/// Interview de Amanda Somerville - Trillium

Trillium

Publié le 18/05/2012 par lucinda

Interview réalisée le 12 mai 2012 à Birmingham, Royaume-Uni.

(Scroll down for the English version)

 

 

J'ai eu l'honneur de m'entretenir avec la chanteuse Amanda Somerville à l'occasion de la tournée de son groupe Trillium, qui a assuré la première partie de Delain sur 17 dates.

Amanda Somerville est une auteure-compositrice-interprète américaine, principalement connue pour avoir travaillé pendant plus de dix ans au sein de la scène Metal européenne, autant en live qu'en studio. En 2011, Amanda crée son propre projet Metal: Trillium. Le premier album, sorti en novembre dernier, s'intitule "Alloy".

Le groupe a déjà joué une dizaine de concerts avec Halcyon Way et Delain. Comment s'est passé la tournée jusqu'ici?

Amanda Somerville: Génial! Les groupes étaient faits pour s'entendre, c'est super. Musicalement, Halcyon Way est un peu différent, mais Delain et Trillium vont bien ensemble, on a donc été bien reçus par les différents publics. On est très contents!

Vous avez joué hier à Paris* pour la première fois. Comment as-tu trouvé le public?

AS: Ils étaient fantastiques! C'était à coup sûr l'un de nos concerts préférés. La salle aussi était très belle, et l'équipe locale était très compétente et sympathique. Et puis... c'était Paris! Comment les choses pourraient-elles mal se passer à Paris?!

Vous avez eu le temps de visiter un peu?

AS: Oui. On a juste eu le temps de voir la Tour Eiffel et Notre-Dame. On a aussi mangé des pains au chocolat et un peu de quiche. Donc en résumé, on a bien mangé, on a pu visiter, on a pris des photos... On s'est bien amusés.

Comment Trillium en est venu à ouvrir pour Delain?

AS: En fait, Sander (Gommans, ndlr) connait les membres de Delain depuis un bout de temps. Il a même co-écrit une chanson pour leur nouvel album, je ne me souviens plus du titre; il a donc récemment collaboré avec Martijn (Westerholt, ndlr). C'est d'ailleurs Sander qui avait conseillé à leur batteur actuel d'auditionner pour eux à l'époque. C'est aussi parce que Delain a assuré la première partie d'After Forever (ancien groupe de Gommans, ndlr) il y a des années de ça que le lien s'est fait. Et comme la musique de Trillium s'apparente bien à celle de Delain, on s'est dit "Pourquoi pas!".

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Pourrais-tu nous présenter les musiciens qui t'accompagnent pour la tournée?

AS: Bien sûr! Il s'avère que Mark (Burnash, ndlr), mon bassiste, et Paul-O (Paul Joseph, ndlr), le guitariste, sont tous deux originaires de Flint dans le Michigan, comme moi. Je connais Mark depuis, oulà... environ seize ans. On s'est rencontrés par l'intermédiaire d'un ami commun, un autre musicien appelé Ashley Peacock. Depuis, on n'a pas arrêté de jouer de la musique ensemble. C'est lui qui s'est occupé des parties basse sur mon tout premier album solo, "In the Beginning There was....".

J'ai rencontré Paul-O à l'occasion d'un concert d'Edguy à Détroit. J'étais passé voir les gars du groupe alors que j'étais rentrée chez moi, dans le Michigan. Le groupe de Paul-O ouvrait pour Edguy. Après le concert, il est venu me voir et il m'a demandé: "Hé, vous êtes Amanda Somerville?". Depuis ce temps on est restés en contact et j'ai toujours pensé que c'était un excellent guitariste, et maintenant je l'ai dans mon groupe!

Simon Oberender, qui s'occupe des synthés pour Trillium, a commencé en tant qu'apprenti aux Gate Studios il y a quelques années, en 2005 ou 2006, il me semble. C'est comme ça que je l'ai rencontré. Il a décroché son diplôme, qui est très difficile à obtenir. Il est ingénieur du son, un travail très prestigieux en Allemagne. Il a étudié avec Phillip Krause, le batteur, et quand j'ai eu besoin de quelqu'un pour la batterie, Simon m'a dit: "Je connais ce gars, il est fantastique!". C'est également rare d'avoir deux ingénieurs du son dans le groupe. C'est l'idéal parce qu'à chaque fois qu'on a un problème, ils sont là pour nous sauver. (Rires)

Qu'est-ce que tu as l'habitude de faire avant de monter sur scène? Est-ce que tu t'échauffes la voix ou...?

