/// Interview de DESILLUSION

Publié le 04/09/2008 par Gegers

Desillusion vient de jeter un pavé dans la mare avec son second album, 'Esprit Maudit', qui voit le groupe mêler avec bonheur un heavy traditionnel hérité des années 80 et une production et des propos résolument modernes, pour un résultat fantastique! Entretien.

MF : Désillusion a été créé en 1999, mais il faut attendre 2004 pour voir une première trace discographique. Comment le groupe s’est-il mis en place, et que pensez-vous avec le recul de votre premier album ‘Vision d’apocalypse’ ?

Notre formation a subi quelques changements durant ces premières années, nous n’étions sûrement pas prêts, c’est pour cela qu’il nous a fallu un peu de temps avant de sortir notre premier enregistrement. Dés l’arrivée de Sébastien, tout s’est accéléré : concerts, enregistrement de Vision d’Apocalypse, site internet... C’est lors d’un concert que nous avons fait la connaissance de Félix qui était déjà fan du groupe à l’époque, il n’a pas mis longtemps pour s’intégrer. Pour ce qui est de Vision d’Apocalypse, nous sommes tous conscients que ce n’est pas un très bon produit, mais vu le peu de temps et de moyens que nous avions, nous avons fait pour le mieux. Il faut dire que pour la plupart d’entre nous c’était la première expérience studio. Dans l’euphorie, nous avons brûlé les étapes mais nous ne regrettons rien car ce disque nous a permis de rencontrer plein de gens sympathiques et intéressants pendant ces quatre dernières années. Et surtout, il nous aura permis de retourner en studio pour ce nouvel album.

MF : Pourriez-vous nous raconter la génèse de ce nouvel album, ‘Esprit Maudit’, et comment vous en êtes venus à collaborer avec Marc Varez de Vulcain ?

Esprit maudit a été composé dans la foulée. Nous avions envie de remettre le couvert après notre première expérience studio. Quelques titres ont vu le jour pendant la promo de Vision d’Apocalypse, nous les avons ajoutés à notre répertoire. Les fans assidus du groupe connaissent déjà quelques titres de ce nouvel album. Bien sûre, nous avons dû, à l’arrivée de Félix, adapter les morceaux pour deux guitares, ce qui n’a fait qu’amplifier leur qualité et leur puissance. Pour ce qui est de la collaboration avec Marc nous avions déjà entendu parler de la grange 69 et lorsque nous sommes allés sur place et que nous avons rencontré le personnage, il y a eu une sorte de flash qui s’est produit (rire).C’est une personne très sympathique, humble et surtout très compétente, donc pour nous la décision était prise, c’était ici et nul part ailleurs que nous allions travailler sur notre nouvel opus.

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MF : Desillusion semble quelque peu nostalgique du heavy français des années 80, et cela s’entend dans votre musique. Quels sont vos groupes favoris de cette époque, et que pensez-vous de la scène française actuelle ?

Nous sommes, pour la plupart, fans de cette génération qui nous a fait rêver dans les années « 80 ». Des groupes tels que : Trust, Blasphème, Vulcain, ADX, Sortilège et bien d’autres encore… nous influencent et c’est légitime. La scène française a un potentiel énorme mais le manque de soutien des médias ainsi que le manque de structures font que des groupes méritant s’essoufflent et disparaissent. C’est bien dommage... Mais depuis peu, certaines manifestations nous sont proposées tels que le Paris Metal France Festival ou encore le Hellfest qui commencent à bien marcher. Nous sommes optimiste pour l’avenir car le Metal est en train de retrouver un nouveau souffle avec les générations à venir.

MF : Les paroles de vos morceaux sont généralement sombres et pessimistes, notamment ‘Précarité’. Où puisez-vous l’inspiration pour les paroles ?

