/// Interview de Sonata Arctica

Publié le 25/02/2014 par lucinda

Interview réalisée le 25 février 2014 par Skype.

 

(Scroll down for the English version)

 

Déjà en pleine tournée, Sonata Arctica s'apprête à sortir à la fin du mois leur huitième œuvre intitulée "Pariah's Child" ; en plus d'être marqué par la venue d'un nouveau bassiste, on note dans ce nouvel opus un certain retour aux sources, dont le groupe avait visiblement grand besoin, sans pour autant écarter certaines expérimentations dont la formation a été très friande sur ses trois derniers albums. Mais point trop n'en faut, à en juger les propos de l'incroyable chanteur et compositeur qu'est Tony Kakko...

 

sonata_pariahschild

 

Certains éléments, comme le loup et l'ancien logo sur la pochette, mais aussi quelques sonorités Power Metal font leur grand retour dans l'univers de Sonata Arctica. Dans le dernier trailer de "Pariah's Child", tu as déclaré : "Sonata est de retour". Pourquoi était-il nécessaire que le groupe "retourne chez lui" ?

Tony Kakko : Nous sommes de retour sur la "piste" que nous avons explorée sur nos quatre premiers albums. Nous l'avions délaissée avec "Unia" (2007) et les albums qui ont suivi. Huit ans plus tard, l'approche et le style du passé nous ont de nouveau inspiré. On s'est dit que c'était une bonne idée, alors que nous étions en pleins préparatifs du 15e anniversaire, l'été dernier. Cela nous a amené à réécouter les anciens albums afin de définir quelles chansons on aimerait jouer. Je n'avais pas écouté certaines chansons depuis dix ans, et je n’exagère pas. Je croyais que ça allait être une vraie calamité de retourner à ces morceaux ; contre toute attente, j'ai apprécié revenir sur ces morceaux ! J'ai donc décidé de redonner une chance à ce style en écrivant un morceau dans la veine de "Winterheart's Guild" (2003) et de "Reckoning Night" (2004), ce qui a donné naissance à The Wolves Die Young. Tout le monde dans le groupe a adoré le morceau, et on a vraiment voulu que tout l'album aille dans cette direction.

Dans le trailer, tu affirmes également qu'aucune "famille musicale" ne voulait vous accepter en leur sein. Est-ce réellement important d'appartenir à l'un de ces genres ?

Non, pas du tout ! Mais ça m'ennuyait d'entendre les gens affirmer que nous nous placions nous-mêmes dans tel genre alors que ce n'était pas le cas. Au début, j'en étais dérouté, mais ça a fini par me gonfler. Je me suis rendu compte que ce n'était rien de plus qu'un plan marketing de la part des labels, à qui cela facilite les choses lorsqu'un groupe correspond exactement à un genre. Mais nous avons toujours fait de la musique comme nous le voulions, avec des morceaux qui peuvent s'éloigner un peu du genre initial. C'est sûrement ce qui fait qu'on n'est pas si faciles à promouvoir. Ceci étant dit, les gens qui ne s'en tiennent qu'à un seul style de musique ne trouveront pas ce qu'ils recherchent avec nous, ce qui est un peu triste.

Je pense que "Metal mélodique" est le genre qu'on peut "accoler" à notre style (rires). Nous avons aussi des sonorités Rock, mais c'est le Metal qui prime.

Pour moi, "Stones Grow Her Name" (2012) rappelait beaucoup "Unia", tandis que "The Days of Grays" (2009) se concentrait davantage sur l'orchestre et les émotions que ce dernier engendrait. Pourtant, "Pariah's Child" semble de nouveau prendre un tout autre chemin. Pourquoi ne pas avoir plutôt essayé d'approfondir les influences des récents albums ?

