/// Interview de Satan Jokers

Publié le 08/02/2013 par Mindkiller

Avec leur nouvel album sorti il y a peu, les Satan Jokers posent une nouvelle pierre à leur carrière relancée il y a moins de cinq ans. Ce nouvel album, co écrit par le thérapeute de Renaud Hantson, permet une interview avec ces deux derniers. Faisons donc la lumière sur cet album.

Propos recueillis par mail.

Salut les gars ! Avant de rentrer dans le vif du sujet, merci de vous prêter au jeu de l’interview pour Metal France. Alors pour commencer deux ans se sont écoulés depuis « AddictionS ». Que s’est-il passé pour le groupe pendant ce temps et quel bilan tirez-vous de l’album précédent ?
Renaud HANTSON : Le bilan est plus que positif d’autant plus qu’« AddictionS » pourrait avoir une deuxième vie puisque nous repassons en commission avec la MILDT (Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie). Si elle valide notre projet, nous nous retrouverions dans une situation sans précédent pour un groupe de metal car ce concept-album deviendrait un élément de prévention cautionné et validé par une action gouvernementale.
Laurent KARILA : « AddictionS » est un projet musical mais également d’information et de sensibilisation concernant les addictions. Ce concept album et l’e-book l’accompagnant sont entre les mains d’une commission de la MILDT afin d’obtenir l’aval officiel de l’utilisation d’un outil de prévention dans les écoles, les facs, les prisons…

Laurent est de nouveau le parolier de cet album. Pouvez-vous nous raconter votre rencontre musicale avec lui ? Quelle est son implication au sein du groupe ?
Renaud HANTSON : Tout a commencé le soir où j’ai annoncé sur Facebook que je commençais une thérapie. Parmi tous les messages de soutien, un mot du docteur Karila, fan de hard rock et de Satan Jokers. J’avais lu son livre « Une Histoire de poudre », mais on ne se connaissait pas… On a continué les échanges et il m’a suggéré de faire un album sur le sujet avec Satan Jokers. Il est devenu mon thérapeute puis mon ami. Et nous avons réitéré pour un deuxième album. Je m'orccupe de la production artistique du disque. Laurent m'aide simplement à financer les projets que nous avons en commun comme l'aurait fait à une époque un producteur exécutif. Peter Grant aidait Jimmy Page à produire financièrement les albums de Led Zeppelin mais n'interférait pas dans la conception sonore et la réalisation artistique, si je peux me permettre un parallèle plutôt flatteur et présomptueux qui laissera à nouveau croire à certains que Satan Jokers est un groupe "megalo" !!!...
Laurent KARILA : Comme le disent Renaud et Pascal Mulot, je suis devenu le 5ème membre du groupe et auteur des textes de « Psychiatric » et d’  « AddictionS ». Je suis aussi producteur exécutif des 2 derniers albums un peu comme Gene Simmons mon modèle sur certains albums de Kiss. Je participe activement à la promotion des ces albums car ce sont comme mes bébés. 

Pour l’écriture, vous lui donnez des lignes directrices ?
Renaud HANTSON : Non mais il a été très compliqué en effet d’arriver à chanter les termes les plus médicaux que Laurent a utilisés sur cet album mais je suis un rythmicien, étant batteur à la base, et pour moi c’était justement un exercice de style assez intéressant que d’arriver à faire passer le plus naturellement possible vocalement et mélodiquement des mots totalement inchantables !
Laurent KARILA : Non je pars en vrille psychiatrique…

N’est-il pas difficile de traiter de sujets que l’on a au quotidien dans le cadre de son travail ?
Laurent KARILA : Je suis un passionné, je vis à fond ce que je fais, je suis un workaholique (boulimique de travail) comme mon neurone miroir Renaud. L’intelligence de Renaud est d’éclater le cloisonnement que pourrait avoir un style de musique. En me laissant écrire ces textes, il me permet de destigmatiser les pathologies psychiatriques et les rendre accessibles à tout le monde. Quoi de mieux que le metal pour parler de maladies mentales ou de conduites addictives au-delà du contexte sex, drugs and rock n roll ou des chansons sur le suicide comme celles d’Ozzy ou de Metallica même si je suis fan de ces artistes.

Comment s’est déroulé l’enregistrement et l’écriture de l’album ?
Renaud HANTSON : J’avais quelques titres dans mes tiroirs. Mike et Pascal en ont préparé également quelques uns chacun de leur côté et ils ont aussi fait deux ou trois séances de travail ensemble. Mon boulot a été de choisir les climats musicaux qui correspondaient le plus en fonction des textes et de faire les mélodies. Je dirais que c’est un travail qui nous a pris un mois d’écriture et comme d’habitude des séances d’enregistrement chez Mike et Pascal dans leur home studio. Mes voix ont été enregistrées en deux après-midis dans le studio de mon local de répétitions. Aurel a fait toutes ses parties de batterie en une très grosse journée d’enregistrement en studio. C’est à nouveau Anthony Arconte, mon fidèle ingénieur du son, qui a mixé en une douzaine de jours ce nouvel album produit par Laurent et moi.

