/// Interview de DEFICIENCY

Publié le 15/11/2013 par olivier no limit

DEFICIENCY: un groupe de thrash qui monte, qui monte.

Leur deuxieme album, The Prodigal Child ,montre des possibilités et un niveau professionnel que n'aurait pas laissé présager leur premier cd "state of disillusion". ils sont passés d'un heavy metal old school à quelque chose de plus diversifié , moderne et d'un niveau musical sans contreverse.

Ils passent au GRILLEN (COLMAR) le samedi 16 novembre !

INTERVIEW de DEFICIENCY par METAL FRANCE - Olivier No Limit

Entretien avec Laurent Gisonna (Guitare Lead / Chant)

1. Salut. Peux-tu nous donner en quelques mots la genèse de ton groupe. Qui en a eu l’idée, quelles sont vos influences ?

 Laurent (Guitare Lead / Chant) : Salut ! DEFICIENCY a vu le jour courant 2008. J'avais une formation Metal auparavant, qui était à ce moment en cours de restructuration. Du fait du changement de line-up et de l'orientation musicale qu'allait prendre le projet, nous avons décidé en 2009 de partir sous de nouvelles bases et donc de renommer le groupe. Un nouveau départ en quelque sorte!
Nos influences sont assez diverses. Je citerais en premier bien sûr la scène historique du Thrash Metal des années 1980, à savoir celle de la Bay Area californienne, mais aussi le pendant germanique du genre. Nous ne sommes pas restés bloqués musicalement dans les eighties, nous suivons avec beaucoup d'intérêt les scènes Metal actuelles, et sommes assez friands au sein du groupe de Death Mélodique, de Metal Progressif voire symphonique pour certains. Je pense que c'est ce mélange d'influences greffées à la base Thrash qui anime notre musique qui fait le son et le style de Deficiency.

2. Votre deuxième album se démarque du premier. Plus moderne, moins dans le carcan du thrash traditionnel. Pourquoi cette nouvelle option ?

 Cela n'a pas vraiment été volontaire ou réfléchi. Ca s'est fait naturellement. Comme je viens de le dire, nous continuons à écouter du Metal , Old School comme New School, et sommes influencés aussi bien par les anciens que par la nouvelle vague! C'est vrai que cet album est plus moderne que le précédent, mais je pense que c'est une évolution logique pour nous. Nous n'avons jamais revendiqué notre musique comme étant Old School et figée. Nous évoluons en tant que fans de Metal, en tant que musiciens. Notre musique évolue alors en même temps!

3. Musicalement, techniquement parlant, vous avez avancé à pas de géants. Comment s’est passé ce cap via ce que l’on peut appeler quelque chose de plus professionnel ?

 Nous avions vraiment dans l'idée de proposer l'album le plus professionnel possible, tant au niveau du son que du visuel. Les morceaux ont été bien plus travaillés, peaufinés que par le passé. Nous avons pris en considération les remarques ou critiques faites sur notre premier album dans l'optique de progresser. A côté de cela nous avons tous pris du niveau en tant qu'instrumentistes, mais aussi en tant que compositeurs. Lorsque je compose un morceau, j'ai une oreille plus attentive autour des sonorités, de la structure et des mélodies. La base Thrash est conservée, de même que son énergie, mais le moule est différent, bien plus abouti aujourd'hui!

4. Comment s’est déroulé le travail de composition, ainsi que l’enregistrement de votre deuxième opus ?

 Je compose de manière générale l'essentiel des morceaux chez moi, et propose alors une première ébauche aux autres membres du groupe. En répétition, chacun expose son opinion, ses idées. Certains morceaux sont restés quasiment en l'état, mais d'autres ont considérablement évolués au moment de les travailler à quatre. C'est là que le travail d'équipe, de groupe, prend toute son importance. Je n'ai que très peu de recul sur ce que je compose seul, et les autres membres du groupe ont ce regard extérieur, cette fraîcheur vis-à-vis des morceaux que je n'ai pas. C'est un processus indispensable de la composition!
Pour ce qui est de l'enregistrement, nous avons du conjuguer selon plusieurs facteurs : le choix du studio, la disponibilité des studios selon notre emploi du temps, la date de sortie de l'album, et évidemment le budget! Pour nous tout s'est passé pour le mieux à ce niveau! Nous avons travaillé avec les personnes qui étaient nos premiers choix. Les prises de batterie ont été réalisées au Kid Studio, tout près de Strasbourg, à une centaine de kilomètres seulement de notre local de répète! Jonathan a fait du très bon boulot durant les quatre jours de prises.
Pour le reste, nous avons confié l'enregistrement des guitares, de la basse et du chant à David Potvin du Dome Studio à Angers. Nous y sommes restés deux semaines, riches en émotion! David est un producteur spécialisé dans le Metal, c'était une des conditions qui allait guider notre choix. Il est notamment l'artisan du son de ses groupes Lyzanxia, One Way Mirror, Phaze One, mais aussi de T.A.N.K. ou Under The Abyss par exemple. C'est un mec attentif, aguerri, professionnel, mais aussi très sympathique et déconneur! Le mixage et le mastering lui ont également été confiés, et le résultat est excellent!