AS: Oui. Il m'arrive de ne pas être très sérieuse... Je deviens paresseuse et je ne m'échauffe pas la voix parce qu'il y a trop de monde autour de moi, ce qui ne devrait pas être un problème, mais bon... Mais il est essentiel de s'échauffer, surtout lorsqu'on est malade ou que la voix est plus faible que d'habitude. En général, j'essaie de prendre mon temps. J'aime bien me préparer, m'habiller et me maquiller. C'est amusant! (Rires)

 

 

Alloy

Parlons un peu d' "Alloy": pourquoi avoir enfin décidé de chanter sur du Metal, après tant d'années à avoir travaillé et collaboré avec des artistes issus de la scène?

AS: En fait, le déclic m'est venue en 2007 et 2008. Ça a commencé en travaillant avec Sander sur le projet HDK. Il m'a demandé de lui donner un coup de main pour son projet, et on était tellement impliqués dans la musique que c'est carrément devenu un projet commun. J'ai aimé tout le processus de A à Z, de l'écriture à l'interprétation. On était vraiment en phase.

Après, quand Simone Simons est tombée malade, Epica m'a demandée de la remplacer pour leur tournée nord-américaine, et j'ai adoré interpréter les morceaux en live. Bien sûr, ça s'est fait naturellement puisque j'ai co-écrit leurs chansons, donc en un sens elles m'appartiennent aussi. Après tout, je suis un peu le septième membre "pas si secret que ça" du groupe. Mais c'est le fait de jouer les morceaux en live qui a changé la donne. Et après ça, j'ai accompagné Avantasia en tournée.

Dès lors, la musique que j'écrivais devenait de plus en plus Heavy, plus sombre, et je comptais inclure dans mon prochain album solo des chansons telles que Inner Whore et Out, de l'album "Windows". Mais après j'ai pensé: "Pourquoi ne pas en faire quelque chose de complètement séparé?". Parce qu'il peut arriver qu'on ait envie de se lancer dans une chanson jazz ou reggae... Quoique je veuille faire, je veux être capable de le faire sans avoir à m'excuser ou à me justifier auprès de qui que ce soit. J'ai décidé de créer un projet solo Metal pour que la ligne entre les deux soit bien définie. Au moins, la séparation est claire et net, et pour les fans, et pour moi. C'est comme ça que Trillium est né!

Comment Sascha (Paeth, ndlr), Sander et toi avez procédé pour la composition de ce premier album? As-tu établi des directives au préalable?

AS: Je donne toutes les directives! (Rires) La raison pour laquelle je n'ai jamais rejoint un groupe, étant avant tout une artiste solo, c'est que j'ai besoin de tout contrôler. Bien que collaborer avec d'autres personnes, participer à des projets ou encore travailler avec des producteurs ne me posent aucun problème, je sais exactement ce que je veux pour ma musique. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'aime travailler avec Sander et Sascha: on est sur la même longueur d'onde. En tant que guitaristes, leur approche de la composition et de l'écriture est complètement différente de la mienne, car j'ai une approche de pianiste. Du coup, on se complète et on arrive à peaufiner l'ensemble. Alors que dans un groupe, aïe... Mes chansons sont mes chansons! (Rires) Je n'aime pas partager à cet égard. Pour moi, être dans un groupe, c'est comme être mariée à cinq ou six personnes. Et c'est suffisamment difficile d'avoir été mariée à une. (Rires)

La plupart des chansons sur l'album sont nées d'une démo piano-voix. J'écris mes compos au piano, je ne joue pas de guitare. Ensuite, je fais passer ça à Sascha. Certaines étaient relativement finies, mais d'autres avaient besoin d'être remaniées, comme par exemple Bow to the Ego, qui ne possédait pas de vrai refrain.

Je savais exactement dans quelle direction je voulais aller, et j'ai une image bien définie pour la musique.

Est-ce qu'il y a une chanson en particulier que tu aimes jouer sur scène?

