/// Interview de Iced Earth

Publié le 09/09/2011 par Mindkiller

Le nouvel album d'Iced Earth, Dystopia, est enfin dans la boite. De passage à Paris, Jon Shaffer et son nouveau poulain, Stu Block ont accordé à Metal France une interview très franche. C'est un Jon Shaffer très bavard et un Stu Block qui ne réalise pas encore vraiment ce qu'il lui arrive que j'ai eu la chance de rencontrer.

Iced Earth

Iced Earth a du chercher un nouveau chanteur suite au départ de Matthew Barlow. Jon, qu'as-tu ressenti quand il t'a annoncé son départ ?
J'ai complètement compris sa décision, mais le groupe a besoin de travailler. Tu sais, quand Matt est revenu la première fois, c'était sous la condition que nous puissions travailler malgré son emploi du temps, car tu sais qu'il est flic. J'ai complètement adhéré à cette idée car j'avais envie de faire autre chose. Le problème est qu'après le retour de Matt, l'industrie musicale a commencé à s'effondrer. C'est arrivé très vite. C'est arrivé surtout quand la crise financière l'a amorcée. Nous voulions voir comment elle se déroulerait. Elle était partout. Tout le monde a été affecté par le ralentissement des ventes d'albums. Tu avais les labels qui étaient touchés, les magasins de musique et le groupe devait travailler, pour gagner de l'argent.
Quand nous préparions le prochain album, la tournée et tout ce qui s'ensuit, notre management est venu vers Matt et lui a dit :
« Tu sais, c'est ce qu'il va arriver au groupe, nous adorerions que tu reviennes. Penses-y mais nous ne devons pas nous mettre en retrait car le groupe doit travailler. »
Et tu sais, je voulais travailler. Je suis revitalisé et prêt à redonner à Iced Earth ce dont il a besoin. Nous avons beaucoup perdu en dix ans, en partie parce que nous n'avions pas de frontman attitré. Je suppose que c'est un facteur déterminant. Et c'est une grande différence quand tu as des hommes secondaires autour de toi. Ce n'est pas la même chose que d'être dans le même groupe ensemble. Les états d'esprit ne sont pas les même. C'est pour cela qu'il est parti. C'était juste un gros projet et maintenant c'est réellement devenu un groupe. En fait, c'est le sentiment que j'ai avec le line up actuel.Et Stu ressent la même chose, je veux dire, si Matt est parti comme ça, c'est surtout parce qu'Iced Earth n'était plus sa priorité. J'ai le sentiment - parce que je le connais très bien, c'est mon beau frère – que ça aurait été sa décision, qu'il ne serait pas resté au sein d'Iced Earth, parce qu'il est policier. Il voulait faire du mi-temps avec Iced Earth, mais ce n'est plus possible, ça ne le sera plus. Tu sais, les gars du groupe ont besoin de vivre de leur musique. Et quand tu joues seulement quelques concerts par an, que les albums ne se vendent pas, l'argent ne vient pas non plus et ça fait juste que chaque jour devient plus difficile. Et nous avons une super équipe maintenant. Nous avons un staff de tournée qui assure et ils veulent travailler pour le groupe. Ils attendent après le prochain événement.

Pourquoi avoir choisi Stu [Block, nouveau chanteur du groupe] et comment l'as tu rencontré ?
Jon: Je l'ai choisi parce que j'adore les canadiens !
Stu: Oh mec, il est en train de te mentir là !
Jon: Non en fait je déteste les canadiens ! (rires). Non, il est ce dont le groupe a besoin. Il a été commis d'office tu sais. Nous nous sommes tourné vers Robert Kampf de Century Media et il m'a parlé de Stu. J'ai alors regardé quelques vidéos et j'ai vraiment été impressionné par sa présence. Ce regard et cette intensité et toutes ces sortes de choses. Nous avions besoin d'être sûr que sa voix allait coller. Nous nous sommes rencontrés avons écris quelques trucs ensemble et nous avons finis par le prendre.
Stu: Yeah,c'était cool !

Stu, qu'as tu pensé quand Jon t'a dis qu'il voulait que tu chantes dans Iced Earth ?
Ce mec est fou ou quoi (rires). Non, j'ai pensé : « WOW ! C'est une incroyable opportunité de faire partie de l'histoire ». Iced Earth a fait beaucoup dans l'histoire du metal et j'ai pensé que j'en étais le nouveau chapitre. J'ai pensé que ce serait une superbe expérience. J'ai regardé ce mec et il est le moteur de l'un des groupe de metal les plus cool jusqu'à maintenant. Faire partie de tout ça est impressionnant et magique en même temps et c'est vraiment génial mec !

