/// Interview de Sidilarsen

Publié le 01/03/2005 par Saimon

Interview réalisé par mail.

Mf : Tout d' abord pourquoi "Eau"?

Ce n’est pas au niveau du signifiant direct que nous l’avons choisi, c’est plutôt au niveau de la sensation : « eau » évoque la fluidité, l’origine, les profondeurs de l’âme, la féminité, la transparence. « Eau » n’est pas un album concept comme pouvait l’être « biotop », chaque morceau amène une émotion différente sur ce disque. Il y a aussi un peu un fil conducteur au niveau des machines qui apportent des sonorités aquatiques. Après avoir enregistré cet album, nous l’avons écouté et la sensation globale qui s’en dégageait était la fluidité des compositions et la pureté du son.

MR : Quelle orientation avez vous voulu prendre pour ce nouvel album par rapport à Biotop notamment?

L’évolution musicale a été naturelle comme toujours dans Sidilarsen, rien n’était prémédité. Pendant les phases de composition, il est très rapidement apparu une envie de travailler davantage les mélodies. Nous avions à cœur d’aérer les morceaux afin de donner plus de relief et de puissance aux parties intenses. Je pense que sur « eau » on retrouve l’efficacité dansante des sidi mais abordée sous un nouveau jour avec des grooves différents. Les deux chants se complètent mieux aussi, nous voulions afficher plus clairement le fait qu’il y a deux chanteurs dans Sidilarsen.

MF : D'où est venue l'idée et comment s'est passé le feat. avec les Fabulous Trobadors?

Nous sommes de la même ville (Toulouse), on s’est croisé lors d’un festival où l’on a pu apprécier chacun la prestation de l’autre. Puis on s’est revu autour de quelques apéros et l’idée a germé. Les Fabulous ont une action soutenue dans le milieu associatif toulousain, avec sidi on est très impliqué aussi via notre collectif Antistatic. Le facteur humain a primé et les barrières musicales et générationnelles sont tombées. Cela nous plaisait bien l’idée de faire un featuring inattendu sur la scène metal. On s’est mis d’accord sur le contenu du titre, on a pris chacun nos plumes, les Fabulous ont écrit la partie en occitan et nous la partie en français. On est très satisfait de cette expérience.

MF : Y a-t-il eu d'autres collaborations sur cet album ?

Oui : nous avons invité une amie pour des parties vocales féminines, elle s’appelle Frédérika, elle chante sur les titres « Elle me tend toujours la main » et « Etheral ». Nous sommes très sensibles à sa voix et très heureux du résultat. Nous avons aussi convié Lisou, membre active du collectif Antistatic, qui ne se considère pas comme une artiste. Nous lui avons proposé de lire un texte en anglais sur un passage ambiant du morceau « Elle me tend toujours la main ». Nous voulions une voix très posée, douce et froide en même temps. Le résultat est comme nous le voulions.

MF : Ce nouvel opus semble moins lourd au niveau des riffs, mais plus aiguisé. Vos influences sont-elles les mêmes qu'au début ? (Verticalité ou Émotion numérique)

Nos influences évoluent forcément car nous sommes curieux et ouverts musicalement. Néanmoins nous ne rejetons rien de notre passé musical et régulièrement, on voit remonter de vieilles influences. Il y a des cycles en quelque sorte. Je suis bien d’accord avec ta remarque sur le côté plus aiguisé des grattes du nouvel album. Ce n’était pas calculé, cela vient des compos en elles-mêmes. Ça me fait plaisir que tu l’ais constaté car cela me paraît tout à fait exact.

MF : On retrouve souvent des sons electro, parfois soft, parfois plus rythmés comme l'excellent remix d'Heretic system. Est-ce un milieu (les teufs) que vous fréquentez souvent ? Avez-vous renouvelé l'expérience d'un morceau teuf pour ce nouvel opus ?

Lol. Oui en quelque sorte, il y a un morceau « teuf » sur ce nouvel album, il s’appelle « Prédiction », il est plutôt en fin de skeud, c’est un morceau très progressif avec des aspects transe. Il y a une certaine influence de la scène techno qui est récurrente chez nous. Nous avons fréquenté plus ou moins ce milieu mais aujourd’hui on est davantage attirés par les concerts, qu’il s’agisse de rock, de dub, d’électro ou autres.

MF : Est-ce que plusieurs thèmes vous sont revenus lors de l’écriture d'"Eau"?

Comme je te l’ai dit plus « eau » (oh lala si moi aussi je m’y mets…), il n’y a pas de concept récurent sur cet album, chaque morceau aborde un sujet ou creuse une émotion, les textes sont moins légers que sur « biotop » où nous voulions un côté accessible. Ici les textes sont plus personnels et certainement plus troubles. Nous invitons chaque auditeur à réfléchir et à interpréter à sa manière nos paroles.

MF :Comment composez-vous ?

Il n’y a pas de méthode figée, il n’y en a jamais eu. On aime bien se remettre en cause régulièrement afin d’amener de la fraîcheur. Parfois on commence avec les machines, d’autres fois à partir d’un riff de gratte, d’autres fois encore nous construisons notre morceau autour d’un groove. La seule règle, il est vrai, c’est une certaine recherche d’efficacité dansante.

MF : En France la musique metal ne s'apparente pas souvent à un métier, arrivez-vous à vivre de votre musique ?

Nous commençons timidement à y parvenir après bientôt 8 ans d’existence. Combien de temps pourrons nous vivre, je n’en sais rien. Le statut d’intermittents est fragile et les ventes d’album ne font pas vivre un groupe de metal français. C’est simplement un petit complément. Il faut vendre 150 000 disques à chaque album pour espérer vivre uniquement de tes ventes d’album. Quand tu sais que les plus gros groupes de metal français plafonnent à 35 000, tu as compris l’ampleur de la difficulté. Nous sommes obligés de faire des prestations de roadies à côté pour nous en sortir. Mais nous ne baisserons jamais les bras.

MF :Comment se porte le collectif Antistatic ?

Très très bien. Plus actif que jamais. Psykup et Sidilarsen sortent leur deuxième album à 3 semaines d’intervalle, les autres groupes seront en actualité d’ici la fin de l’année. Nous nous investissons beaucoup dans notre collectif, la flamme est toujours là, on organise des concerts en région, c’est un bon moyen de rester sur le terrain et de garder de la lucidité.
Merci à Metal France,
A bientôt sur la route, si vous avez envie de fraîcheur dans le metal, pensez à vous procurer « eau » dès le 21 mars.

Did0u pour Sidilarsen.

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