Amanda

AS: Ah... Pour être honnête, je n'ai pas de préférées. Je les aime toutes, chacune est unique en son genre parce qu'elle n'ont pas le même contexte. Certaines parlent de ma propre vie, de mes expériences personnelles, de mes relations et observations, d'autres ont été écrites à partir de rêves que j'ai pu faire ou de scénarios que j'ai imaginés. J'aime les extérioriser, même si certaines sont très Heavy et pleines de colère... Mais d'un côté, c'est thérapeutique de passer en revue ses sentiments et de s'en purifier. Du coup, on les ressasse sans cesse et on en débarrasse régulièrement le corps. C'est comme parler à quelqu'un de ce qui nous tracasse, ou d'écrire une lettre qu'on n'enverra pas forcément... C'est libérateur!

Je n'ai pas de morceau préféré en particulier, ce sont tous mes bébés.

 

 

Il y a environ trois mois, tu as de nouveau participé à la tournée Rock Meets Classic; pourrais-tu brièvement nous parler de ces concerts? Quel rôle y joues-tu, et comment as-tu été amenée à y participer?

AS: J'ai eu ce boulot grâce à Mat Sinner, qui a produit l'album de Kiske/Somerville. Notre collaboration a tellement bien marché qu'un jour, il m'a dit: "J'ai un nouveau projet en cours, j'aimerais beaucoup que tu en fasses partie".

C'était impressionnant d'être sur scène avec ces légendes vivantes telles que Steve Lukather, Ian Gillan ou Dan McCafferty interprétant leurs plus grands succès. C'était tellement incroyable que je ne me voyais pas décliner l'offre. J'ai aussi pu chanter seule ou en duo. J'étais la voix lead des chœurs donc je chantais sur tout le reste. Tout le monde y a trouvé son compte.

Sander Gommans est en train de travailler sur le deuxième album d'HDK. Qu'est-ce que tu peux déjà nous dire à ce sujet?

AS: Cette fois ce sera un peu différent que le premier album: il n'y aura pas autant d'invités, mais un chanteur principal qui s'appelle Geert Kroes, du groupe Dead Man's Curse. Il est fantastique. Sander en est venu à travailler avec lui de plus en plus. Et bien sûr il y aura Sander et moi-même pour l'écriture et le chant.

Ce sera aussi un peu différent musicalement et stylistiquement: c'est toujours Heavy, mais ça se rapprochera un peu plus du style de Sander dans After Forever. Bien sûr, c'est totalement différent, mais Sander a son propre style d'écriture qui transparait malgré tout. C'est marrant parce que beaucoup de gens m'ont dit que Trillium sonnait vraiment comme du After Forever...

À cause de son style...

AS: Oui, à cause de son style. Je pense que ça n'a rien à voir mais je peux concevoir que les gens voient des points communs.

Amanda

Peut-être sur Bow to the Ego, sinon je ne vois pas vraiment de ressemblances...

AS: Oui, c'est drôle parce que quelqu'un m'a dit qu'Utter Descension était du After Forever tout craché... Sauf qu'elle n'a même pas été écrite par Sander! (Rires) Les gens entendent ce qui les arrange. Mais bon, si c'est positif pour eux, je prends ça comme un compliment.

Revenons plusieurs années en arrière: ton premier album solo, "In the Beginning There was..." est sorti il y a douze ans. Qu'est-ce que tu en penses aujourd'hui? 

AS: Aah... C'est comme se revoir avec une coiffure horrible à l'époque du collège. C'est difficile pour moi de l'écouter, d'un point de vue professionnel et qualitatif. Ah! Je manquais tellement d'expérience. Et puis, la qualité de la production n'est pas super, ma façon d'écrire était complètement différente. Mais bon, c'est exactement ce que le titre de l'album suggère: "c'était le commencement" et c'est "ce qu'il y avait" à l'époque! Mais j'en suis quand même fière car cet album est la base à partir de laquelle j'ai évolué en tant qu'artiste. Il faut être fière mais... Je suis contente que ce soit derrière moi. (Rires)

Tu as vu le groupe Epica devenir de plus en plus important, année après année. Comme tu dis, tu es un peu leur septième membre! Que penses-tu de leur évolution dans leur manière d'écrire?