Je peux imaginer que les chansons ont été écrites longtemps avant que tu ne rejoignes le groupe. Le style d'Iced Earth étant légèrement différent de celui d'Into Eternity; était-il difficile de chanter ces chansons ? Quel était ton etat d'esprit quand tu les as enregistré ?
Je ne peux pas dire que c'était difficile, mais c'était un nouveau challenge pour moi. Je l'ai pris à coeur et j'ai donné tout ce que je pouvais, aussi profondément que je le pouvais. C'était cool de pouvoir contribué à cet album d'une certaine façon? en co-écrivant dix chansons avec Jon. L'alchimie était là, c'était vraiment cool !

Nous pouvons entendre que ton style vocal est proche de celui de Matthew Barlow. T'a-t-il inspiré ?
Bien sur. Comment pourrais-je le nier. Cette présence dans la voix. J'étais fan depuis Burnt Offerings et Matt.... J'ai vécu des moments difficile dans ma vie et Matt, et sa voix, m'ont frappé comme on frappe dans un punching ball. A travers sa voix, il a sorti mon agressivité et m'a fait pleuré. Tu vois ce que je veux dire ? Il m'a mis sur des montagnes russes émotionnelles à travers tous les albums qu'il a fait. C'est un mec incroyable.

Après écoute de cet album, la plupart des fans seront rassurés quant à ton intégration au sein du groupe. Que pourrais-tu leur dire pour rassuré les sceptiques ?
Stu: Ce que je pourrais leur dire? Détendez vous. Je vais être là pour un long moment. J'ai exploité un nouveau chant, une nouvelle couleur dans ma voix. Après écoute de l'album, je pense que tu as été agréablement surpris. Maintenant, je ne vais pas dire que je vais plaire à tout le monde. Il y a des fans qui sont des vrais fans de Matthew Barlow, d'autre de Tim Owens ou des fans de ces périodes et je ne pourrais donc pas leur plaire. Mais je pense que les gens vont être agréablement surpris pas ce que je peux apporter. Je pense que c'est la chose récurrente qui va ressortir : J'ai été surpris.
Jon (relativement irrité): Mais mec, je ne comprends pas ça. Parce qu'ils ont tous lu des trucs sur Into Eternity... Mais tu devrais avoir un peu confiance en moi, parce que je sais ce que je fais. Je fais tourner ce navire depuis un long moment. Donc je suis surpris par ça. Je suis encore plus surpris par le soutien massif que les fans apportent, tu sais combien c'est positif. Mais quand tu vois occasionnellement des trucs du type « J'arrive pas à croire qu'Iced Earth ont un chanteur de death metal maintenant ! » C'est... allez mec, c'est quoi le problème?
Stu: et c'est juste des conneries. Je ne suis pas un chanteur de death metal. Il y a des éléments death dans Into Eternity. Mais si tu écoutes vraiment le catalogue d'Into Eternity il y a des chansons qui ne contiennent aucun chant death. Et tu sais, ce n'est pas un groupe de death metal, je ne suis pas un chanteur de death metal... C'est bien plus que ça !
Jon: C'est bien plus que ça.
Stu: Tu sais, il y a bien plus de couleurs que ça. Et ça m'irrite quand les gens disent 'Oh, c'est un chanteur de death metal' car ce n'est pas ça du tout. Ces gens n'ont bien évidemment pas entendu ce que je pouvais apporter.

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Jon, les deux derniers album racontaient une histoire que tu as commencé en 1998. Nous pouvons imaginer que The Crucible of Man était la fin de l'histoire. Mais Tragedy & Triumph a l'air d'en commencer un nouveau. The Crucible of Man n'était donc pas la fin ?
Non,et j'ai jamais dis que c'en était une. Ça fini en disant Advienne que pourra. C'est au public de décider ce qu'il adviendra, tu sais les choix que font tout un chacun. Ce qui est le même thème dans beaucoup d'album. Je veux dire, 'Come What May' (dernière chanson de The Crucible Of Man, 2e partie du double concept album d'Iced Earth ndlr) est une chanson qui fait la liaison avec beaucoup de ce qui se trouve dans Dystopia si tu regardes les paroles attentivement. Mais Something Wicked, l'histoire en elle même pourrait durer éternellement, littéralement, parcequ'il y a 12 000 ans d'histoire humaine dedans. Tu peux donc prendre une période de l'histoire et l'appliquer à l'histoire du monde ou appliquer l'histoire du monde à l'univers de Something Wicked tu vois.

