/// Interview de Absolute

Publié le 01/01/2003 par Bloody

Absolute est un valeureux groupe de fusion made in France, qui a sorti récemment son premier album : Bâillonnés, véritable attentat sonore disponible chez tous les bons disquaires. C’est juste avant leur concert à Epinal ( terrible sur scène mort au niveau du public ) que nous les avons rencontré.

MF : Pour commencer pouvez-vous présenter votre groupe ?

Oz (chant, saxophone, percussions): Donc Absolute ça s’écrit A, B, S, O… (rires) on existe depuis 4 ans on vient d’Epinay sur Seine, c’est en banlieue Parisienne dans le 93, on a fait un petit maxi il y a deux ans ça nous a pas mal aidé à avancer, à être au Printemps de Bourges, à gagner un prix, et à faire un album en 2002, qui est sorti au mois d’octobre. Et puis on tourne depuis un moment, et encore plus depuis la sortie de l’album pour le promouvoir un peu partout en France.

MF : La tourné se passe t’elle bien ? Vous jouez notamment avec Psykup ce soir…

Oz : Psykup c’est la première date qu’on fait avec eux mais on est bien content ça faisait un bout de temps qu’on voulait jouer avec eux, on se connaît depuis un moment et on s’apprécie mutuellement.

MF : Vous jouez avec des groupes de métal plus « traditionnels », si dans votre musique il y a du métal on y trouve plein d’autres styles. Le public métal n’est pas forcement réputé pour sa grande ouverture d’esprit, comment celui-ci réagit-il ?

Dj Konic (platines, chœurs) : Il réagit plutôt pas mal…
Oz : Il réagit bien surtout que sur scène on a une énergie qui correspond à cette musique.

MF : Sur scène vous êtes plus métal que sur l’album ?

Oz : C’est la base, on y ajoute plein de choses mais c’est la base sur laquelle on circule.

MF : Honorine de Follow me production m’a dit que sur scène vous preniez une autre dimension, c’est en concert que l’essence de la musique d’Absolute se révèle ?

Oz : Forcément car on n’a pas les moyens de faire des albums qui soient à la mesure de ce qu’on aimerait faire, alors c’est sur scène qu’on dégage le plus d’énergie, c’est clair.

MF : On va parler de l’album, on l’a déjà dit, c’est un mélange de beaucoup de styles : métal, ragga, dub, hip-hop on va pas tous les citer, mais comment êtes-vous arriver à un tel résultat ? C’est venu tout seul du fait que vous avez tous des influences différentes, où est-ce que dès le départ vous aviez envie de taper dans tous les styles ?

Oz : Oui, c’est ce qu’on aime faire, donc on essaye, apparemment on n’y arrive pas trop mal, en tout cas on s’en sort un petit peu, et puis on écoute beaucoup, beaucoup de choses. On est évidement fan de beaucoup de groupes de métal de la scène fusion des années 80 jusque maintenant… Et puis effectivement on écoute pleins d’autres choses, pleins d’autres styles musicaux. Hip-hop pas mal, ragga, groove, techno…

MF: J’ai ressenti une influence Faith no more, Mr Bungle…

Oz : Oui bien sur. Mais en même temps il a influencé tout le monde, beaucoup de monde s’en revendique et nous aussi ! On est tous des générations de Mike Patton, c’est vrai que pendant une décennie il a quand même fait mal à tout le monde.

MF : Dans votre musique il y a beaucoup de breaks, de changements de rythme, d’intensité, vous avez voulu vous écarter du schéma type de la chanson rock ?

Oz : Encore une fois c’est ce qu’on aime bien, on n’aime pas trop les styles trop monotones où ça tourne sur un riff pendant tout le morceau. Même si franchement il y a des morceaux qu’on apprécie qui sont comme ça, mais nous on aime pas trop jouer ça on aime bien partir dans tous les sens et faire des structures qui sortent de l’ordinaire.

