/// Interview de L'Esprit Du Clan

Publié le 21/08/2011 par Niklas

A peine sorti de la tournée accompagnant la sortie de L'enfer c'est le notre, L'Esprit Du Clan est de retour dans les bacs avec un nouveau chaptitre: Drama (à paraître le 29 Aout) et bien sûr une série de concerts à partir de Septempbre. l'occasion pour nous de faire le point avec Ben (guitariste du groupe) qui a pris le temps de répondre à nos questions et parler entre autres, du groupe, de la carrière, mais aussi des thèmes de l’album...

Tout d’abord bonjour, et merci de prendre le temps de répondre à mes questions.

On ne présente plus L’Esprit Du Clan, déjà le cinquième album en boîte! Que peux-tu nous dire sur le chemin parcouru jusqu’aujourd’hui ?

On a commencé à jouer ensemble à l'époque du lycée, en 1995 comme n'importe quel groupe qui commence. Les choses se sont concrétisées vers 1998 lorsque nous avons décidé de partir de chez nos parents afin de s'installer tous ensemble en collocation ayant pour  but de se concentrer uniquement sur le développement du groupe. C'est ce qui donnera naissance à notre premier Ep chapitre 0, ainsi qu'à nos premières tournées en Europe. Depuis, nous avons cinq albums à notre actif ainsi que de nombreuses apparitions sur des compils. Nous avons aussi la chance d'avoir pu tourner massivement (environ 600 concerts) en Europe et à l'international, mais nous vivons chacun de notre coté désormais!

 

 Le temps des chapitres 0 et 1 semble assez loin, musicalement parlant. Vous arrive-t-il souvent de regarder en arrière ?

Ce qu'on était a fait de nous ce qu'on est, parfois dans des moments de nostalgie on repense au passé, aux bons comme aux mauvais moments car c'est indispensable de se rappeler d'où l'on vient pour rester en phase avec soi, comme avec les autres. Mais notre moteur est un besoin d'évolution permanente, on avance avec l'expérience qui nous nourrit depuis les débuts, humaine comme technique. c'est comme pour un sportif, "toujours plus loin, plus haut, plus fort".

 

Vous sortez plus ou moins de la tournée « l’enfer c’est le notre » comment c’est-elle passée ? Comment allez vous aborder celle qui se profile ?

La tournée du précédent chapitre s'est très bien passée pour nous car nous n'avions jamais autant joué pour un disque auparavant, elle nous a également permis de visiter de nouveaux pays comme l'Islande, la Suède ou le Royaume-Uni et certains pays de l'Est dans lesquels nous n'avions jamais pensé pouvoir jouer par le passé. La fréquentation ainsi que la réception du public fut très encourageante. Nous envisageons la future tournée (qui débutera le 10 Septembre à Belfort) avec beaucoup d'enthousiasme et d'impatience quant à la musique et le message que l'on a à véhiculer, omniprésent dans Drama. Du coté scénique et technique, nous préparons actuellement tout ça afin de donner quelque chose de novateur et mémorable dans nos représentations.

 

Parlons un peu de votre nouvel opus Chapitre V : Drama. Malgré les années vous arrivez encore à nous surprendre avec un album qui semble beaucoup plus spontané, est-ce une volonté de la part du groupe ? Pour quelle(s) raison(s).

Concernant Chapitre V : Drama, c'est une volonté de notre part, car nous n'avions plus composé tous ensemble depuis le premier maxi. Jusque là nous composions chacun chez nous sur ordinateur pendant un an voir plus. Puis, une fois une quarantaine de morceaux crées, nous nous décidions ensemble de ce que nous voulions garder afin de passer en studio. En revanche, le groupe étant dans une matrice d'évolution permanente, nous avons donc décidé pour ce dernier de nous réunir tous ensemble pendant six mois tous les jours dans notre local, afin de créer un produit brut, homogène et à vif. Nous éprouvions ce besoin de nous réunir afin de ressentir cette unité propre au groupe.

 

On sent une nette influence Deathcore (les nombreux blast beats)  cela vient de Bastos qui apporte un peu plus sa patte aux compos ou plutôt d’une nouvelle influence générale par rapport a cette nouvelle scène qui émerge avec des groupes comme Whitechapel, All Shall Perish… ?

En effet, je pense qu'il faut savoir vivre avec son temps, nous ne sommes pas partisans du "c'était mieux avant". Dans l'histoire de la musique, en l'occurrence du métal, il y a eu de très bonnes choses, il y en a et il y en aura. C'est à mon avis la base de la tolérance et de l'ouverture d'esprit. Certains d'entre nous n'écoutent pas nécessairement la scène death-core actuelle, d'autres si. Musicalement, nous nous influençons mutuellement. Au final, ce qui importe, ce sont les vibrations communes que l'on ressent, qui nous animent lorsque l'on joue.

 

La pochette, les textes semble indiquer que vous en avez gros contre les religions. Est-ce aux organisations religieuses que vous en voulez ou plutôt à un dieu ?