Qu'est-ce que ça fait de clôturer ce chapitre et d'en débuter un nouveau avec Dystopia ?
Ca fait du bien. Tu sais, c'est un nouveau chapitre très positif pour Iced Earth. On clôture dix ans d'histoire du groupe. Je n'avais jamais été aussi bien depuis longtemps. C'est très différent quand tu es le principal auteur et force motrice d'un groupe. Si j'ai des mauvaise journée, un mauvais mois ou plusieurs mauvais mois, ça se reflète plus que dans n'importe quel autre job. Je veux dire, que c'est l'essence de la musique. Tu sais, les derniers albums ont été difficile pour moi car j'ai vécu trois décès dans ma famille alors que j'étais en pleine écriture des deux derniers albums. J'ai eu des moments très difficile pendant Crucible... C'était comme si ma famille était attaquée et c'était très dur. Au lieu d'essayer d'être en plein processus de création, j'avais tout ce poids, tout ce fardeau qui m'a vraiment épuisé. Je n'ai eu aucun temps mort. J'avais l'impression d'être constamment au travail. Et puis après la tournée Crucible, j'ai pris une pause et ça été un renouveau dans ma vie. De nouvelles perspectives sur tout un tas de choses. Tu sais ça a fait du bien. Il y avait de bonnes énergies malgré tout.

Peux tu nous expliquer une peu plus cet album. Pourquoi avoir choisi le titre de Dystopia ?
Au début je voulais l'appeler Dystopian Nightmare et nous avons vu qu'un autre groupe avait appelé un de leurs album comme ça et partant de là, quelqu'un est venu nous voir et nous a dis : « Hey, si on l'appelait tout simplement Dystopia ». Et puis il me semble que nous nous dirigeons vers cette dystopie partout à travers le monde. L'Ouest en particulier. Les États-Unis sont au plus bas. Les choses là bas vont très mal. Et c'est partout pareil – le système financier par exemple – tout est prêt à s'effondrer. Ça va amener des choses vraiment négatives. Je pense que c'est quelque chose de lourd et tu peux retrouver ces concepts dans cet album. Mais tu peux y retrouver aussi des choses positives ce qui équilibre assez bien l'album.

Cet album sonne un peu comme The Dark Saga (1996) ou The Horror Show (2001). Le son utilisé et les riffs sont plus catchy que les deux précédents albums. Est-ce quelque chose de voulu ? Voulais-tu tourner la page Something Wicked ?
Oui, bien sur. Vers la fin de l'année dernière et début janvier, mon objectif était de faire un album plus dans cette voix, sans grande chanson épique ou d'orchestrations compliquées. Je voulais juste revenir aux racines d'Iced Earth et c'est ce que je ressentais. Ce n'est pas comme si c'était dur de le faire tu vois. J'ai toujours suivi mon instinct. Parfois il en sortait de bonnes choses, d'autres non, mais ça dépend des circonstances autour de toi. Est-ce que les choses deviennent positive ? Ces idées vont-elles toujours être bonne ? Y a-t-il de bonnes énergies derrière l'album même si celui-ci traite d'un sujet sombre ? Je veux dire il y a plein de bonnes choses qui ressortent de Dark Saga. Ca reste toujours un album au concept sombre, mais tu peux prendre ton pied à l'écouter, il y a plein de bonnes énergies derrière, la même chose avec Something Wicked ThisWay Comes & The Horror Show. Les deux derniers albums ont été difficiles pour moi à cause de mes soucis familiaux. Et tu les ressens, tu ressens toujours ce genre de choses. Et cet album m'apporte une vision des choses plus positives ainsi que beaucoup de fun. Stu et moi, l'alchimie qu'il y avait à travailler sur ses parties et les créer ensemble. C'était génial. Et tu peux l'entendre que nous nous sommes amuser à le faire. Jim (Morris, producteur ndlr) aussi d'ailleurs. Il a passé du bon temps à produire Sons of Liberty (3e projet de Jon Shaffer avec Demons & Wizards ndlr) car j'étais plus heureux à cette époque. Il avait vu que j'étais en train de surmonter ces épreuves difficiles.Il était à mes côtés quand les membres de ma famille sont décédés. Il m'a aidé a ressentir les choses de façons pluspositives.