Je crois que nous sommes allés suffisamment loin, pour ne pas dire trop loin dans la recherche de nouveaux sons, album après album. Les gens commençaient à ne plus s'y retrouver et, pour tout te dire, on essaie de vivre de notre musique (rires). C'est plus qu'un loisir pour nous. On souhaite écrire de la musique que les gens peuvent apprécier d'un album à l'autre. Pour moi, les trois derniers albums étaient plus... "artistiques", peut-être même cathartiques (rires), une sorte d'exploration. On a fait pas mal de choses bizarres, sans se soucier de quoique ce soit, hormis de ce qu'on voulait nous. Cette fois, l'une des raisons qui nous ont fait changer d'approche, c'est que nous avons remarqué pendant la tournée "Stones Grow Her Name" que certains morceaux, qui fonctionnaient très bien sur l'album et rendaient quand même bien en live, avaient aussi tendance à "ralentir" les concerts. Ce n'était pas aussi joyeux et drôle qu'un concert de Sonata Arctica se doit d'être. C'était le cas avant : on avait des titres avec des rythmes plus rapides et il y avait vraiment des mouvements de foule. Maintenant, on n'a plus trop de headbangers dans le public (rires) ! À la place, il y a des gens que nous n'avions jamais vu auparavant, ce qui n'est pas une mauvaise chose, loin de là. Quoiqu'il en soit, le concerts avaient perdu la saveur "Sonata Arctica". Nous avons joué beaucoup de morceaux issus de "Stones Grow Her Name" pendant cette tournée. L'un des objectifs que je me suis fixé lorsque j'ai commencé à écrire le nouvel album était d'inclure davantage de chansons rapides dans notre setlist, et je pense qu'avec cet album, ce sera tout à fait possible.

Le nouveau clip, The Wolves Die Young, est sorti il y a quelques semaines déjà. Pourrais-tu nous parler de l'histoire développée dans la chanson et du clip ?

Un vers de la chanson est connecté au vieux conte d'Andersen, "Les Habits Neufs de l'Empereur". J'ai écrit beaucoup de versions différentes pour les paroles, et j'ai fini par garder celle-ci. C'est l'histoire d'enfants - les loups, qui sont capables de voir le déguisement de la reine ; ils peuvent voir à quel point c'est une vraie garce (rires) ! Elle ne porte rien. Il y a aussi une prophétie qui dit que ces enfants, qui peuvent voir au-delà de son déguisement, détrôneront la reine un jour, comme le disent les paroles. Alors, la reine décide de se débarrasser de ces enfants. En ce qui concerne le clip, nous n'avons passé qu'une journée à Lahti (Finlande, ndlr) accompagnés du réalisateur Patric Ullaeus pour tourner nos scènes. On n'a pas participé au reste du tournage. Je crois que tous les acteurs qui apparaissent dans le clip sont suédois. Je n'ai pas eu le temps de me retourner que Patric m'envoyait déjà la version finale du clip par mail.

Es-tu satisfait du résultat final ?

Oui ! C'est superbe, compte tenu du temps et des moyens que nous avions. J'en suis très content.

 

 

Sonata Arctica, 2014

 

Pasi Kauppinen est le nouveau bassiste de Sonata Arctica. Comment se sont passés l'enregistrement, les répétitions et les concerts avec lui jusqu'à présent ?

Tout est parfait ! Je crois que c'est la personne la plus sympathique que tu rencontreras jamais dans ce milieu (rires) ! C'est très facile de bien s'entendre avec lui. C'est également un excellent bassiste et, cerise sur le gâteau, il possède son propre studio. C'est d'ailleurs lui qui a mixé le nouvel album. Il nous convient parfaitement. On a certes du laisser partir une personne formidable (Marko Paasikoski, ndlr) mais il a été remplacé par cet incroyable bassiste. On ne pouvait espérer mieux.

Des bruits de la vie de tous les jours jonchent "Pariah's Child", notamment sur Clood Factory et Blood. Pourquoi était-ce important d'intégrer ces sons à ta musique ?

Ils permettent de dresser le décor, notamment en ce qui concerne l'usine. Ils transportent l'auditeur dans un environnement complètement différent. Si tu ne fais que chanter une chanson à propos d'une usine, cela ne devient pas concret. J'aime créer ce genre de moments atmosphériques. C'est super aussi d'avoir ces passages en live, au moins, ça nous donne quelques minutes de répit en coulisses (rires).

Ces bruits créent l'atmosphère souhaitée et je pense que c'est une chose importante.

