/// Interview de DEEp IN HATE

Publié le 05/07/2014 par olivier no limit

DEEP IN HATE et leur nouvel album "Chronicles of Oblivion". un groupe estampillé deathcore mais qui va bien plus loin. Sincéres et déterminés. D'où cette interview

1.Né en 2003, vous etes toujours là, malgré des changements de personnel assez importants; pourriez vous en quelques mots présenter l'évolution musicale de votre deathcore, si evolution il y a.?
Florian (guitares) :

En effet, le groupe existe depuis longtemps.

Cependant, il a mis du temps à trouver son style et son line-up.
La vie du groupe commence réellement en 2008 avec la sortie du premier album Only the Strong Survive, puis un nouveau line-up relance la machine en 2011 avec notre second album Origins of Inequality, jusqu’à la sortie aujourd’hui de Chronicles of Oblivion.

La stabilisation du line-up a permis à la musique de mieux se « cadrer ». Cette fois nous sommes plus allés dans l’essentiel, dans de l’écriture de chansons à proprement parler, qui sont devenues moins « progs » avec le temps.

 

2. j'ai dit de votre dernier album "Chronicles of Oblivion", je cite: un mélange de modernité, d’ambiances froides, mécaniques et violentes découpées au scalpel, le tout servi par un jeu aux contours parfaitement maitrisés." est ce une bonne définition.?

 

Ca sonne bien énervé en tout cas !
Ca définit plutôt bien notre musique, mais tu insistes sur le côté froid et mécanique et j’espère qu’il y a un peu de chaleur malgré tout dans cet album et une ambiance qui, même si elle est sombre et oppressante, donnera envie de s’y replonger à plusieurs reprises.

 

3;comment se passe le travail de composition chez vous?

 

La composition est principalement le travail des deux guitaristes, auquel s’ajoutent les influences et personnalités des autres. Vince (guitariste lead) crée de son côté des riffs et mélodies qui vont bien ensemble, et cela fait notre matériau de base. Je récupère tout ça, et j’en fais une chanson en mettant en place sa structure et en faisant les arrangements, avec à ce stade le travail sur la batterie et la basse qu’on attaque en profondeur, en compagnie de Bastos (batterie) et Camille (basse).
Enfin, on rajoute le chant en dernier sur la chanson instrumentale finie.
Matt (chant) écrit ses textes en français, et on les traduit ensemble en anglais afin de clarifier son propos.

 

3.pour vous avoir vu l'autre soir à la Laiterie (strasbourg) vous étiez avant ARCH ENEMY, . pas évident de mélanger un style comme le votre avec du death mélo. Dans le public il y en avaient qui ont vraiment aimé et d'autres pas du tout. cependant ce qui ont aimé se sont manifesté fortement; alors la question: votre musique est assez avant gardiste. quelle accueil recevez vous d'ordinaire?

 

Avant-gardiste? Je ne crois pas, ou en tout cas je n’en ai pas du tout la prétention, et nous flatterais !
Non, le fait est que nous ne faisons pas du tout le même style qu’Arch Enemy et donc il est possible d’avoir, parmi les gens venus les voir, des gens sensibles à un autre style plus moderne comme le nôtre et d’autres non… C’est le risque inhérent à faire l’ouverture de gros groupes : doit-on se limiter à partager l’affiche avec des groupes « comme le nôtre », ou non ?
L’accueil des gens a été positif sur l’ensemble des trois dates, donc nous avons eu notre réponse : il faut compter sur l’ouverture d’esprit des gens qui aiment le Metal au sens large, quitte à ne pas plaire à tout le monde c’est certain. On a fait notre truc à fond, et nous ne l’avons pas regretté !

 

4. il y a un truc qui m' a marqué pendant votre set, c’est la tronche d’un des gratteux. Pendant les essais, petites lunettes, visage d’un mec qui faisait presque timide. Pendant le set, plus de lunettes et une tronche vraiment possédée, transformée, le diable en lui. " est ce ainsi que vous ressentez le metal, en sachant que le diable n'est qu'une image?