Quelles sont les influences apportées par Jim Morris sur cet album justement ?
Je pense que Jim a eu la même influence sur cet album que sur tous les autres. C'est un très bon ingénieur du son et doué d'une très grande musicalité. Il est bon, parfois même trop bon. Il est doué pour te dire comment jouer les morceaux. Dire si quelque chose est bon ou mauvais, trop péchu ou trop plat. La meilleure chose qui ressort de notre travail en commun est que le mix est à mi chemin entre celui d'un théoricien de la musique et d'un metalhead. Ainsi, tous les deux on est capable de compromis quand c'est nécessaire. On cherche tous les deux quel peut être le meilleur résultat possible et ce quel que soit la personne avec qui nous travaillons au sein du groupe. Je cherche toujours tout ce qui est ressenti autour de la musique alors que Jim lui cherche les côté les plus techniques. Nous avons fait de l'aussi bon boulot que ce mec est excellent.
Stu : C'est un mec extra. C'était la première fois que je le rencontrais et....qu'est-ce que je pourrais dire à propos de Jim. Il m'a dis que je n'avais jamais aussi fort. C'est vraiment cool (rires). Non, c'est un mec extra. C'était un plaisir de bosser avec lui. Il me faisait, nous faisait le petit déjeuner tous les matins. Du bacon et des oeufs.

Stu, le départ de Matt a été justifié sur le site d'IcedEarth par le fait que le groupe voulait passer plus de temps à promouvoir leurs albums. Que peut-on alors espérer pour Into Eternity ?
(Longue hésitation avant de trouver ses mots). Iced Earth est un emploi à temps complet pour moi. J'ai été honoré d'être choisi pour pouvoir travailler avec certains des plus grands de l'industrie musicale et je dois aller de l'avant. Into Eternity doit rester ce qu'il est, ils ont un leader très charismatique et il a arrêté, juste parce que je m'en allais. Je pourrais l'aider s'il veut que je vienne poser quelques voix sur les futurs albums ou quoique ce soit d'autre, et j'en serais heureux. S'il veux que je fasse tout l'album avec lui, il devra par contre travailler avec mon emploi du temps, et seulement si je ne suis pas trop épuiser par les tournées avec Iced Earth. Mais Iced Earth est ma maison maintenant, c'est tout ce que j'ai à dire là dessus.

Il y a deux ans, Iced Earth a joué en co-headlining avec Saxon. Que vous ont apporter ces concerts ?
Jon: Tu sais, je n'étais pas du tout en phase avec ces concerts. J'étais vraiment blessé, vraiment au plus bas. Toutes ces merdes qui sont arrivées au sein de ma famille. Je n'ai pas trop envie de m'en rappeler. Je voulais juste, ce qui n'est plus le cas maintenant, partir en vacances afin d'avoir les idées claires. Et c'était la première fois que je n'étais pas vraiment sur scène. J'ai pris un mois de congé. Sans ordinateurs, téléphone ou tout autre objet de communication. Aucun contact avec l'extérieur mis à part ma famille et c'était génial. Et ça m'a probablement sauvé la vie. J'étais vraiment au plus mal. C'était nécessaire et ça à mener vers d'autres choses géniales. Mais nous adorons jouer en France. Je sais que les fans français sont cool, et que nous avons une fanbase loyale ici. Je ne veux juste pas me rappeler de ces concerts justement parce que je ne voulais pas être sur scène tu vois.

Un mot pour Metal France ?
Stu: (Amusé par la question) Allez tous vous faire foutre ! (rires de tous)
Jon: Nous sommes de retour bandes de salopes ! C'est vrai, c'est vrai mec !
Stu: Je vais regarder vers vous, tout en jouant avec Iced Earth. Alors venez, écoutez Dystopia, achetez l'album et montrez moi ces putains decornes du diables en concerts, du headbang. LET'S DO IT !

 

Merci à Sylvain Navarro pour la correction de mon anglais et à Darci Janzen pour l'aide à la transcription

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