X Marks the Spot a vraiment retenu mon attention : pourrais-tu nous en dire plus sur cette chanson ainsi que sur ce personnage qui intervient à plusieurs reprises ?

Le personnage principal, que nous appelons "le prêcheur", est interprété par Jarkko Koskinen. C'est un ami d'Elias (Viljanen, guitares, ndlr). On l'a rencontré pour la première fois à l'un de nos concerts ; il a commencé à parler avec cet accent du sud des États-Unis en s'amusant à imiter un prêtre, et je suis tombé raide dingue de ce petit quelque chose qu'il possédait. Deux ans après environ, quand j'ai commencé à travailler sur le morceau, j'ai réalisé que ce titre serait parfait avec Jarkko dessus. La chanson parle des gens qui meurent en ayant laissé la religion (ou autre) toujours tout leur dicter, sans qu'ils aient réfléchi avec leur propre matière grise. Ils préfèrent laisser une sorte de leader d'un culte prendre le contrôle de leur vie, et je pense que c'est une chose sacrément triste. Je connais quelqu'un qui a pris ce chemin et honnêtement, ça a tendance à me gonfler. Donc c'est une histoire, mais elle comporte aussi une touche personnelle. Au-delà de tout ça, c'est juste une grande rigolade. Je crois même que c'est la chanson la plus drôle qu'on ait jamais faite, et on le doit surtout à Jarkko. Son personnage et le script que nous lui avons écrit fonctionnent à merveille.

Personnellement, je pense que vous avez réussi à expérimenter quelque chose de nouveau avec ce morceau, malgré le fait que vous ayez mis l'accent sur les sonorités d'antan, sur cet album. Je le trouve très réussi !

On aime changer quelque chose à chaque fois, au moins certains détails. On ne veut pas répéter toujours la même chose.

Larger than Life parle d'un acteur de théâtre. Te sens-tu connecté à ce genre de personnage et aux propos qu'il tient ?

Les acteurs et les autres artistes se ressemblent par bien des aspects. Ils doivent sacrifier quelque chose de leur être. En faisant cela, on perd forcément une partie de notre vie. En gros, Larger than Life raconte l'histoire d'un jeune homme qui décroche un gros rôle et l'interprète à merveille. Il devient riche et célèbre. Il interprète beaucoup d'autres rôles dans le monde entier et obtient tout ce dont il a toujours rêvé et plus ; seule une chose manque à l'appel. Tous ses amis ont fondé une famille, ils ont des enfants et même des petits-enfants. Lui n'a aucune de ces choses. À un moment donné, il réalise ce qui importe vraiment dans la vie. Il commence alors à se battre pour l'obtenir, et finit par trouver le bonheur. Il a donné un nouveau sens à sa vie, autre que sa carrière. Pour une fois, la chanson finit bien, et je pense que la morale de cette histoire et qu'il ne faut jamais abandonner. Il n'est jamais trop tard pour changer. Quelque soit la voie qu'on emprunte, on peut toujours trouver le bonheur.

 

Sonata Arctica, 2014

 

J'aimerais revenir sur le morceau The End of this Chapter, issu de l'album "Silence" (2001). Cette composition et ses paroles m'ont toujours intriguée. Qu'est-ce qui t'a inspiré cette histoire dans laquelle un homme n'arrive pas à renoncer à son ex-petite amie ?

J'ai été inspiré par les films que je regardais à l'époque, comme "Scream". Les relations qui tournent au vinaigre et finissent vraiment mal sont une source d'inspiration pour moi. J'ai toujours été fasciné par les histoires qui ne se passent pas très bien. Je n'arrive pas vraiment à m'inspirer d'histoires d'amour heureuses. Les sentiments tels que la mélancolie sont plus ma tasse de thé. J'ai comme l'impression que cela crée un art plus "noble", même si c'est un peu ridicule. En réalité, The End of this Chapter, Caleb, Juliet et Don't Say A Word parlent plus ou moins de la même chose, mais en donnant peut-être un autre point de vue ou une suite, tout simplement. Ça pourrait faire un bon film, si quelqu'un voulait bien rassembler tous les chapitres et trouver des idées pour combler les trous.