AS: C'est comme pour tous les groupes: au fur et à mesure, on grandit, on change, le style évolue un peu et on peut avoir des attentes différentes de la musique. Je pense que depuis le début, ils sont restés plus ou moins fidèles à leur style. C'était intéressant de faire partie de l'aventure, de les avoir vus grandir et devenir ce qu'ils sont aujourd'hui.

Justement, en parlant d'Epica, ils vont participer à la prochaine édition du Metal Female Voices Fest, tout comme Trillium! Que penses-tu d'un tel festival? Peut-on espérer un duo avec le groupe?

AS: Qui sait? Rien n'est impossible. Je pense que c'est une bonne idée. Nous sommes collègues depuis de nombreuses années, et je pense que c'est tout naturel que nous nous retrouvions tous dans le même festival étant donné que la scène de Metal symphonique en Europe est si "petite"... (Rires). On va bien s'amuser.

 

Quels sont les projets de Trillium lorsque la tournée avec Delain sera terminée?

AS: On y travaille, on fait en sorte de continuer à aller de l'avant, de booker plus de concerts... On nous a aussi fait quelques propositions de festivals. On est très contents de la réaction du public sur cette tournée. Nous avons un bon avenir devant nous!

 

Pour terminer, qu'est-ce que tu aimes faire lorsque tu n'es pas en tournée quelque part ou que tu n'es pas en studio?

AS: Oh mon dieu, c'est tellement rare, que je ne sois pas en tournée ou en studio... J'aime faire plein de choses. J'adore skier, j'adore faire du vélo... C'est que la musique prend une place si grande dans ma vie: c'est ma carrière, mon passe-temps, ma passion... Je fais toujours quelque chose qui a rapport avec la musique, que ce soit jouer du piano ou simplement chanter, écrire des chansons... J'aime aussi écrire en général, je tiens des journaux, j'écris des nouvelles et des poèmes... J'ai un chien, Blitz, que tu as probablement vu dans le passé. Blitz et moi faisons beaucoup de choses ensemble: on fait des balades en vélo, en rollers. Il aime nager, et il aime chanter aussi! (Rires)

Tu es un bon professeur!

Oui... Et bien sûr j'aime voyager, et voir mes amis et ma famille est la chose la plus importante pour moi.

 

Un grand merci à Paul Simons et Amanda Somerville pour leur patience et leur intérêt! Merci aussi à tous ceux qui m'ont suggérée quelques exemples de traduction concernant certaines expressions!

 

* Le 11 mai dernier à l'Alhambra

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English version:

I had the greatest honour to meet Amanda Somerville while on tour with her band Trillium, which opened for Delain on 17 shows.

Amanda Somerville is an American singer-songwriter, mostly known for having worked within the European Metal scene over a decade, whether on tour or in the studio. In 2011, Amanda created her own Metal project, Trillium. The first album, called "Alloy", was released last November.

 

You already played many shows together with Halcyon Way and Delain. How is the tour going so far?

Amanda Somerville: Great! It's really wonderful because the personalities match well together. Halcyon Way is a little bit different musically, but Trillium and Delain fit really well together, so it's been well received by the audiences. We're really happy!

Yesterday was the first concert of Trillium in Paris*. What did you think of the audience?

AS: They were wonderful! It was definitely one of our favourite gigs. Also the venue was really beautiful, the local crew were very competent and really nice. And it was Paris, how can things go wrong in Paris?!

Did you have time to visit?

AS: We did. We went to the Eiffel Tower and Notre-Dame. That's all we had time for. Also we had some pains au chocolat and a little bit of quiche. So we had some food, we did some sightseeing, we took some pictures... We had a good time.

How did Trillium end up opening for Delain?

AS: Well, Sander (Gommans, editor's note) has known the Delain members for some time, and he actually co-wrote a song for their new album, but I can't remember the title of the song. So he was working with Martijn (Westerholt). It's also Sander who suggested their drummer to audition for Delain, and also because Delain toured as support for After Forever (Gommans' former band) many years ago. So that was the connection. And since Trillium's music match really well to Delain, we thought "Why not"!

Could you introduce the musicians you're touring with?