Il n’y a pas vraiment de règles quand à l’écriture mais il est vrai que les textes ne sont pas gais. Pour précarité, par exemple, nous avons simplement fait une synthèse de ce qu’on peut entendre partout dans les conversations. Le pouvoir d’achat, l’Euro, la misère qui nous entoure. C’est un sujet de conversation qui revient sans cesse, nous ne faisons que le véhiculer à travers notre musique. Objectivement, nous ne sommes pas « pour » écrire des morceaux sur la société, nous préférons de loin les légendes ou le fantastique. Nous sommes victimes de notre inspiration qui, des fois, dévie un peu. En général, nous traitons des sujet qui nous inspirent une certaine désillusion !

MF : Vous traitez également de figures légendaires ou historiques. Jack l’Eventreur sur ce nouvel album, la Bête du Gévaudan sur le précédent. Y’a t-il une raison particulière à cela ?

Il n’y a pas de raison précise, nos textes sont écrits par rapport à l’intensité de la musique. Mais il est vrai que nous sommes passionnés par tout ce qui se rapporte aux légendes et autre fait historique inexpliqués. Les sujets ne manquent pas car l’inconnu est une source intarissable.

MF : ’Esprit Maudit’ est distribué en France par Brennus. Quels sont vos espoirs concernant ce nouvel album, et êtes-vous en contact avec des labels étrangers ?

Nous avons pris la décision de travailler avec Brennus et son illustre Alain Ricard car c’est pour nous la « marque de fabrique » en ce qui concerne le Metal Français. Il a fait énormément pour lui et ce n’est pas fini. Notre premier album était en vente dans son catalogue mais nous n’étions pas chez Brennus à l’époque. En ce qui concerne les labels étrangers, nous ne voyons pas l’intérêt de les démarcher étant donné que notre chant est en Français et que notre style n’est pas spécialement actuel. Il nous semblait plus judicieux de travailler avec le label français le bien nommé Brennus !!!

MF : Vous allez effectuer quelques dates d’ici la fin de l’année. Je suppose que vous avez tous des boulots. Parvenez-vous facilement à concilier travail et musique ?

C’est vrai que nous avons tous un boulot et que pour certain d’entre nous il y a la vie de famille qu’il faut aussi respecter, mais nous avons la chance d’avoir des compagnes qui suivent et qui sont assez conciliantes. Nous sommes conscients qu’il va falloir défendre ce nouvel album et que des sacrifices sont nécessaires pour la sortie du cd.

MF : Pourquoi avoir décidé de reprendre ‘Rock’n’roll’ de Led Zeppelin, plutôt qu’un autre groupe français ?

A vrai dire, c’est une reprise qui nous est chère car c’est un morceau mythique pour les fans de hard-rock. De plus, le titre a été enregistré en live ça représente vraiment ce que nous voulions faire : se faire plaisir et faire simplement ce que le titre raconte : du Rock’N’Roll. Il y a déjà le monstrueux Rock’N’Roll Secours avec Marc Varez à la batterie et notre bassiste Yvon au chant, donc en mettant une reprise en anglais, cela nous permettait de montrer une autre facette du groupe.

MF : Quels sont vos projets futurs ? Pensez-vous attendre de nouveau quatre ans avant de sortir un nouvel opus ?

Nous allons essayer de trouver des dates sympas pour tourner et faire la promo d’Esprit Maudit. Nous avons déjà quelques dates de prévues, et d’autres devraient se greffer d’ici là. Pour ce qui est du futur nous avons chacun de notre côté des plans qui serviront à la conception du troisième album. Mais il va falloir déjà se faire plaisir avec celui là et trouver le temps pour composer et mettre nos nouvelles idées en place. Pas de panique, on vous promet que l’attente ne sera pas aussi longue que pour ce dernier album.

MF : Pour finir, un petit mot pour les lecteurs de Metal France ?

Un grand merci à tous vos lecteurs de porter attention à notre musique et à bientôt sur scène. Longue vie à votre magazine et bravo pour ce que vous faites…Salutations Metalliques.

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