/// Interview de LOFOFORA

Publié le 15/10/2014 par olivier no limit

Une inter de REUNO cela vous branche ? Pour les 25 ans d'existence de LOFOFORA.

Salut Reuno,

Soyons franc, tu es pour certains quelqu'un qui nous a marqué; alors sans detours, ni lèche, voici pour les 25 ans d'existence de Lofofora, quelques questions, en vrac... te concernant, à l'arrache.

1: Un nouvel album qui est bon. 1/4 de siècle en arrière, comment t'es tu retrouvé embarqué dans l'aventure LOFO ?

 

Je bossais sur la côte d'azur dans une radio, Phil qui vivait à Paris y passait ses vacances chez ses parents. On s'y était rencontré quelques années plus tôt parce que dans cette région de minets clubbers quand un gars qui portait des docs en croisait un autre en perfecto, ils avaient forcement des trucs à se dire. Bref, en ce mois d'aout 1989, Phil qui était chanteur bassiste des "Chétifs" (trio punk rock influencé par Toy Dolls) avait envie d'évoluer vers autre chose. Il me parle de Red Hot Chili Peppers, je lui répond Jane's Addiction et Public Enemy. Quand il m'a proposé de devenir chanteur d'un nouveau groupe qu'on monterait ensemble, ça m'a interpellé. 2 jours plus tard j'ai été viré de mon taf et j'ai commencé à faire mes cartons pour remonter à Paris.

 

2: Quel album t'a fait connaitre la musique qui fait du bruit ?

 

Vers 11 ou 12 ans, le premier album de Starshooter, groupe Lyonnais avec Kent au chant. Je connais encore les paroles par coeur. Ont suivit AC/DC, Ramones, Dead Kennedys. Je me souviens aussi que mes parents avaient une vieille compil' des tubes d'un été des seventies où il y avait "Paranoïd" de Black Sabbath dont j'aimais l'ambiance bizarre.

 

3: Quand on parle LOFOFORA on ne parle pas de ton groupe, vous faites un tout; cependant, derriere ton micro tu exploses d'un charisme certain... en as-tu conscience ?

Mouais... plus ou moins, je ne sais pas à quoi c'est dû cette façon dont me regardent parfois certaines personnes dans nos concerts. Quand j'y suis, j'y vais à fond parce que je n'imagine pas le truc autrement, c'est tout. Je ne sais pas si j'ai un charisme particulier mais par contre je trouve pas mal de chanteurs insignifiants pour ne pas dire transparents. J'attribue ça à un manque de générosité. Parce qu''un gars peut être très effacé sur scène ou même jouer de dos et te tenir par les tripes. Tout dépend d'où lui vient l'intention.

 

4: Es-tu le genre de mec différent a la ville et sur scène?

 

Encore heureux! Tu m'imagines gueuler à mon boucher " deux paupiettes de veau bordel de merde!" Direct je me prend un coup de couteau. Sérieusement dans la vraie vie j'ai aussi une grande gueule mais je donne moins de la voix.

 

 

A chaque fois que je fais une chro sur vous je te compare à Bernie Bonvoisin; vous avez tout deux la plume facile; alors ?

 

Perso je préfère Bernie Noël.

 

 

5: L'écriture est-elle un besoin pour toi ?

 

Ben oui sinon je devrais chanter "lalalalala" ou "nanananère". Sans déconner non, je n'écris que quand c'est le moment, ce n'est pas pour moi un besoin vital de coucher mes états d'âme sur le papier. Mais par contre créer, n'importe quoi, même bricoler des visuels ou de la zic sur mon ordi par exemple, j'ai du mal à m'en passer sans devenir intenable..

 

6: Es-tu du style à reprendre ton texte ou plutôt es-tu d'un seul jet ?

 

Généralement, je repasse sur mes textes jusqu'au dernier moment, un mot peut encore changer au moment de ma prise de voix. Il y a quand même quelques textes que j'ai écrit d'un jet et que j'ai posé tel quel mais c'est assez rare.

 

7: Eternel ado qui a tout de même grandi, n'as tu pas envie parfois de parler d'autres choses que de la colère, les angoisses engendrés par notre belle société ? bien sur parfois tu parles d'amour...à ta façon.

 

Comme j'écris sur la musique, dans Lofo elle m'envoie souvent sur les chemins de la colère. Le rock "violent" ne m'incite pas à écrire sur les aspects les plus positifs de la nature humaine.

 

8: Quels sont les auteurs et paroliers qui te plaisent ?

 

Michel Audiard, Bertrand Blier, Claude Nougaro, Serge Gainsbourg, Brel... Putain merde, ils sont tous mort sauf 1, et tous du vingtième siècle... J'aime aussi beaucoup la plume de Marc Namour du groupe "La Canaille".

 

 

9: T'arrive t il de penser à demain ?

 

Oui mais rarement et pas pour moi, pour mes enfants, pour ma chérie. Peut être parce que j'aime les surprises de la vie. L'avenir ne m'intéresse qu'au moment ou j'y suis, quand il devient maintenant.

 

10: Vivez vous de votre musique ?

 

Tant bien que mal mais oui. On a pas un niveau de vie de rock star plutôt celui d'un facteur mais au moins, on fait ce qui nous plait.

 

 

11: Honnêtement ressens-tu la même chose qu'à tes debuts quand tu montes sur scene ? 

 

C'en est pas loin. Je n'ai jamais eu trop le trac et aujourd'hui je suis peut être un petit peu plus sûr de moi, de ce que je suis capable de donner, de mes potes aussi. Au début je pouvais parfois être agressif avec le public, aujourd'hui moins. Mon envie de semer le trouble, de foutre la merde est elle restée la même.

 

 

12: Ton meilleur souvenir ?

 

On me l'a posée 100 fois celle là mais je n'ai jamais de réponse. Certainement parce que je ne regarde pas souvent derrière moi, que je ne suis pas de nature nostalgique, en tout cas pas de ma vie. C'est aussi peut être parce que c'est l'ensemble de toute cette expérience qui forme mon plus beau souvenir.

 

 

13: Ton plus mauvais ?

 

Il y a pas loin de 20 piges, on jouait en première partie de Iggy Pop pour 7 dates entre deux cafés concerts. Un soir à Caen dans un Zenith plein, un mec me lance un "va niquer ta mère" et je me suis embrouillé avec lui, au micro. Le reste du public qui n'avait rien entendu a cru que je m'en prenais à eux tous et l'ambiance du concert a été pourrie. C'était une des plus belle chance qui se présentait à nous et j'en avais fait une punition...

 

 

14: Autre chose ?

Ouais une quatre saisons et un quart de rouge.

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