5. Quels sont pour l’instant les retours quant à votre nouvel album, aussi bien de la part de la critique que de l’accueil sur scène ?

 Les retours sont tous très bons! Pour le moment, la presse, les médias web trouvent l'album à leur goût, pourvu que ça dure! Le public répond également présent sur notre début de tournée et se montre aussi enthousiaste, c'est vraiment cool ! Cela nous motive de voir d'aussi bonnes retombées aujourd'hui. La pression quant-à l'accueil de l'album est largement retombée!

6. Sachant que vous ne vivez pas de votre musique, comment arrivez-vous à concilier votre vie musicale et votre vie professionnelle et intime ?

 Comme l'immense majorité des groupes aujourd'hui! Nous avons tous un boulot, mais à côté de cela, nous avons une passion commune et dévorante pour la musique. Réaliser cet album a été un investissement très important, sur le plan personnel car gérer un groupe quasiment de A à Z est très chronophage, mais aussi sur le plan économique car nous avons intégralement financé l'album sur nos propres deniers. Les sommes engagées ont été très importantes, mais nous voulions faire les choses bien et ne regrettons rien. Nous sommes presque tous dans le milieu de l'éducation, et avons donc des périodes de vacances assez régulièrement qui nous permettent de nous consacrer à la musique. C'est sûr, parfois on passe pas mal de temps à travailler pour le groupe, ou à partir plusieurs jours pour donner des concerts, mais nos copines sont compréhensives (pour le moment^^), donc pas de souci là-dessus!

7. quel est ton regard sur la scène metal française et internationale ?

 Vaste question... Le Metal en France connaît indéniablement une formidable ascension. Les groupes sont de plus en plus nombreux, le niveau a sérieusement grimpé ces dernières années. La France n'a jamais vraiment permis aux jeunes talents de décoller (je parle du Metal évidemment), et ce n'est pas avec ce bouillonnement de groupes, tous aussi bons les uns que les autres, que cela va changer. Il est très difficile de se faire une place sur la scène nationale tant le nombre de formations est important. L'évolution des technologies permet de sortir un album plus ou moins facilement (via un enregistrement en Home Studio par exemple), et la visibilité sur les réseaux sociaux est devenue très importante et accessible. Comment sortir du lot? Je n'en sais rien, mais je pense malheureusement que la qualité de la musique et la détermination des musiciens n'est plus suffisante aujourd'hui.
Au niveau international, curieusement je pense que les scènes professionnelles et underground sont assez liées. Les groupes, même les plus établis, vendent de moins en moins d'album. Ils doivent donc tourner beaucoup plus intensément que par le passé pour continuer à vivre de leur musique. Cela est très bénéfique pour le public, qui peut aller voir et soutenir bien plus souvent ses idoles, mais ce "système" fait souffrir les "petits" groupes de la scène underground qui sont souvent éclipsés par ces têtes d'affiches qui viennent jouer un peu partout. Le public préfère bien souvent consacrer son budget concert pour aller voir un ou deux concerts avec une pointure en haut de l'affiche plutôt que de venir soutenir les petits groupes dans des clubs ou salles plus modestes. C'est tout à fait logique, et nous ne pouvons en aucun cas en tenir rigueur aux metalheads, mais c'est aussi dommage car ces groupes moins renommés ont besoin de ce vivier underground pour un tant soit peu décoller.

8. une question que j’aime à poser : pourquoi fais-tu du metal ?

 Parce que j'aime ça ! C'est le seul style de musique qui réussit à me procurer les émotions les plus fortes et les plus diversifiées! La tristesse, la violence, la rébellion, l'intensité, la beauté d'une mélodie... Tout y passe!

9. votre meilleur souvenir, votre plus mauvais

 Nos meilleurs souvenirs de concerts? Je citerai notre ouverture pour EVILE en juin dernier, nous sommes fans de ce groupe et se retrouver la même scène qu'eux, discuter avec ces mecs, c'était juste génial! Le concert de Release de notre album a été aussi énorme! Une grosse scène où nous avons pu mettre en place un visuel scénique imposant, un public qui répond présent, tout était réuni pour fêter comme il se doit la sortie de "The Prodigal Child"! Ou plus récemment notre concert à Brest, à l'exact opposé de notre Moselle d'origine! Un accueil merveilleux de l'asso Destrock, un public fantastique et chaud bouillant, ça fait bien plaisir!
De mauvais souvenir, nous n'en avons pas vraiment car nous essayons de tirer toujours le positif de nos lives, même quand nous jouons devant une salle quasi vide! On en rigole par la suite!

10. quelque chose à rajouter.

Merci à toi pour cette interview, pour la tribune que tu nous permets d'avoir pour parler de Deficiency!
Un bonjour à tous les lecteurs et un gros merci au public qui est de plus en plus nombreux à nous soutenir, et à soutenir le Metal de manière générale!!!

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