Coup de coeur récent pour moi, The Bottle Doom Lazy Band est un groupe précieux: capable de reprendre le meilleur d'un genre tout en apportant sa petite touche personnelle. Le groupe vient de sortir son premier EP et c'est l'occasion de discuter avec eux de cette première sortie, de leurs concerts et du doom.
1.Présentez nous le groupe et son histoire ?
BottleBen : L’idée nous est venue à Opyat à moi, de créer un groupe de doom il y a à peu de choses pret un an et demi, autour d’une pinte au Buck Mulligan’s, un pub de Poitiers. Je m’ennuyais dans mon groupe de l’époque, on faisait peu de concerts… et j’avais envie de faire quelque chose de moins… beuglé. Opyat découvrait le doom, et il était tout excité, le petit chenapan : donc, hop, The Bottle Doom Lazy Band est né. Les autres se sont greffés au fûr et à mesure et en peu de temps. Bottle Doom est groupe qui fonctionne à l’impro (bien que moins ces derniers temps), le but était de faire des concerts, et par ce biais d’avoir des bières gratos, héhé. Le groupe est encore jeune et a relativement peu d’histoire derrière lui, il y a donc plein de choses à faire et plein de bières à descendre !
ToS : BottleBen m'avait présenté le projet au cours de nombreuses heures d'Happy Hour, toujours au Buck Mulligan's (Patrick si tu lis ces lignes ... ) avant la première répète, sans vraiment me filer de style précis, mais en me citant quelques groupes qui me plaisaient. Etant dispo et connaissant les gars qui seraient de la partie (Opyat et Guyome dans un premier temps, BottleDream un peu plus tard)), je me suis lancé dans le jeu sans vraiment savoir où ça irait. La lourdeur qui s'en est degagée m'a vraiment parlée, et prenant mon pied musicalement et humainement, j'ai signé !
2.Les influences des classiques du doom (St Vitus, Candlemass) sont indéniables. Était-ce votre but, de faire un disque en hommage à ces groupes ?
Opyat : On a avant tout voulu se faire plaisir avec ce groupe. Venant tous de diverses formations musicales, on s'est tout d'abord réuni pour faire un groupe de rock'n'roll pour se marrer et effectivement faire revivre des vieux riffs et retrouver les sensations qu'on avait en écoutant les Black Sabbath, St Vitus et Cathedral, pour ne citer qu'eux, car il y en a plein d'autres. On a voulu réunir les sonorités et riffs « old school » d'un doom trad, cher a BottleBen, avec la lourdeur et la distorsion d'un doom plutôt « new school » à la Electric Wizard, Ufomammut, Acid King, avec une petite touche heavyrock/stonerrock à la Orange Goblin, The Atomic Bitchwax ou encore Monster Magnet.
BottleBen : Le stoner, du moins en ce qui concerne le chant, n’est absolument pas une influence, si cela ne tenait qu’à moi Bottle Doom ne comprendrait d’ailleurs aucune partie rapide. Je n’aime pas trop cette scène, j’ai l’impression que c’est du foutage de gueule, certains groupes me plaisent mais c’est tout. Ca n’est en rien du doom. Je dois etre de loin le plus extremiste, héhé.
ToS : C'est clair qu'en venant tous d'horizons différents, le style de Bottle Doom allait forcément s'ouvrir. Donc on se fait plaisir, on balance des riffs et on voit se qui se passe. Si ca nous plait on garde, sauf evidemment quand on se rend compte que le riff mortel qu'on est en train de jouer est un riff de Pentagram ... Je dis ça car c'est du vécu.
3.Vous avez néanmoins réussi à incorporer d'autres influences: le blues et le stoner. Était-ce prémédité ?
Opyat : Pour ma part, oui, ainsi que pour notre batteur Guyome pour ce qui concerne les influences stoner. Mais on n'aime pas trop les étiquettes dans le groupe, alors on préfère se limiter en disant juste qu'on a des influences rock/heavyrock. BottleBen adore le blues ; il l'a d'ailleurs toujours revendiqué dans le groupe et je pense que ça se ressent dans sa voix. Il a toujours vécu le metal comme émanant du rock, émanant lui-même du blues... Ca me rappelle de nombreuses soirées à discuter pendant des heures sur l'histoire du rock avec lui.
