/// Interview de Dustbowl
M.F : Bonjour Dustbowl. Votre nouvel album "In recoil" sonne comme le fruit d'un long travail acharné. Pouvez-vous nous parler de votre parcours jusqu'à l'accouchement de celui-ci?
Stéphane : Hello, nous avons bossé dur !
Nicolas : Travail acharné oui, mais pas si long que ça. Nous cherchions à simplifier notre propos, à éviter de partir dans pas mal de directions différentes au sein d'un même titre, comme sur notre premier album "Drops Of Chaos", afin de retrouver sur disque notre énergie live. Nous avons donc changé de méthode de travail, passant d'une composition en répétition à un travail de préproduction en studio. Paradoxalement, nous avons donc passé plus de temps derrière nos ordinateurs dans le but de conserver notre energie live! Le copier-coller permet d'être plus spontané dans la mise en forme des idées, et surtout chacun de nous a pu apprécier les différentes étapes de composition à volume convenable, détaché de son instrument, et ainsi avoir une vision globale de co-producteur.
M.F : De quel oeil voyez vous votre album? Les bons points et les mauvais.
Stéphane : Pour moi, que des bon points... attention aux chevilles qui enflent ! Disons que d'un oeil graphique, j'y vois un album à l'atmosphère personnelle de DustBowl, un visuel assez organique et contrasté. Et D'un oeil, ou plutôt d'une oreille musicale, j'y vois un opus dynamique, contrasté, puissant et mélodique.
Nicolas : de l'oeil le plus subjectif qui soit! que des bons points à ce stade, nous sommes très contents de l'album. je l'écoute très souvent!!
M.F : De quoi parlez vous dedans? Quelles sont les paroles?
Guillaume : essentiellement d'expériences de vie, mais toujours de manière assez vague afin que chacun puisse interpréter à sa guise. Toutefois, les paroles de "In recoil" ont une inspiration beaucoup plus concrète et proche de la réalité, moins imagée que "Drops of Chaos" - je dirais donc plus directe tout comme la direction empruntée pour cet album.
M.F : "In recoil" s'avère très riches tant en idées qu'en mouvances. pouvez-vous nous dire comment vous vous y prenez pour composer?
Stéphane : Tout a été tourné autour de démos composées sur PC, mais en partant d'une base souvent différente (une base acoustique, un sample électro, un riff dévastateur... ), qui nous ont vite permis d'entrevoir les morceaux comme des entités complètes. Partant de ça nous avons beaucoup échangé par mails, bossé en plusieurs équipes, histoire d'optimiser le temps, ça été assez intense ! Il y a eu en parallèle les sessions d'apprentissage des morceaux et de répèts.
Nicolas : Nous essayons dès le début de fixer dans quel sens la chansons va aller : dynamique, ambiante, etc, afin que chaque chanson soit différente et qu'on utilise pas la même recette à chaque fois. Souvent, lorsqu'on sent une impasse, l'un de nous récupère une chanson et la remodèle afin de lui insufler un nouvel élan, et ça marche très bien. Une fois que la chanson est équilibrée, nous la validons et ne la touchons plus, pour éviter de casser ce qui reste fragile.
M.F : "In recoil"? pourquoi ce titre?
Nicolas : nous avons pris du recul et fait un album plus direct. le recul d'une arme à feu nous semblait être un parallèle pertinent.
Guillaume : effectivement, en anglais, le terme "recoil" se définit par le recul subi par une arme à feu lors d'un tir. Encore une fois, c'est le côté direct de la chose qui nous a séduit. Maintenant, il y a beaucoup d'autres utilisations de ce mot, que ce soit d'un point de vue psychologique et physique. De plus la sonorité nous plaisait particulièrement.
M.F : Sur scène parvenez-vous a reporter les différents arrangements et différents chants? Où modifiez-vous quelques peu vos morceaux?
Stéphane : On essaie au maximum de retranscrire sur scène l'atmosphère qui se dégage de l'album. La particularité est l'utilisation d'un direct-to-disk afin de ne perdre aucun passage électro ou arrangement qui font partie complète de la composition de nos morceaux.
Nicolas : une fois les titres composés, il nous faut les réarranger pour le live, effectivement. Nous sommes 3 à chanter sur scène, Julien s'occupe généralement des voix death et parlées, et moi des doublages et harmonies. Par contre, à peu près toutes les guitares sont réellement jouées, seuls quelques doublages resteront purement studio. les modifications restent souvent imperceptibles mais il est clair qu'on ne joue pas l'labum trait pour trait sur scène, et c'est plus interessant comme ça.
M.F : A quoi pensez-vous lorsque vous faites un concert?
Stéphane : A être calé avec le métronome !!!! plus sérieusement (quoique... ) : à pas grand chose, à être dedans, je sais pas c'est difficile à décrire. En tout cas c'est c'est un grand envoutement.
Nicolas : Beaucoup de choses!! déjà, jouer en rythme sans erreurs, chanter les bonnes paroles et juste, penser aux changements d'accordages, mettre en route les bons sons, c'est le minimum du musicien. Après, nous avons un jeu de scène cohérent, sans chorégraphies mais avec des trucs qui permettent qu'il se passe quelque chose sur scène. Résultat : le temps passe vite, et on reste concentré pour proposer le meilleur show, sans s'égarer à des pensées persos qui pertuberaient notre concert. On reste donc assez professionnels dans notre approche, en conservant la décontraction nécessaire pour pouvoir échanger avec le public.
M.F : Quelle sont vos aspirations ou ambitions vis à vis de votre groupe?
Nicolas : Pour être franc, je ne pense pas devenir pro. On a tous des boulots à coté, avec des obligations professionnelles réelles. Aujourd'hui, de nombreux groupes ont un excellent niveau, un vrai public, sans en vivre. La baisse des ventes de disques ne nous permet pas de compter dessus, donc on préfère conserver nos boulots et avoir la musique comme passion que devenir pro et que les réalités de la vie nous amènent à reconsidérer notre musique afin de pouvoir en vivre. De mon expérience, j'ai vu pas mal de professionnels en train de galérer et beaucoup d'amateurs ayant une démarche professionnelle, comme nous, qui conservaient la passion et l'envie de faire leur truc sans contrainte. Le professionnalisation reste une possibilité mais pas un objectif à court terme.
M.F : La musique en téléchargement sur internet, c'est pour vous: - L'art, gratuit, à la portée de tous ceux qui ont accès au web? un excellent moyen de briser le monopole des groupes et labels les plus connus? ou - Du vol nuisibles aux artistes? Une plaie qui coupe les fonds nécessaires au dévellopement du milieu musical?
Nicolas : Nous considérons cela comme une évolution de marché. Le disque est un marché économique, qui bouge comme tout les marchés, et aujourd'hui, il est à la baisse. Télécharger, c'est autant du vol que les copies sur cassettes audio de ma jeunesse, sauf que l'acte d'achat est devenu l'exception, voire même un acte militant. Le problème est que faire un disque coûte de l'argent, moins qu'avant mais un minimum de plusieurs milliers d'euros pour nous. Donc, je ne vais pas me révolter, ça reste une chance de pouvoir écouter autant de musique aussi facilement mais c'est clair que c'est en partie ce qui fait que des gars comme nous ne peuvent pas être professionnels.



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