AS: Yeah! Actually, Mark (Burnash), my bass player and Paul-O (Paul Joseph), the guitar player, are from my home town of Flint, Michigan. I've known Mark for, jeez... I think sixteen years or so. I met him through a mutual friend of ours who's also a musician, named Ashley Peacock. We've been playing music together since then. He played bass on "In the Beginning There was...", my very first solo album.

I met Paul-O at an Edguy concert in Detroit. I was going down to visit the guys of Edguy while I happened to be home. Paul-O's band opened up for Edguy. He came up to me after and he said: "Hey, are you Amanda Somerville?". Since then we kept in touch and I thought that he was a fantastic guitar player, so now I have him in my band!

Simon Oberender, who plays keys for Trillium, was an apprentice at the Gate studios several years ago, I think in 2005 or 2006. That's how I met him. He is a master sound engineer. He's got his degree, which is a very very prestigious job in Germany. It's a difficult degree to get. He studied with Phillip Krause who's playing drums, so when I needed a drummer, Simon said: "I know this guy, he's fantastic!". It's also quite a rarity to have two masters of sound in the band. It's perfect because if anything goes wrong, they save us. (Laughs)

What do you usually do before going on stage? Do you warm up or...?

AS: Yeah. Sometimes I'm bad... I get lazy and I'm not warming up because there are too many people around, which shouldn't matter... But especially when your voice is a little strained or you're sick, you have to warm up, it's essential. Usually, I just try and take my time. I enjoy getting ready, getting dressed up and doing the make-up. It's fun! (Laughs)

 

 

Let's talk about "Alloy" now. Why have you decided that it was time for you to make a Metal album, after so many years working for and with the Metal people?

AS: Actually the turning point came in 2007 and 2008, first of all when I was doing the project HDK with Sander. He asked me to help him out with his project and it became like a duo project because we were both so heavily involved in the music, and I totally fell in love with everything. We just had such a great time while performing and writing. We were in the zone.

Then, when Simone Simons has got sick, Epica asked me to fill in for her on their North American tour, and I had a wonderful time performing the music live. Of course it was natural for me to do that because I had co-written their songs. All the songs were also mine, I'm kind of the "not so secret" seventh member of the band. But performing on stage in front of the audience was a big turning point. And then I went on tour with Avantasia.

Since then, the music that I had been writing was progressively heavier and darker, and I was planning on having more songs like Inner Whore and Out from "Windows", be part of my new solo album. But then I thought: “Why not make it totally separate?” Because sometimes you like to throw in a jazz song or reggae song... Whatever I wanna do, I want to be able to do it without having to explain or apologize to anybody. I decided to make a solo Metal project to keep it straight. So it's clear cut for the fans and for me. That's how Trillium was born!

How did you, Sascha (Paeth) and Sander proceed to compose the first album? Did you give any directions beforehand?

AS: I give all the directions! (Laughs) There's a reason that I've never been in a band - I'm first and foremost a solo artist: I'm little bit of a control freak. Although I enjoy working together and projects, and have no problem working with a producer, I definitely know exactly what I have in mind for my music. That's what I actually like about working with Sander and Sascha: we match so well together. Since they're guitars writers and they approach song writing and playing from a total different angle that I do as a piano player, it rounds everything out, and we complement each other. In a band situation, ooh... My songs are my songs! (Laughs) I'm not good at sharing in that respect. I think being in a band is like being married to five or six people. It's hard enough having been married to one. (Laughs)

Most of the songs on the album started out as a piano vocal demo. I write on my stuff on piano - I'm not a guitar player. Then I would give that to Sascha. Some were pretty much finished instrumentally, but there were some songs like Bow to the Ego which didn't have a real chorus, so we would rearrange them.

I definitely knew where I wanted to go with this stuff and I have a vision for the music.
 

Is there one song in particular that you really like to perform on stage?

AS: Oh... I don't have favourites, honestly. I love them all and each one is unique and special in its own way because it has a different background. Some are about my own life, experiences, relationships and observations, and some are dreams I had or scenarios that I thought up. They're fun to act out, even if some are very heavy angry songs... But somehow, it's therapeutic to get back in touch with those and to cleanse it. I think that way, you're constantly cycling through your emotions and cleansing them out of your body. It's like talking to somebody about something that bothers you, or writing a letter to somebody even if you don't send it... It's cathartic! There's not one particular song that's my favourite, they're all like children to me.
 

