/// Interview de Autolyse

Publié le 31/12/2004 par Doll

Rares sont les musiciens français ayant plusieurs cordes à leur arc. Non ? Et bien dans le milieu du Metal Extrême, si. Pas évident lorsque l’on est musicien au sein d’une formation de Black Metal qui ne doit plus rien à personne depuis 10 ans et que l’on se lance dans des side projects loin, très loin des sentiers battus et martelés par les démons du Metal.

Sagoth et Thorgon, respectivement bassiste et batteur d’Eternal Majesty, eux, ont osé en créant Autolyse, leur formation de Dark Electro. Et les deux musiciens ont même poussé le vice en sortant une première autoproduction de grande classe ; le split album Habacus Hordes / Autolyse déjà chroniqué ici bas. Encore mieux : non satisfaits de travailler entre eux, sans se préoccuper des dires des uns et des autres, nos deux créateurs sont également à l’origine de la mise ne place de Diahableries (présidé par un autre tordu des sonorités incongrues : HssH) qui cumule les statut d’association et de webzine.

Une rencontre avec les deux maîtres de cérémonie d’Autolyse s’imposait donc.

MF : Salut à vous deux ! Pour commencer, j’aimerais que vous nous éclaircissiez un peu les idées au sujet d’Autolyse. D’où vous est venue cette motivation à l’origine du groupe ? Quelle est la date de naissance officielle d’Autolyse ? Faites nous un petit résumé de la genèse et des premiers pas du groupe.

Thorgon: Le projet est né naturellement, en fait nous avions travaillé chacun de notre côté des morceaux electro sur divers logiciels, on s'est ainsi rendu compte que le tout était cohérent et c'est de là que sont parties les autres compositions.

Sagoth : La scène electro indus a toujours eu une place importante pour Thorgon et moi et notre intérêt pour l’art musical nous a toujours poussé vers des expérimentations plus ou moins réussies. Autolyse est né naturellement comme le dit Thorgon. Nous avons tout simplement mis en place ce qui aurait du être une formation indus qui n’a pas encore vu le jour faute de musiciens sérieux, pour devenir un projet electro plutôt expérimental…
Nous ne baissons pas les bras, et avons peut être une ouverture avec un ancien pote qui devrait nous aider dans nos futurs projets. Nous n’allons pas arrêter nos expérimentations en si bon chemin, affaire a suivre…

MF : Autolyse n’a plus rien à voir avec ce que vous faites au sein d’Eternal Majesty ou ce que vous avez pu faire avec d’autres groupes de Metal. J’imagine que vos influences musicales pour Autolyse sont différentes de celles qui inspirent votre travail plus metallique.

Thorgon: Oui, en effet, elles sont différentes dans Autolyse. Il y a bien sur des influences electro comme Suicide Commando, :Wumpscut: ou de vieux groupes tels que Sisters of Mercy, mais aussi des inspirations plus Metal comme NIN ou bien des projets tels que Diabolos Rising ou encore Diabolicum. J'aime aussi m'inspirer des B.O de films en général comme celles de Carpenter par exemple.

Sagoth : Il est vrai qu’Autolyse est loin de ce que nous avons fait jusqu’à présent. Pour moi l’inspiration n’est pas loin de ce qui peut motiver le travail d’ Eternal Majesty ou d’autres projets dans lesquels j’ai oeuvré, la forme est différente, mais le fond reste proche. Les groupes comme Systers of Mercy, Suicide Commando, Rosa Crux, Collection d’Arnelle, Tamtrum ou Darkthrone sont, quoi qu’il arrive, présents dans mon travail mais pas sous la forme de plagia (enfin j’espère !) Je reprends juste les atmosphères et les retranscris à ma façon…

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MF : A en croire les titres du split album et le artwork, votre thème de prédilection semble tourné autour du suicide. Exploitez vous d’autres sujets ? Avez-vous une opinion précise et claire sur l’autodestruction en générale ?

Thorgon: Certain pensent être originaux lorsqu'ils pratiquent l'autodestruction alors que finalement c'est une pratique très courante dans notre société actuelle, c'est un peu le reflet de la façon dont les gens ressentent le monde dans lequel ils vivent. L'autodestruction prend ainsi des formes différentes selon les milieux et les moyens ; drogue, automutilation, travail, vieillesse, suicide... Concernant Autolyse, puisque c'est un projet plutôt personnel, c'est le côté « suicide » qui est le plus récurant. Pourquoi le suicide ? Par définition, « autolyse » est un terme utilisé par les médecins légistes lorsqu'il est question d'une mort provoquée par la personne elle même. Apres on ne fait pas forcément l'apologie du suicide ni de la mort, tout dépend de ce que chacun veut faire de ça vie Le concept du groupe est basé sur cette phrase qui est le titre de notre partie du split "Life won't wait, so make your choice", en gros Autolyse met l'auditeur face à un choix, une sorte de remise en question. D'autres sujets... oui sur la prochaine prod, dans une espèce de continuité, nous allons étaler le sujet a un autre niveau... l'après suicide et toutes les questions qui en découlent, enfin ce n'est pas encore bien défini.

Sagoth : Comme le dit Thorgon la ligne directrice de notre création se situe plutôt autour de cette phrase « life wont wait so make your choice » qui est, a mon avis, lourde de sens. Nous avons mis en scène une imagerie qui tourne autour du suicide parce que cet acte nous paraissait être le choix le plus lourd de conséquence par rapport à la vie. Ici aucune apologie, nous avons juste une approche artistique face à un sujet d’actualité… Passer à l’acte reste une décision que beaucoup gardent enfouie pour finalement mettre en œuvre ce moment programmé et pensé tous au long d’une vie. Le suicide reste à mes yeux un acte et un choix étrange face à la vie …

MF : Une question qui va intéresser les spécialistes du genre : sur quel type de matériel travaillez vous ? Votre façon de concevoir un titre d’Autolyse est elle différente de la façon dont vous pensez un titre de Metal avant de vous attaquer concrètement sa composition ?

