/// Interview de Destinity

Publié le 17/05/2008 par Seonadh

L'affiche du Tomawok Fest IV (17 mai 2008, Nice) avait subi un changement de programme: Hacride était remplacé par Destinity. Je les ai rencontrés après leur sound-check, où le son s'annonçait déjà énorme, avec quelques brefs extraits de leur dernier album, The Inside. Tous ont répondu à mes questions (sauf Morteus qui montait la batterie), mais surtout le (très!) bavard Mick.

Mick: Vocals
Zephiros: Guitares
Ponce: Guitares
David: Basse
Morteus: Batterie

MF: Salut! présentez-vous en quelques mots!

Mick: Ben, wwww.destinity.net! (rires) On s'est créé en 96, on a fait que des albums pourris au début, puis à partir de Synthetic Existence ça a commencé à devenir sympa. Au début c'était un peu plus Black, maintenant c'est plus Thrash-Death. On vient de sortir un album qui s'appelle The Inside, on a fêté nos 10 ans avec un DVD et on a fait pas mal de concerts!
David: Ben voilà, tu voulais en quelques mots, tu as eu la description la plus simple possible!

MF: Vous connaissez un succès croissant dans le milieu du metal français, surtout depuis Synthetic Existence, chacun a ses explications, mais quels sont les votres? Avez-vous l'impression d'y occuper une place importante depuis The Inside?

Zephiros: (Il hésite) C'est vrai que le regard général envers nous a changé. Mais on ne cherche pas vraiment le regard des autres, donc on n'y fait plus attention que ça.
David: Mais on a quand-même une plus grande attention des médias, on a des interviews dans les grands magazines, on est beaucoup plus demandé en concert...
Mick: C'est sûr, on ramène plus de monde aux concerts qu'il y a 2 ans! Donc notre "nouvelle voix musicale" doit plus plaire, c'est clair. Oui, on peut parler de "reconnaissance", mais on fait avant tout ce qu'on aime. Ca va dans le bon sens, tant mieux! Si ça va dans l'autre sens un jour, tant pis, on continuera!
Ponce: On préfère être critiqués en restant intègre qu'avoir une notoriété en faisant de la merde commerciale.
Mick: Voila, on fait ce qu'on aime, si il y en qui aiment c'est cool, si il y en a qui n'aiment pas, ben ils vont se faire ******! (rires)

MF: Il y eu une histoire de labels assez compliquée avec The Inside, pouvez-vous me dire exactement de quoi il s'agit?

Mick: Alors on a sorti The Inside chez Rupture Music, et on a expliqué au boss que ça nous intéresserait de travailler pour l'international. On a eu la chance de se faire signer par Lifeforce Records, qui est un super grand label, qui a pressé l'album, s'est chargé de toute la promo mondiale... Ils ont un réseau de distribution qui est excellent, la promo est énorme, donc là c'est clair qu'il y a plein de portes qui s'ouvrent dans le monde entier et c'est vraiment génial. The Inside a eu un succès qui n'était pas forcément attendu dès le départ, car on ne s'attendait pas à cette proposition de Lifeforce, on savait qu'on avait plusieurs boîtes intéressées, mais on ne pensait pas à ça. Puis on a signé pour les 2 prochains albums chez eux aussi donc c'est très bien pour nous!
David: L'album nous plaisait, on était fiers de le présenter, mais qu'on se fasse approcher par Lifeforce...
Mick: C'est un peu un rêve qui se réalise!

MF: Vous avez aussi quitté Adipocere Records pour passer chez Rupture Music. Pourquoi?

Destinity: En fait, Adipocere a arreté la prod. Donc comme Rupture nous tournait autour depuis pas mal de temps, on a réussi à signer, par contre on voulait toujours avoir la possibilité de choisir de partir si un grand label nous approchait, et d'ailleurs ça a été le cas. C'est un bon tremplin, et puis Edward de Rupture a été bien cool, parce qu'il nous a bien aidé pour The Inside, il a investi beaucoup, donc on a négocié pour que Lifeforce aide Rupture financièrement. Ca a été 2 mois de négociations et de prises de tête, et finalement on a réussi à trouver une solution qui arrangeait absolument tout le monde.

MF: Vous sortez d'une tournée européenne avec Dew Scented et Severe Torture, comment s'est-elle passée? Quel accueil avez-vous reçu dans les autres pays?