MF : Sur le CD il y a deux aspects : un plutôt direct (« bâillonnés », « Mashuptaracedeworker » ) et un autre où il y a des morceaux plus longs avec plus d’ambiance, plus d’impro. Allez-vous continuer à développer ces deux aspects de votre musique ?

Oz : Oui, c’est un peu deux facettes qu’on a dans la groupe, autant un discours assez direct, assez brut et un style qui peut être rentre dedans, autant on peut aimer s’étendre sur des ambiances, sur des sensations, sur des trucs plus abstraits.

MF : Et sur scène vous jouer ces morceaux longs ?

Dj Konic : oui, oui sans problème.

MF : On va maintenant parler des textes. Si le terme de « groupe engagé » n’est pas forcément approprié pour parler d’Absolute, on va dire que vous essayez de bouger les gens de les faire sortir de leur train-train quotidien…

Oz : Voilà exactement, on essaye de provoquer une certaine réaction, il faut que les gens se bougent un peu, c’est un petit peu mort en ce moment. Il y a pas mal de choses qu’on est obligé de supporter et faut plus les supporter, c’est tout.

MF : du genre ?

Oz : Déjà tout ce qui se passe avec le nouveau gouvernement (rires) ! Pas mal de trucs qui ne vont pas, on ne va pas rentrer dans les détails, mais…
Dj konic : (le coupant) Les Américains ! (rires)
Oz : Au niveau international il y a évidement cette politique de guerre annoncé, il y a pas mal de choses qui nous choquent. Comme la pollution c’est aussi d’actualité avec les pétroliers là c’est plus général, mais c’est hyper important et on a l’impression que tout le monde s’en fout.
Dj Konic : rien de très nouveau, mais apparemment les gens ne s’en rendent pas compte.

MF: Vous dénoncez aussi les effets néfastes de la télévision : Pikatchou, ou son abrutissement dans « Le bizou della muerte ».

Oz : Clairement, parce que la télévision c’est vraiment le véhicule de toutes ces propagandes mondialistes à l’américaine avec cette politique de guerre, avec cette politique de « j’en ai rien à foutre de ce qu’il y a autour de moi, de l’environnement. »

MF : Alors vous n’aimez pas Pikatchou mais vous êtes des fans de Casimir ?

Oz : Peut être que nos enfants seront des fans de Pikatchou et qu’à leur époque Casimir sera obsolète. En fait pikatchou ce n’est pas le personnage en particulier, en fin de compte il a la même couleur que Casimir ! c’est plus un symbole : les Pokémons c’est la façon dont tu peux développer le merchandising à donf autour d’un dessin animé, de faire payer, cracher un maximum les gens.

MF : Vous êtes aussi plus ou moins influencés par les films de science fiction si on en juge par l’introduction de l’ album avec la Gentech Corporation ? Ca représente quelque chose pour vous comme la World Company ?

Oz : Il y a un peu de ça, autant c’était un délire qu’on s’est tapé. Ce qui est bien c’est que les gens ont leur libre interprétation, ce qui nous convient parce qu’ils y voient autre chose.

MF : L’avenir pour Absolute ?

Oz : C’est conquérir le monde évidemment ! De toute façon on va faire la guerre contre les Américains, on va les niquer. Après on fera la guerre contre les Russes ! Notre but c’est de gouverner le monde ! (rires).
D J Konic : D’ici là on va peut être essayer de faire un deuxième album.
Oz : En fait on va essayer de faire, à l’instar de la monarchie absolue, l’anarchie absolue. Et on va faire ça bien ! (rires).

MF : Un dernier mot à ajouter ?

Oz : Le dernier mot c’est le « dernier mot » ! (rires) Je dis qu’on aime tout notre public qu’on l’adore, parce que vraiment il est magnifique,
Dj Konic : C’est grâce à vous qu’on est là !
Oz : On aime vous lécher le cul, c’est cool et vive les pingouins ! (rires)

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