la musique qu’on aime écouter. On n’est pas borné de ce coté la. On picore dans les différents styles, les éléments qui nous plaisent le plus et on fait un mix de tout ça. Du coup les gens s’y retrouvent d’une façon ou d’une autre. Chaque personne peut y trouver son compte, que soit dans le coté revendicatif, le coté festif, le coté extrême… les gens prennent ce qu’ils veulent et si ça leur plait tant mieux !


MF : Quels rapports entrenez-vous en général avec vos fans ?

Vincent : :) Jadis j’entretenais des rapports sexuels avec mes fans (rire général). Plus sérieusement, nous sommes un groupe très facilement abordable. Un peu trop même ! C’est marrant des fois des fans viennent nous parler après le show, ils sont tout contents et comme nous sommes un peu des piliers de comptoir, les conversations finissent en n’importe quoi et du coup quand ils se barrent de la salle, ils ne sont plus fans du tout (rire).
On ne gagne pas à être connus en vrai :)


MF : As-tu des idoles ?

Vincent : Oui, plein ! Je suis un fan dans l’âme. Je te citerai Lemmy, je suis un gros fan de Motorhead. Il y a aussi Alice Cooper, Iggy Pop, Les Cramps, Rob Zombie… enfin je pourrais continuer encore longtemps comme ça. Je suis à genoux devant ces mecs là, total respect !


MF : As-tu eu l’occasion d’en rencontrer quelques uns ?

Vincent : Non pas vraiment. Du moins dans ceux que j’ai cité. Par exemple on a eu la chance de rencontrer le premier chanteur de Christian Death, Rozz Williams, avant qu’il ne se suicide, paix à son âme. Mais c’est vrai que c’est très étrange de rencontrer quelqu'un dont on écoute la musique depuis toujours. Rencontrer les Young Gods a été un grand moment. La rencontre avec Front 242 reste également un bon souvenir. C’est vrai que j’ai un job sympa je rencontre un tas de musiciens avec qui je peux échanger des idées. C’est toujours très enrichissant. Je crois d’ailleurs que c’est un des éléments les plus positifs dans mon job. Ca donne envie de continuer…


MF : Comment étais-tu adolescent ?

Vincent : hum, j’avais les cheveux longs, je m’habillais avec une gabardine pourrie et j’écoutais du rock progressif (rire)


MF : Et que faisais-tu avant d’intégrer Punish Yourself à plein temps ?

Vincent : hum, pas grand-chose… je faisais des études. J’avais également un ou deux groupes mais on était des sacrés branleurs. Nous n’avons d’ailleurs jamais donné de concerts ou quoi que ce soit. On peut dire que j’avais rien fait avant.


MF : Ce soir vous jouez en compagnie de Wormachine, je crois savoir que ce sont de bons potes à vous ?

Vincent : Héhé, non on ne connaît pas ce type à la barbe en feu (ndlr : sacré Khoudg), on veut pas le voir ce type, c’est le diable, il est toujours là avec des flammes qui sortent de ses cheveux (rire général). Oui c’est un pote, on joue finalement très rarement ensemble mais on se voit quand même pas mal assez.


MF : Ca doit être sympa en effet de partager une affiche avec ses potes. Ca doit vous arrivez souvent de créer des affinités avec des groupes locaux des 4 coins de la France…

Vincent : oui disons, que les affinités moi je les crée autour d’une bonne bouteille ;) mais oui c’est vrai qu’on s’est fait plein d’amis partout à force de tourner. Et puis y’a toujours un groupuscule de personnes qui sont pas mal de grands passionnés et que l’on retrouve souvent à nos concerts ou aux festivals. Voilà comment naît notre petite société secrète.


MF : Avez-vous des sides projects ?

Vincent : Tout à fait ! Dans l’ordre de l’actualité on a un side project : « 1969 was fine » qui réunit tous les membres de Punish avec en plus notre tour manager à la basse, plus un saxophoniste qui joue sur certains morceaux de Punish. Si tout va bien, l’album devrait sortir en février. Pas évident pour moi de te définir le style de « 1969 was fine ». Il n’y a pas le coté techno bien qu’il y ait des éléments électro mais on est plus dans le stoner rock, garage, psychédélique qui part un peu dans tous les sens. J’espère que ce disque fera un peu de bruit car c’est vraiment un très très bon album et je pense qu’il devrait dépasser le cadre des gens qui écoutaient déjà Punish.


MF : « 1969 was fine » a déjà trouvé un label ?

Vincent : Je pense que nous continuerons de travailler avec Active Entertainment. Il s’intulera « But 666 is allright ». On s’est vraiment fait plaisir avec ce disque, il est très typé Old School avec pas mal de références de la fin des années 60. Autrement, on a un autre side project typé jazz qui s’appelle Aléas.
Tiens Xav, parles nous un peu d’Aléas.

Xavier (basse) : hé bé, Aléas est une formation toulousaine dans laquelle je joue de la basse et de la contrebasse et je tiens à préciser qu’on ne se peint pas (rire). On fait du Jazz Oriental plutôt traditionnel.



MF : Pour terminer, quelques mots concernant le prochain album de Punish ?

Vincent : Il s’intitulera « Pink Panther Party ». Après 2 disques où l’on pense avoir exploré pas mal dans les climats et les ambiances, on va se diriger vers la froideur et l’agressivité. Ce disque sera à l’apogée de l’extrémisme de la brutalité. Pas forcement au niveau des tempos mais plus au niveau du son. On ne voulait pas refaire un « Gore Baby Gore » 2. Il ne sera pas du tout festif, pas du tout rigolo…on avait envie d’autre chose et surtout d’en mettre plein la gueule. On peut espérer sa sortie pour fin 2008, mais je ne te garantie rien. Ayant enchaîné coup sur coup 2 albums, ça va être chaud de rembrayé trop vite. Si ça ne tenait qu’à nous on sortirait un tous les mois.


Un grand merci à Marina de Active Entertainment, Vincent, Xav, Polo et tous les autres !


http://www.myspace.com/punishyourself
http://www.myspace.com/1969wasfine
http://www.myspace.com/aleasquartet

Propos recueillis par Devildiva

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