Destinity: Excellent! On a pas eu de bide sur scène, on a eu plutôt des dates vraiment excellentes... L'Allemagne ça avait bien fonctionné, l'Autriche c'était énorme, c'était un tout petit club et on a eu un accueil de folie... Même la Slovénie on en garde pas un mauvais souvenir! Le Danemark on y avait déjà joué 2 fois dans la même ville, donc les gens nous connaissaient un peu...
Mick: Je pense qu'on est un groupe qui se débrouille bien sur scène, c'est pas pour nous jeter des fleurs que je dis ça, d'ailleurs c'est pas moi qui le dis, c'est la presse et le public, et donc on essaie vraiment d'exploiter au maximum ce point fort du groupe. Puis pour nous c'est loin d'être une corvée, on adore jouer sur scène, à un tel point que quand on sort un album le but de l'album c'est de partir en tournée!
Destinity: La tournée c'est que des bons souvenirs. 17 jours de concerts non-stop, donc c'est très crevant, mais sur un plan humain c'était énorme! On est devenu super potes avec les deux autres groupes, on s'est super bien entendus, on pouvait pas espérer tomber mieux! On a joué devant des publics ultra variés, ça pouvait aller d'un café-concert de 200 personnes en Slovénie à des salles de 800 personnes à Berlin ou en Italie, il y avait vraiment de tout!

MF: Pour changer de sujet, les thèmes de l'album sont très différents de ceux sur Synthetic Existence, beaucoup plus personnels. Que pouvez-vous me dire à propos des paroles?

Mick: C'est plutôt mon domaine, car c'est moi qui écrit toutes les paroles, sauf Murder Within où c'est David. Cependant, même si c'est moi qui écris tout, je le fais pas sans les autres, on en parle avant. Pareil pour la musique: c'est Steph (Zephiros, ndlr) qui compose la plupart des morceaux, mais on en parle quand il nous montre quelque chose. En fonction du ressenti de tout le monde on prend une décision. Quant à The Inside, j'ai proposé aux autres de changer ma technique d'écriture, qui était beaucoup plus "fictive", car j'en avais plein le cul d'écrire des paroles par lesquelles je ne me sentais plus concerné. The Inside ça n'a rien à voir avec tout ça. On voulait écrire dans une veine plus personnelle, parler de problèmes qu'a pu vivre une face cachée qui peut se retrouver en chacun de nous. Je pense qu'on restera dans cette nouvelle vision. C'est parallèle à la musique je pense, qui est aussi plus instinctive et plus personnelle. Pour moi c'est aussi l'album le plus brutal du groupe, à cause de la batterie. C'est à la fois le plus brutal et le plus mélodique, j'en suis vraiment très fier! Il est très paradoxal: ultra brutal et ultra mélodique ainsi que ultra instinctif et ultra réfléchi. C'est peut-être cette évolution musicale vers un aspect plus mélodique qui nous a conduit a écrire des paroles moins "sauvages".

MF: Votre vision de Destinity à l'avenir, aussi bien au niveau de la musique que des paroles?

Destinity: Ca sera plus ou moins dans ce créneau-là. On a déjà commencé à travailler de nouvelles compos sur GuitarPro, on doit en avoir 8 ou 9, mais comme on les jète au fur et à mesure qu'on en compose de meilleures, il doit nous en rester 4 ou 5 qui nous plaisent vraiment. Contrairement à ce que certains de nos détracteurs doivent penser, on ne prend pas le premier riff qui nous passe par la tête, on y réfléchit énormément et on attend qu'on morceau nous plaise vraiment à fond pour qu'on se dise qu'on le garde. Pour la musique, c'est dans la veine Death suédois, toujours très mélodique mais brutal à mort! On pense que ça va être un peu plus sombre, mais on n'est pas encore tous entièrement d'accord sur le résultat final général pour l'instant.

MF: Ce soir au Tomawok vous remplacez Hacride. Pourquoi vous et pourquoi sont-ils partis?

Mick: Hacride j'en sais rien du tout! On était plus ou moins sur le coup pour jouer au Tomawok, finalement ils ont pris Hacride et ils nous ont proposé de jouer l'année prochaine. Puis Hacride s'est désisté et comme on était déjà sur les tablettes le mec nous a appelé et nous a demandé si on voulait jouer cette année. A 3 ou 4 jours du festival on aurait refusé, parce que les gens qui nous écoutent n'auraient pas eu le temps de venir, et les fans de Hacride auraient été dégoûtés. J'aurais préféré attendre un an. Mais comme il m'a appelé 3 ou 4 semaines avant, j'ai dit ok mais il faut communiquer. Il a super communiqué, c'est un super festival, super organisation, tout nous permettait de jouer, on était libres, donc on prend le camion et on va dans le sud!
(Morteus rentre dans la pièce) Mick: D'ailleurs si le batteur de Lyzanxia recherche son frère, dites-lui que c'est le batteur de Destinity! (rires) On a un deuxième clone aussi, c'est Ponce, il recherche son frère Joe de Gojira! (rires encore)

MF: Merci pour votre temps, je vous laisse conclure!

Destinity: Merci à MetalFrance pour vos chroniques, pour votre soutien depuis des années, merci au nom de la scène française, vous faites un super boulot! Et puis bon fest!

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