/// Interview de Scars Of Chaos

Publié le 18/01/2006 par Doll

Chroniqué dans nos pages ces derniers mois, "Daemonic Alchemy" a été l'une des meilleures révélations en matière de Metal Extrême francophone, et ce premier album de Scars Of Chaos méritait bien que nous en rajoutions une petite couche en nous adressant directement au groupe.
C'est DarkOne, guitariste, compositeur et auteur des textes qui s'est aimablement prêté au jeu de la petite et très amicale interview.

MF : Pouvez-vous présenter Scars Of Chaos à nos lecteurs ?

DarkOne : Scars Of Chaos est un groupe de metal extreme symphonique composé d’Angelus (claviers), DarkOne (guitares), Evil Tongue (chant), Horde (batterie) et Sardius (basse). Le groupe est né des cendres de Daemonic Alchemy, du même style. Si on prend ce dernier groupe pour point de départ, nous existons depuis 1997.

MF : Vous jouez un Metal extrême à la croisé de genres comme le Black Metal, le Death Metal et le Metal symphonique. Quelles sont vos principales influences et dans quel « registre » vous situeriez-vous ?

DarkOne : Déjà, j’apprécie le fait que tu aies relevé ces différents elements dans notre musique. La plupart du temps, n’est retenu que le qualificatif de black metal symphonique, c’est réducteur. Comme il est réducteur de nous comparer de trop près à Anorexia Nervosa, une de nos influences, mais ni la plus importante, ni la première. J’aime beaucoup d’ailleurs l’une des chroniques de l’album « Daemonic Alchemy » qui dit en substance que cette comparaison ne souffre pas une écoute un minimum approfondie.
Bref, à l’époque à laquelle les morceaux ont été composés, c’est Bal Sagoth qu’il faudrait retenir pour les claviers, Anorexia Nervosa dans une moindre mesure et aussi Dimmu Borgir. Pour le reste, Emperor a été une mes premières influences, même si ça ne s’entend pas forcément. D’un autre coté, pour trouver une similitude, encore une fois, entre les riffs de guitare de Scars Of Chaos et d’Anorexia Nervosa (puisqu’on y revient souvent), il faut vraiment être dur de la feuille.
Aujourd’hui, on pourrait citer Dark Funeral, quelques compositeurs de musique de films (Zimmer, Doyle, etc…) et même Immolation…

MF : Que pensez-vous de la scène Metal et Metal extrême française actuelle? Y trouvez-vous votre compte en tant qu’auditeurs et ressentez-vous une forme d’appartenance à cette scène en tant que musiciens ?

DarkOne : En ce qui me concerne, et sauf quelques exceptions, on ne peut pas dire que la scène française se dirige vers mes styles favoris. Mais c’est ce que les labels proposent et que les gens écoutent. Par contre, en temps que musiciens, je pense que nous y avons toute notre place et nous respectons énormément la scène metal française qui commence sérieusement à avoir une classe internationale.

MF : Parlons un peu de votre premier album « Daemonic Alchemy ». Comment s’est déroulé son processus de création ? Qu’est ce qui vous a motivé à travailler au désormais fameux Drudenhaus Studio avec Mr Xort d’Anorexia Nervosa ?

DarkOne : « Daemonic Alchemy » est un album un peu particulier. 5 de ses morceaux ont été composés autour des années 2000 / 2001 et 4 autres morceaux quelques mois avant le passage en studio. Le studio se trouvait pas loin de Nantes, la ville d’origine du groupe, et nous avions apprécié à la fois l’enregistrement du promo 2003 (en 2002) là bas et le contact avec Xort. Le son de l’album « Drudenhaus » (NDLR : d’Anorexia Nervosa) nous avait également emballé. Evidemment, nous avions parfaitement conscience du risque que cela représentait pour nous d’aller dans un studio lié à un groupe du même style. Mais nous ne sommes pas du genre à baisser les bras, comme vous pourrez l’entendre sur le 2e album.

MF : Quels sont les thèmes abordés sur l’album ?

DarkOne : L’assujettissement à des pouvoirs supérieurs, les contradictions entre les différents dogmes et les actions de l’humanité. La volonté de ne pas prendre ses responsabilités et de s’en remettre à quelqu’un ou quelque chose. Je me laisse très rarement aller à une haine pure dans mes textes, c’est plutôt du coté de l’ironie ou du cynisme qu’il faut chercher. Ils sont aussi très symboliques et souvent il faut savoir chercher au delà des images qu’ils utilisent.

MF : Vos photos officielles vous montrent « en tenue » avec maquillages, vêtements et accessoires qui sont depuis plusieurs années des gimmicks incontournables dans l’univers visuel des groupes de Black Metal. Etes-vous attachés à une certaine forme de tradition visuelle dans ce domaine ?

DarkOne : Ces photos officielles ont été réalisées pour Daemonic Alchemy (le groupe). Scars Of Chaos n’a jamais joué maquillé et les prochaines photos seront beaucoup plus en phase avec l’image de SOC. Nous ne sommes pas du tout attachés à une quelconque tradition Black Metal puisque nous ne considérons pas en faire avec SOC.

MF : Contrairement à de nombreuses productions Black Metal, surtout en France, vous n’avez pas opté pour un artwork noir et blanc très contrasté mais, au contraire, pour des couleurs voyantes très dorées et sanglantes…

DarkOne : En effet, en plus de la liberté que nous avons donné à l’artiste qui s’occupe de l’image de Scars, nous ne nous sommes jamais sentis liés à un canevas artistique Black Metal.

MF : J’apprécie particulièrement ce travail graphique qui habille votre album. Vous semblez être visuellement attirés par la torture, le bondage, la perversion appliquée à de jolies jeunes filles nues… me trompes-je ? Présentez-nous l’artiste qui est à l’origine de ce travail.

DarkOne : Et bien, je vais te décevoir, la jeune fille sur l’album est un symbole et une icône récurrente. Un symbole parce qu’elle représente l’humanité, une icône récurrente parce que nous allons sans doute garder longtemps ce principe pour les prochains albums. Rien de SM donc. L’artiste qui s’occupe de SOC est Gui@B de Vicious Art. C’est un ami et quelqu’un qui n’est pas spécifiquement lié à l’artwork d’œuvres musicales ni au metal. Bref, je trouve que ça nous permet d’avoir une identité propre et je lui en suis très reconnaissant.

MF : Pour finir, quelles sont vos bonnes (ou moins bonnes) résolutions pour l’année 2006 ? Allons-nous vous voir sur scène ?

DarkOne : L’année 2006 sera chargée. On fera des scènes, c’est certain, mais sans doute pas énormément. Nous devons enregistrer notre 2e album pour le début du printemps. Nous travaillons également sur la création d’une structure qui nous permettra de sortir cet album pour fin 2006 / début 2007, mais également d’autres groupes assez rapidement. C’est un investissement assez important et j’espère qu’il nous permettra de donner à des groupes de styles qui ne sont pas forcément la priorité des labels actuellement la possibilité de sortir de l’ombre.

MF : Je vous laisse conclure cette interview, un dernier mot pour la fin ?

DarkOne : Merci à Metal France et surtout gardez l’ouverture d’esprit qui est la votre. Pour voir l’avenir du metal, il faut aussi savoir regarder devant soi.

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