 

Three months ago you toured for the Rock Meets Classic concerts again; could you briefly explain what these concerts are exactly? Do you have a special role in it, and how did you end up touring with them some years ago?

AS: Actually I got that job because of working with the producer Mat Sinner on Kiske/Somerville. He's the one who got me involved in the project. Our working together went so well that he said "I've got this new thing going, I'd really like it if you would be a part of it".

That was great because you're on stage with these legendary people, like Steve Lukather, Ian Gillan or Dan McCafferty, singing their greatest hits. It's so incredible and I couldn't turn something like that down. I also had a solo spot; there was a song that I could sing by myself or a duet feature. I'm the choir leader so I was singing on any extra part. It was really a win-win situation for me.
 

Sander Gommans is working on a second HDK album. Is there anything you can say about it yet?

AS: This time it's a bit different than the first album. There aren't so many guest collaborations. There's going to be one main male singer named Geert Kroes from a band called Dead Man's Curse. He's a fantastic vocalist. Sander got working with him more and more. Then of course Sander and myself are part of it for the song writing and the vocals.

That's going to be musically and stylistically a little bit different. It's still heavy, however it's a little more in Sander's After Forever style, just some influences. Obviously it's totally different but Sander has a particular style writing anyway which always comes through. It's funny because a lot of people have told me that Trillium sounded so much like After Forever... 

Because of his style...

AS: Because of his style, yes. I think it's very different but I can understand if people see similarities.
 

Maybe just on Bow to the Ego, otherwise I don't really see the similarities...

AS: Yes, it's funny because somebody said Utter Descension sounded totally like After Forever... That wasn't even written by Sander! (Laughs) People always find what they're looking for. But hey, if it's positive for them, I take it as a compliment.
 

Let’s go back many years ago: your first solo album, "In the Beginning There was" was released twelve years ago. What do you think of it today?

AS: Aah... It's a bit like seeing yourself with a bad perm when you were in Junior High School. It's difficult for me to listen to it from a production and a professional stand point. Oh! I was so very green. And the production quality isn't that great, my song writing was totally different back then. But hey, it's exactly as the title suggests: that was "the beginning" and this is what "there was" back then! So I'm also proud of it because it was the platform from which I grew as a musician. You have to be proud but... I'm glad it's back then. (Laughs)
 

You saw the band Epica grow bigger and bigger, year after year. As you said, you’re like their seventh member! What do you think of their evolution and the writing process?

AS: It's like any band: as you progress, you grow, you change, your style is a little bit different and you may want different things from music. I think they've stayed pretty true to themselves stylistically from the beginning. It's been fun to be part of the process and to watch them grow and become what they are today.
 

Speaking of Epica, the band will play in the MFVF, and so will Trillium! What do you think of this festival? Should we expect a duet with the band?

AS: Who knows? The sky is the limit. I think it's great. We've been colleagues for so many years, so I guess it's only natural especially since the European symphonic Metal scene is so "small"... (Laughs) that we end up playing in the same festival. It will be a good time.
 

 

What are your plans once the tour with Delain is over?

AS: We're working on that, working on keeping the ball rolling, getting more shows booked... We were asked to play some festivals. We're very happy with the crowd's response. The future looks really good!
 

 

That will be my last question: what do you like to do when you're not on tour somewhere or working in the studio?

AS: Oh goodness! It's rare that I'm not on tour or in the studio... I like to do lots of things. I love to ski, love to bike ride... Music is so much a part of my life, it's my career, it's my hobby, it's my passion... I'm always doing something with music, whether it's just playing on the piano or just singing, writing songs... I also love to write in general, I keep journals and write short stories and poems... I have a dog, Blitz, that you might have seen before. Blitz and I do a lot of things together. We go bike-riding, roller-blading... He loves to swim and he loves to sing as well! (Laughs)
 

You're a good teacher!

AS: Yes... And also I like travelling and seeing friends and family, that's the most important thing to me.

 

Many thanks to Paul Simons and Amanda Somerville for their patience and interest!

 

*Last May, 11 at l'Alhambra

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