BottleBen : Ouais. M’enfin heureusement que je suis là, sinon le groupe ressemblerai à une énième copie pourrie d’Orange Goblin. Pour la voix le blues est une influence, c’est sûr. Howlin’ Wolf, John Lee Hooker, Muddy Water, (« Howlin’ Bottle Doom » ou « Muddy Love Blues »... ) ce genre de mecs… mais aussi le heavy metal classique et le heavy rock à la Motley Crue. Mais tout ça n’est pas prémédité, on voulait juste faire quelque chose de lent et de pesant, sans savoir où on allait.
ToS : Là où ce n'est pas prémédité c'est qu'on essaye de satisfaire tous les membres du groupe, sachant que là où Opyat pond un riff « Acid King » je verrai plus un riff « Black Sabbath », donc tout est retrituré pour que ça plaise à tous les 5. Si un jour un riff death metal colle parfaitement à l'ambiance d'un de nos titres, il n'y'a pas de raison que l'on ne l'utilise pas.
4.Avez vous d'autres influences que le doom ?
ToS : Pour ma part, je ne suis pas « fanatique » de doom comme peut l'être BottleBen par exemple. Je me prend évidemment de grosses claques à chaque écoute des classiques comme Black Sabbath, Saint Vitus, Pentagram ou bien le dernier Reverend Bizarre qui est tout simplement énorme, mais je ne cherche vraiment pas à tout découvrir dans le style. Mes disques de chevets sont plus dans le thrash, le death et le grind, Metallica, Kreator, Morbid Angel et des tonnes d'autres mais rien de cela ne se ressent dans nos compos. Jouer du doom procure vraiment des sensations énormes au niveau de la lourdeur et de l'ambiance qui s'en degagent. Il suffit qu'on se retrouve et qu'on se mette dans cette ambiance tous ensemble pour que les idées de riffs nous viennent naturellement. Et puis je prend vraiment mon pied sur scène avec notre équipe de bras cassés, c'est vraiment ça le plus important.
Bottleben : Motley Crue, Twisted Sister, The Angels, Rose Tattoo, etc…. La scène hard australienne m’a toujours bottée. Angry est un putain de chanteur, c'est sûrement la personne qui m’influence le plus, même au niveau des textes. Bon Scott aussi.
Opyat : En plus des diverses influences heavyrock dont je parlais plus haut, je suis influencé par la vague « grunge » des années 90. Nirvana, L7, Mudhoney, Tad, Alice in Chains, Soundgarden, Melvins...Je pense que ça se ressent dans les divers leads et sonorités cradingues de l'album.
5.Vous avez juste sorti un EP, The Beast Must Die. D'autres sorties prévues pour le futur ?
Opyat : On a prevu d'enregistrer en novembre, ce qui devrait être notre deuxième album, plus ou moins dans les mêmes conditions que le premier. On a déjà des morceaux de prets dont un particulièrement poignant et éprouvant « Blood For The Blood King ». Cet album sera dans l'esprit du premier, tout en étant plus lourd et oppressant, il devrait sentir la terre. On pensait utiliser une nouvelle fois des instruments trad, à voir.
BottleBen : En ce qui concerne les instruments trad, c’est s^rr qu'il y en aura. J’aime l’ambiance que cela donne, y en aura pas forcement sur un seul titre, ils seront là plus probablement en tant qu’interludes, de liens entre les titres. Fearann (auteur des parties de cornemuse sur « Muddy Love Blues » du 1er CD ) est un fan de doom, il aime ce que l’on fait, et il n'y a pas de raison qu’il ne soit pas sur le prochain. « Blood For The Blood King » est un morceaux beaucoup moins r’n’r que ceux présents sur la démo, il est plus doom. On verra bien si ca fonctionne en live. En tout cas, je prend mon pied à le jouer.
6.Où avez vous enregistré cet EP ?
Opyat : Dans notre salle de répète, qu'on a surnommée « La Harpe Studio », pour la déconne. On a récupéré du matos à droite à gauche et on a enregistré avec l'aide d' Hemreich du groupe de black metal Angmar.
BottleBen : « La Harpe » c’est surtout la rue où j’habite! Donc du coup, paf, « La Harpe studio ».
ToS : Une fois les prises faites, on s'est débrouillé pour tout mixer nous même quitte à faire un petit saut dans le garage pour enregistrer quelques petits trucs. C'est vraiment du système D de A à Z.