Satan Jokers, malgré une longue absence de la scène, est un des piliers du hard 80’s à la française. Justement, avec le recul que vous avez par rapport à cette scène, quel regard portez-vous sur le sang neuf qui arrive ?
Renaud HANTSON : Mes goûts n’évoluent plus réellement mais je suis au plus près, grâce à mes élèves de chant, l’évolution de la musique qui ne me satisfait pas plus que ça mais où certains nouveaux artistes ont un réel intérêt même si je les trouve assez rares. En matière de hard rock cela fait bien longtemps que, selon moi, plus rien ne s’invente car, cette musique a des codes et utilise des stéréotypes et des clichés. C’est certainement aussi ce qui me plait dans ce genre même s’il est de plus en plus difficile de faire du neuf en matière de metal.
Dans les groupes de metal récents, j’adore Ill Nino qui synthétise pour moi une violence plus hardcore que ce qui figure dans mes goûts naturels mais avec un vrai sens de la mélodie dans chacun de leurs refrains. Mais pour moi rien ne remplacera les Led Zeppelin, Black Sabbath, Deep Purple, Grand Funk Railroad, Humble Pie et quelques autres qui sont mes valeurs refuges et qui demeurent les musiciens qui ont inventé toutes les bases de ce qui est fait encore aujourd’hui en matière de hard rock. Après, qu’on vienne me parler de thrash metal, death metal, grindcore, grunge, stoner, tout cela n’est juste qu’un changement d’accordage, de rythme, de façon de produire le disque ou de le chanter mais très régulièrement les riffs avaient déjà été inventés par les Jimmy Page, Ritchie Blackmore et autres Tony Iommi dans les années 70…

Laurent, quelle relation entretiens-tu, hors Satan Jokers, avec la scène hard rock et metal ?
Laurent KARILA : Je suis ultra fan de metal. Mon modèle est Gene Simmons. J’achète des disques, des goodies, des tee-shirts (j’en porte sous ma blouse à l’hôpital souvent….), je vais beaucoup en concert. Les groupes français que j’apprécie sont Mass Hysteria, Loudblast et Incry. Etre dans Satan Jokers m’a permis de réaliser un rêve de gosse et de découvrir tous les aspects de la scène hard rock/metal.

Etre parolier d’un groupe est-il une première pour toi ? Qui a contacté l’autre pour les paroles de cet album ?
Laurent KARILA : OUI mais j’ai l’habitude d’écrire des livres pour les étudiants en médecine, les médecins, les psychologues et des livres pour le grand public sur les addictions (cocaine, sexe…). D’ailleurs sort « Accro » (Flammarion eds) mon prochain book le 13 février que Renaud m’a postfacé. Les premiers textes musicaux que j’ai écrits étaient pour « AddictionS ». J’ai remis le couvert sur « Psychiatric ». Renaud y appose sa griffe à chaque fois sur 4 titres. Notre histoire remonte à avant « AddictionS » via Facebook. Il avait mis sur ce réseau qu’il commençait Je lui avais proposé de sortir un concept album avec ebook pour ce qui allait devenir AddictionS. Il m’a pris pour un fou !!! Je lui ai envoyé une liste de 12 titres.
Renaud HANTSON : Renouveler mon travail avec le Docteur Laurent Karila était une évidence. J’ai arrêté les séances de thérapie avec lui mais il n’était pas question que nous perdions pour autant le contact créatif qui nous unit également. Nous avons cherché une nouvelle idée pour retravailler ensemble pour un album de Satan Jokers. Faire un concept-album sur les maladies psychiatriques est venu tout simplement.

Quels sont les projets pour le groupe à courte et moyenne échéance ?
Renaud HANTSON : Nous ne savons pas ce que la vie nous réserve mais même si nous mettons Satan Jokers en sommeil nous jouerons là où on nous le demandera si les conditions sont respectueuses de la qualité de notre travail. Quelques dates nous attendent déjà.
Laurent a l’envie d’écrire ce qu’il appelle un « sex opéra » mais ce n’est pour le moment qu’un projet. Rien n’a été encore structuré car cela demandera une véritable trame bien précise… Nous devrions donc dans les deux prochaines années écrire un opéra rock où j’espère certaines têtes du Metal francophone masculines comme féminines viendront nous rejoindre pour interpréter quelques personnages.

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