Timo Kotipelto, le chanteur de Stratovarius, a participé aux chœurs sur deux albums de Sonata Arctica. Avez-vous pensé à faire un vrai duo un jour, que ce soit pour Sonata Arctica ou Stratovarius ?

Euh... Non (rires). On y a jamais vraiment pensé. Mais rien n'est impossible. C'est un drôle de monde. Je ne sais pas... Ce n'est pas une si mauvaise idée !

 

Vous avez joué The Wolves Die Young pour votre tournée-anniversaire en Finlande. Comment le titre a été reçu ?

Le titre ouvre les concerts, et comme la tournée ne fait que commencer, les gens étaient surpris de l'entendre. Je pense qu'ils l'ont bien reçu. J'ai vu quelques sourires dans le public. Et je n'imagine pas de meilleur début pour la carrière de Pasi en notre compagnie, avec le solo du début qu'il joue avant même que je ne commence à chanter ! C'est plutôt extrême.

À part ça, qu'est-ce que vous avez prévu pour le 15e anniversaire ? Je sais que vous allez bientôt partir en tournée en Amérique du Sud à cette occasion...

Tout à fait. La tournée commence en début de semaine prochaine, du moins, on décolle lundi (rires). Ensuite il y aura la tournée européenne en avril. Mais la tournée ressemblera plus ou moins aux précédentes. On a juste changé quelques morceaux sur la setlist, des morceaux qu'on a trop joué auparavant. Je pense notamment à Paid in Full, que nous avons joué à tous les concerts sans exception depuis qu'il est sorti. On le remplacera par une nouvelle chanson. On est également sûrs de jouer des titres qu'on n'a plus joué depuis longtemps, comme My Land, Kingdom for a Heart, Wolf and Raven, The Cage, etc. Les concerts se concentreront plus sur le Metal "old school" de Sonata Arctica. Le public finlandais a apprécié.

D'ailleurs, après tant d'albums, comment vous-y prenez vous pour décider des morceaux qui apparaîtront sur la setlist ?

Sur chaque album, il y a des morceaux qu'on ne peut pas retranscrire vraiment en live. Soit ils sont impossibles à jouer, soit ils sonnent mieux sur l'album. La première étape est donc d'éliminer ces chansons avant de se retrouver avec un "squelette" de setlist. Bien sûr, il y a des morceaux qu'on ne peut pas ne PAS jouer, comme Don't Say A Word ou Full Moon. Mais tout le monde dans le groupe a son mot à dire. Si l'un d'entre nous n'a pas forcément envie de jouer une chanson à un concert ou pendant une tournée, ça ne pose pas de problème. On essaie toujours de se mettre d'accord. Mais effectivement, chaque album supplémentaire rend la tâche plus difficile.

L'automne prochain, le groupe Delain part aux États-Unis en tournée avec vous. Les deux groupes ont déjà tourné ensemble il y a cinq ans. As-tu écouté leurs albums récents ?

Je dois admettre que non (rires). Récemment, j'ai écouté pas mal de vieux albums. Je me suis penché sur Led Zeppelin l'été dernier (rires). Je n'ai jamais vraiment réussi à accrocher, mais un jour je me suis mis à lire leur biographie et j'ai décidé d'écouter leur musique en guise de bande originale du livre. J'ai fini par adorer. Je suis complètement inculte de ce qui se fait en ce moment, sauf Devin Townsend. Lui, il marche à tous les coups.

Pour revenir à Delain, je me souviens avoir fait un duo avec Charlotte (Wessels, chant, ndlr) sur Last Drop Falls parce que j'étais malade et qu'elle connaissait le morceau.

 

The Life and Times of Scrooge

 

Récemment, tu as participé à l'album solo de Tuomas Holopainen, "The Life and Times of Scrooge". Connaissais-tu le livre avant cette collaboration ?

Oui, très bien ! Je connais le travail de Don Rosa depuis 1990, que j'ai pu voir dans le Donald Duck Magazine finlandais "Aku Ankka". A l'époque, le nom des artistes n'était pas indiqué sur le magazine, contrairement à aujourd'hui. Je me suis penché sur le travail de ce nouveau venu, qui avait une nouvelle manière de procéder. Les années ont passé, il a publié de plus en plus de son travail unique, et a fini par publier un livre, que j'adore ! Et c'est bien sûr le cas pour Tuomas. On en a discuté et il y a quelques années de cela, il commençait à dire qu'il aimerait écrire une sorte de bande originale du livre. J'ai pensé : "Waouh ! Ça devrait le faire". Il a enfin réussi à concrétiser ce projet (rires). C'est super.