Plus qu'en vouloir, nous sommes contre tous types d'organisations religieuses, extrémismes, courants (straight edge, vegans), déviances (sectes, confréries,...), Les prêcheurs, prophètes, gourous, ne sont qu'une bombe à retardement quant à l'avenir de l'Homme et ce, depuis des milliers d'années. Pour exemple : l'expansion du Christianisme par les croisades commanditées par le Vatican en pillant, violant les richesses du continent Africain entre autres, ne sont que la preuve d'une conscience machiavélique pour le développement massif d'une religion monothéiste. Les religions servent à affaiblir et fidéliser pour mieux régner, contrôler, profiter financièrement et anéantir psychologiquement les nouveaux convertis. En revanche, nous n'avons rien contre les personnes croyantes à quelconques religions si cela peut les aider à avoir confiance en eux et à vivre en harmonie avec les autres, tant qu'ils ne prêchent pas. Mais sans prêcheurs, pas de religions, pas de moutons… c'est le serpent qui se mord la queue. Malheureusement trop de femmes et d'hommes ont ce besoin viscéral de croire et de se rattacher à une force spirituelle supérieure. Trop d'hommes profitent de la faiblesse de certain(e)s.

 

Ces thèmes sont assez personnels et délicats, cela n’a jamais posé de problème, les six membres du groupe s’y reconnaissent ?

Oui, nous sommes unanimes à ce sujet, cela ne pose aucuns problèmes au sein du groupe. Je ne pense pas que ce soit un sujet délicat, la liberté d'expression doit aussi servir à ça.

 

Vous parlez aussi de politique, de la société etc… Vous portez de fait, une étiquette de « groupe engagé ». Vous considérez vous, vous-même, comme engagés ? Qu’est qu’un artiste engagé pour toi ?

Nous sommes un groupe "engagé" dans la mesure ou nos paroles le sont en effet. Après, nous ne faisons et ne voulons pas faire partie d'un quelconque mouvement "engagé". C'est un peu comme si nous avions notre propre parti, avec nos idées, nos contestations, si celles-ci plaisent et que les gens adhèrent et se retrouvent dans nos dires, qu'un échange s'opère en live tant mieux. "Si tu chiffes pas, t'écoutes pas et puis c'est tout" comme disait l'autre. Pour ce qui est de savoir ce qu'est un artiste engagé, c'est très vaste, il y a des tas de formes d'engagements, certaines radicales, d'autres pacifistes, je pense que le plus important c'est d'être en accord avec soi et ses convictions, de ne pas se travestir et rester intègre. On est engagé dans le sens où, sans provocation gratuite, nous faisons et disons ce que nous voulons sans penser aux répercutions ni à l'argent.

 

C’est bientôt 2012… Comment vois tu l’avenir en France ? 

Malheureusement, je vois que la France est un pays hypocrite et majoritairement de droite, et ce depuis bien trop longtemps (malgré la dernière trêve socialiste de 14 ans qui s'est révélée être tout aussi tronquée mais toutefois efficace pour un temps concernant certains acquis sociaux). A mon avis, ça restera un pays qui se veut et se dit social alors qu'il est profondément de droite car les enjeux économiques européens et internationaux donnent les pleins pouvoir au capitalisme et l'ultra-libéralisme. Aujourd'hui, le social est un leurre qui occupe une part des divers programmes politiques, qui sert à assurer l'image et le coté bien pensant de leurs partis. Pour moi, le fasciste et dangereux Nicolas Sarkozy a décomplexé une majorité de gens appelés racistes "ordinaires" lors de sa progression vers le pouvoir ainsi qu'à l'accession de celui-ci en gerbant ses slogans ravageurs. A gauche comme à droite, le monde politique élitiste et narcissique est comme un film dans lequel les acteurs ont bien révisé leur script sur les mêmes bancs de l'ENA, et savent pertinemment comment s'enrichir en douce. Je pense que les plus gros mafieux sont les politiques. Depuis l'ère de la colonisation, l'occident est devenu ce qu'il est en écrasant les plus faibles, on en revient toujours au même point, dominant/dominé(e)...

 

Tu penses qu’un changement est possible ? Penses-tu que ta musique, ou la musique en générale pourrait l’initier ?

Bien sûr, j'espère qu'un changement est possible, l'erreur est humaine, nous avons le droit à  la rédemption. La bêtise, le racisme etc sont un manque de savoir, de curiosité et de connaissance. Concernant le changement que la musique en général pourrait initier, tout dépend de quelle industrie gère l'artiste en question, je pense qu'une grosse major comme Universal ou Sony ne peut initier un quelconque changement dans le sens ou ils fonctionnent dans une politique capitaliste de rendement. En revanche, il existe un tas de labels indépendants, qui, à mon avis sont l'avenir de la musique. "Crois en toi avant de croire en qui que ce soit".

 

Quelle question aimeriez-vous qu’on te pose, et qu’on ne te pose jamais ?

Celle-ci.

 

Je te laisse le mot de la fin, si tu as quelque chose à rajouter sur l’album ou autre…

Merci pour cette interview pointue et intéressante. Je te souhaite une très bonne continuation, au plaisir de se croiser sur la route.

N'hésitez pas à venir foutre le bordel sur nos concerts à partir de Septembre 2011, vous pouvez voir les dates près de chez vous sur : www.lespritduclan.com et www.facebook.com/lespritduclan

Ben.

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