7.Vous l'avez sorti en autoproduction, espérez vous signez sur un label pour le futur ?
ToS : Tout dépend de ce que le label en question nous proposerait. Je n'ai pas envie qu'on perde notre temps à en chercher un dans la seule optique d'être signé pour être signé, ça n'a aucun sens. Si un label estime qu'on mérite d'être sous son aile et qu'il souhaite s'investir pour nous, il nous contactera. C'est la musique qui parle de toute façon, pas un logo au dos du cd. Puis a notre niveau, il vaut mieux se bouger le cul pour obtenir quelque chose, les plans concerts, les plans distribution, ... On est jamais mieux servi que par soi-même, et jusqu'à preuve du contraire, ça avance pas mal pour nous. Quand tu vois certains groupes s'enterrer tout seul, à enregistrer et réenregistrer des morceaux en esperant être signé et qui ne sortent jamais de leur garage, même s'ils pondent de la musique excellente ... Chacun sa vision.
8.Y a t'il des concerts de prévus ?
ToS : Déjà 3 dates pour Octobre, La Rochelle, Mouzay et Chatellerault, ca reste prêt de chez nous mais c'est très bien pour reprendre après les vacances. Sachant qu'on a tous des boulots et d'autres groupes pour certains, on essaye de gérer ça au mieux. Pas toujours évident mais bon... Sinon au mois de Mai 2008, on a le Long Live Metal à Wattrelos, organisé par Laurent et Nath de Emanes Metal, l'affiche s'annonce excellente. Tout n'est malheureusement pas encore confirmé, mais je pense qu'on va passer une putain de soirée bien rock n' roll et qu'on s'en rappellera longtemps. On a beaucoup d'autres plans et contacts mais rien de confirmé pour l'instant.
9.Vous avez choisi de faire du doom, sûrement la voix la moins commerciale de faire de la musique de nos jours. J'imagine que c'est la passion, non ?
BottleBen : J’avais envie. C’est tout. Le commerce je m’en fout, je faisais du thrash avant ce groupe, je faisais du black et du death bien avant encore, j’ai toujours fait les choses sur un coup de tête, je préfère que les choses ne soient pas préméditées, il n y a que comme ça qu’elles prennent un tournant plus interessant. Bottle Doom ressemble à ça, sur disque comme sur scène : rien n’est prémédité dans ce groupe! C’est bien mieux! J’espère ne jamais gagner d’argent avec ce groupe. D’ailleur ça n’arrivera jamais ! Haha !
Opyat : Heu?... Comment répondre?... On n'est pas du style à faire un groupe ou de la musique parce qu'elle rentre dans un schéma commercial ou non. On gagne rien sur nos concerts ainsi que sur nos disques, et on est tous persuadés qu'on ne gagnera jamais rien avec notre groupe, si ce n'est les defraiements pour nos dates, des bières au bar, et bien évidemment les diverses rencontres. Je pense qu'à l'époque où l'on vit, c'est un peu presomptueux (et sans doute prétentieux) de se dire qu'on va gagner du pognon avec la musique, surtout avec un style comme le doom. On joue du Doom, on aime la fête, on est en France ... Je pense que tout est dit. Et bien évidemment, on fait ça par passion et parce qu'on crève la zic et les concerts, et si des gens se retrouvent dans notre musique, c'est ça le principal.
ToS : Pareil que mes collègues, tant qu'on ne perd pas trop d'argent dans l'essence et les péages quand on a une date, (pas que je sois prêt de mon compte en banque, mais bon, on ne roule pas sur l'or...) et qu'on peut continuer à se faire plaisir sur scène où l'on voudra de nous, je serrai content.
10.Le mot de la fin ?
Opyat : Merci pour ces petites questions et pour l'intérêt que tu portes au groupe. Je tiens aussi à saluer nos potes de Rising Dust et Weird Light, deux groupes de doom excellentissimes avec qui on passe toujours de très bons moments, ainsi que Laurent et Nath d'Emanes Metal Records.....Long Live Metal!!!!!
ToS : Merci à toi de nous laisser nous exprimer dans Metal France, et un ptit mot à Cyril de Deep Vein, quand tu veux pour payer ton apéro mon vieux lapin !!!
Propos recueillis par Seb