Ma dernière question est la suivante : l'univers de Sonata Arctica est rempli d'histoires, de divers personnages et d'éléments très théâtraux. As-tu déjà pensé à approfondir cela et faire quelque chose en lien au théâtre ?

J'en ai discuté avec Mikko P. Mustonen, qui s'occupe des orchestrations de nos albums, comme celles de Larger than Life sur "Pariah's Child", notamment. J'espère qu'un jour nous aurons le temps d'aller plus loin et d'approfondir cette narration. Mais ça devra être autre chose qu'un Rock Opera, le concept est usé jusqu'à la corde (rires). Ceci étant dit, Sonata Arctica me prend tout mon temps. J'ai même prévu de sortie mon album solo, mais en plus de prendre tout mon temps, le groupe me prend aussi mes compos. Par exemple, dans "Pariah's Child", la chanson Take One Breath était supposé aller sur mon album solo. Mais bon, on ne peut rien y faire (rires) !

 

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English version:

 

As they are already in the middle of touring, Sonata Arctica is about to release their eighth work entitled "Pariah's Child". Adding to the fact it welcomes their new bass player, the new album also goes back to the roots - which, apparently, the band was longing for, but does not give up on some experiments the band has been doing a lot on the last three albums. But too much of a good thing might actually be too much, considering the words of the excellent singer and composer Tony Kakko...

 

The wolf, the old logo and even some power metal sounds are back in the Sonata Arctica universe. In the latest trailer, you said: “Sonata is back”. Why did you feel it was necessary for you to “come back home”?

Tony Kakko: We are back on that “track” we were on our first four albums. We went on a different road with "Unia" (2007) and the albums that followed it. After eight years, this old approach and style felt like a good idea and inspiring. It all started last summer when we had to start preparing ourselves for the fifteenth anniversary tour. That naturally meant that we would listen all the old albums and see what songs we might want to play. Literally there were a lot of songs that I had not heard in ten years. I thought it would be a total pain in the ass and a nightmare to listen to those songs but it was a surprise that I actually enjoyed it! I decided to give it a go and write a “Winterheart’s Guild” (2003) / “Reckoning Night” (2004) type of style. The result was The Wolves Die Young. Everybody in the band loved the song and we definitely wanted to take the whole album more into that direction again.

In this trailer, you also said that nobody wanted to accept you in their genres. Is it important for you to belong to any music family at all?

No, not at all! But it was annoying when people claimed we said that we are something while we are not, in their opinion. I heard that a lot. At first it was really confusing and then it started to piss me off. I realized it was nothing more than a marketing tool for labels, which, of course, make it really easy for them if the band fits one of those boxes very neatly. But we always did music our own way and wrote songs that are slightly different. That probably made it difficult for the market to sell us. But people who are really into that certain genre music cannot find what they’re looking for in our music, which is sad.

I think melodic metal is one of the best genres or kind of title you can put on us (laughs). We also have rock, but metal first of all.

For me, “Stones Grow Her Name” (2012) was a reminder of your album “Unia”, while “Days of Grays” (2009) focused on a more emotional and orchestral dimension. But now with “Pariah’s Child”, it seems that you took another direction again. Why not trying to deepen the sounds you have explored in the recent past?

I think we went far enough, even too far when trying to search and change with every album. It started to confuse the people and honestly, we try to make a living with this thing (laughs). It is more than a hobby for us. We want to write music that people will enjoy from one album to another. I think the last three albums were more… “artistic”, maybe cathartic (laughs), an exploration time for us. We were doing all kind of weird stuff, not giving shit about anything but what we want to do. This time, one of the biggest reasons for the change is that on the “Stones Grow her Name tour”, the songs from the album functioned really well on the album and were a lot of fun to perform, but at the same time, they made the show “slow” and not as perky and fun as we would like a Sonata Arctica show to be. It used to be like that: we had speeder songs and people were waving around. We don’t have any headbangers in the audience anymore(laughs)! Instead, there was some audience we have never seen before, which was a good thing, of course. Anyway, the shows started to feel not Sonata Arctica-like. We played a lot of songs from “Stones grow her Name” in that tour. One of the aims when I started to write and compile the new album was to get more fast songs in our setlist, and now with this album we’re going to get that, for sure.