 

 Ahah, je peux t’en parler, puisqu’il s’agissait de moi.
En fait, c’était une tournée assez folle, avec plein de problèmes techniques et beaucoup de kilomètres. Parmi les petites anecdotes, il s’avère que j’avais oublié mon produit pour lentilles et que je n’ai jamais eu le temps d’en acheter pendant la tournée. Et je déteste avoir mes lunettes. Tu rajoutes ça à la fatigue que l’on ressentait tous et tu comprends pourquoi au début je faisais cette tête là.

Mais quand le set démarre on oublie tout et on vit le truc à fond, c’est hyper puissant d’être sur scène et de jouer du metal, ça transcende tout le reste.
Je peux pas rester insensible dans ces moments là et c’est pareil pour tous les membres du groupe.

 

5;comment pour l'instant , votre album a t il été accueilli?

 

Plutôt bien, mais parfois de façon controversée évidemment.
Certaines personnes restent collés à l’étiquette « deathcore » qui nous est parfois apposée. Elle ne me gêne pas (j’adore des groupes comme Whitechapel et Despised Icon), mais on fait du Death metal avant tout il me semble…
D’autres nous accordent de la valeur dans notre tentative de faire honneur à nos origines death en les modernisant et en y intégrant, en effet, des influences deathcore.

 

6.vos projets à court terme ?

 

 A court terme, faire de beaux fest cet été, et plannifier une grosse tournée pour la promotion de l’album !
On aimerait accompagner un gros groupe lors de sa tournée européenne, pour élargir notre public et nous faire plus connaître hors des pays francophones. J’espère que cette tournée pourra avoir lieu fin 2014 ou début 2015 !

 

7. vivez vous un peu de votre musique?

 

 Bastos (batterie) oui, il est musicien à temps plein. Les autres non, bien que Vince (lead guitare) et moi nous donnions des cours de guitare en plus de nos activités principales.

 

8.question que j'adore poser, pourquoi faites vous du metal?

 

Pour draguer les nanas évidemment ! (rires)
Non, je crois que c’est parce qu’on est tous tombés dedans étant petits.

Par exemple moi j’ai creusé la musique assez tard, j’ai commencé la guitare dans la foulée et mes premiers morceaux étaient du Nirvana et du Metallica. De là, tu as le grand frère qui entre en jeu et…. Te voilà bientôt à former ton premier groupe de thrash !
Bref, on y tombe de la sorte et on ne le lâche plus parce que ça fait partie de nous, et que c’est si puissant, si passionnel. Peu importe de savoir si je vais en faire ad vitam eternam, pour l’instant c’est ce qui me fait vibrer.
Le metal a une identité tellement forte que si tu y adhères et que tu trouves en quelque sorte ta propre identité dedans, tu as du mal à le lâcher…

 

9;votre pire moment, votre plus mauvais?

 

 Le ou les pires moments arrivent quand ‘’la vie’’ te donne l’impression que tous tes efforts et tous tes sacrifices sont vains.
Si tu te déplaces loin et qu’il n’y a pas personne à ton concert, tu perds conscience du pourquoi tu fais tout ça.
C’est magique de pouvoir monter sur scène, de rencontrer le public et de partager leurs impressions, de parler musique en général… Mais ça implique des sacrifices au quotidien et une vie « différente », il ne faut pas l’oublier. Ces sacrifices sont assumés 90% du temps, mais quand tu as ponctuellement l’impression que rien n’avance comme prévu, tu doutes.

Ce sont ces moments les pires ennemis du musicien.

 

10.votre regard sur la scéne française metal actuelle?

 

J’aime bien ce qu’il s’y passe.
A mon sens, il y a ce sentiment de pouvoir enfin faire jeu égal avec d’autres groupes internationaux. L’effet Gojira, sans doute, qui prouve que le metal français a du talent et peut s’exporter.
Les groupes sont totalement décomplexés et de belles carrières se dessinent, on verra si le temps confirme ou non !

 

11.quelque chose à rajouter?

 

 Merci pour cette interview et pour ta chronique, vraiment.
J’espère qu’on se recroisera lors de prochains concerts, sans lunettes cette fois !

Enfin, merci à tous d’avoir pris le temps de me lire, et j’espère que les lecteurs auront la curiosité d’aller découvrir notre album et notamment les deux clips tirés de celui-ci visibles sur Youtube, New Republic et Altars of Lies.

Merci !
 

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