Thorgon: L'essentiel de la musique est faite sur ordinateur avec divers logiciels et claviers. Chacun travail de son côté et une fois la base travaillée on se propose mutuellement les morceaux et nous travaillons sur la finalisation de ceux-ci. Les chants sont rajoutés à la fin avec tous les arrangements (samples etc...)

Sagoth : Un travail rythmé par du café et de longues soirées seul face a des machines, des logiciels… Le matériel nous importe peu car nous n’avons pas beaucoup de moyens, nous travaillons avec tout ce que nous pouvons et savons utiliser… Notre seule préoccupation reste le son et les compos que nous pouvons sortir de tout ce bordel !

MF : « Life won’t wait so make your choice » est votre première autoproduction que vous partagez avec Habacus Hordes. Le disque est sorti au début de l’été. Quelles en sont les « retombées » constatées pour le moment ? Quelles critiques ont été faites ? Avez-vous fait un choix précis dans la façon de faire sa promo, sa distribution… ?

Sagoth : J’avoue avoir été agréablement surpris par les retours de la scène electro / indus face à notre travail ! Les échos sont plutôt positifs pour le moment et notre première prod a reçu pas mal de bonnes chroniques. Le projet est jeune mais nous travaillons pour le faire avancer. J’en profite pour remercier des structures comme la votre (NDLR : Et bien de rien l’ami, nous sommes là pour ça !), Sanctuary, Axessecode, Pavillons 666… et j’en passe, pour le soutien de projets expérimentaux !

MF : La musique d’Autolyse est enrichie par trois « voix » extérieures aux groupes. Pouvez vous nous en dire plus sur la participation de ces trois personnes ? Pourquoi ne pas avoir fait le choix d’assurer vous-même les parties de chant ?

Sagoth : Avec Thorgon nous avons préféré faire appel à des personnes autres pour faire les voix sur notre premier jet mais rien ne dit qu’à l’avenir l’un de nous ne chante pas pour Autolyse. Nous avons choisi de tout composer et de suivre nos envie pour les voix. La volonté d’opter pour un line up non fixe a pour but de diversifier nos compositions et nous aimons travailler avec diverses personnes et, ainsi, exploiter tout ce qui nous environne. La voix de EX devrait apparaître sur nos prochaines prod et nous avons déjà une alto qui devrait rejoindre le projet. HssH va certainement être une fois de plus de la partie, et nous étudions avec Thorgon la possibilité d’incorporer d’autres types de voix féminines pour grandir nos atmosphères, enfin on verra ça le moment venu pour l’instant nous travaillons la base sonore de notre Album…

MF : Musicalement, votre travail dégage quelque chose de très sombre (que le artwork surenchérie d’ailleurs parfaitement) mais aussi de très « ambiant », malsain sans pour autant être hystérique. Il serait difficile de danser sur du Autolyse comme on peut le faire sur du Suicide Commando par exemple. Est-ce un choix artistique que vous souhaitez approfondir ou les prochains titres d’Autolyse seront-ils plus « dancefloor » ?

Thorgon: C'est peut être du à nos influences metal qui ressortent... Il y a quand même un titre qui ferait très bien l'affaire pour des soirées ; je pense à « Rope » en particulier, mais c'est vrai que l'ensemble n'est pas très "dance floor". Les prochains seront dans la même lignée, ceci dit comme il y aura plus de titres cela créera plus d'équilibre entre les morceaux dit "dance floor" et les titres plus "ambiants".

Sagoth : Il est vrai que la question de créer des morceaux « dance floor » n’est pas une question que nous nous sommes posée. Nous avions envie de faire une musique comme nous savons la faire et le résultat en est cette ambiance que tu retrouves sur le cd, mais il est vrai que « Rope » sonnerait bien en soirée (rires) !

MF : C’est « l’espace pub », dites nous quelques mots au sujet de votre association « Diahableries ».

Sagoth : Comme Autolyse, Diahableries a vu le jour naturellement à la suite d’une discussion que nous avions eux avec HssH. Lui était déjà encré dans ce milieu avec Hail Satanas et Habacus Sucaba (NDLR : deux des projets musicaux du dit personnage). Nous lui avons proposé notre aide pour la mise en place du projet Diahableries et nous avons tous les trois fondé cette association qui a pour but de promouvoir les groupes d’electro / indus et musique expérimentale en France. C’est une façon pour nous de soutenir et d’épauler les groupes, ou projets hors normes, une façon d'œuvrer pour cette musique et ces courants artistiques qui nous paraissent importants. Pour plus d’infos sur nos activités visitez notre site http://www.diahableries.shorturl.com

MF : A quoi doivent s’attendre les fans pour la suite de votre chemin de croix ? Je vous laisse le mot de la fin…

Sagoth & Thorgon : Tout d’abord merci pour cet entretien ! Quant à nos fans, ba s’il y en a merci de nous soutenir ! Pour ce qui est de notre futur, nous ne nous avançons pas, on a tellement de travail sur tout ce qu’on veut mettre en place que nous préférons les laisser découvrirent au fur et a mesure du temps, qu’ils prêtent déjà une oreille sur le split C.D Habacus Hordes / Autolyse, la suite ne se devrait pas se faire attendre trop longtemps …

http://www.diahableries.shorturl.com
http://membres.lycos.fr/autolyse/

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