Your new video clip The Wolves Die Young has been released a few weeks ago. Could you talk a bit about the story of the song and the main character?

One line connects the song lyrically and this old Andersen story of “The Emperor’s New Clothes”. I wrote so many different versions of the lyrics and finally came up with the final version. It’s a story about children – the wolves, who are able to see the disguise of the queen and see what “bitch” she really is (laughs)! She’s not wearing anything. There’s also a prophecy saying that these kids, who are able to see through her disguise, will dethrone the queen one day, as the lyrics say. So the queen decides to get rid of those children. When it comes to the video, we were just there one day in Lahti (Finland) with director Patric Ullaeus. We shot our play parts and that was about it. We didn’t take part in the rest of the filming. I think all the people in the video are from Sweden. Next thing I knew (after we talked with Patric about the story that would be going on), I had to finished video in my email box.

And are you satisfied with the result?

Yes! It’s pretty darn good, given the time and the resources we had. I’m happy with it.

Pasi Kauppinen is the new bass player in Sonata Arctica. How is it going with him so far?

Perfect! He’s the nicest guy you’re ever going to meet in this business, I think (laughs)! He really is easy to get along with. He’s also an excellent bass player, and on top of it, he’s got his own studio – he actually mixed the new album as well. He fits perfectly. We lost one cool guy but he got replaced with this marvelous bass player. It couldn’t have been better for us.

“Pariah’s Child” is filled with everyday life noises, like in Cloud Factory and Blood. Why is this important to integrate these sounds to your music?

These are painting the scenery of the factory thing. It’s taking the listener to a totally different environment. If you just sing a song about a factory it’s not getting real. I enjoy creating this kind of atmospheric moments. Those are really a lot of fun to have in a live situation because you can have a small break (laughs).

They just create the atmosphere and I think it’s important.

X Marks the Spot definitely caught my attention: could you tell us the story of this song and introduce the character who is talking several times in the song?

The main character is “the Preacher”. He’s called Jarkko Koskinen. He is a friend of Elias (Viljanen, guitar). We saw him for the first time in one of our shows; he started talking with this Southern accent and playing this kind of priest role, and I fell in love with that “thing”. It must have been maybe two years after, when I started to write this song, and realized it would be the perfect song to have Jarkko in. The song is about people who just die into any kind of religious company and do not think with their own brains. They’d rather let some cult leader take over their lives and I think it’s really god damn sad. I know at least one person who’s gone in that direction and frankly, it pissed me off a little bit. It’s a story, but it’s also got some personal touch as well. More than anything it’s just pure fun. I think it’s the funniest song we’ve ever made, mostly because of Jarkko. His character and the script we wrote work perfectly.
 
I personally think that with this song you managed to experiment something else and I think it’s great because even though you come back to the old style, you try to add new elements, which is great!

We like to add some change every time, at least a little bit. We don’t want to repeat ourselves too much.

Larger than Life is about a theatre performer. Do you feel connected to these characters and to the things you made them say in the songs?

Actors and other artists are the same in many ways. They have to yield something of themselves. When you do that, you always lose some part of your life. Larger than Life is basically a story of a young man who gets some big role to play and does it really well. He gets famous and rich. He gets through a lot of great roles around the world and gets everything he’s ever dreamed of and more, except one thing he is really missing. All his friends have families, children and even grandchildren. He doesn’t have any of those things. He realizes at one point what is important in life. He starts to fight for it. Eventually, he finds himself in a lucky place. He gave another meaning to his life other than his career. For once, the song has a happy ending, and I think the moral of the story is that you should never give up. It’s never too late to change. Whatever path you’re on, you will always find happiness.

 

I'd like to come back on an old album, that is "Silence" (2001). The song and the lyrics of The End of this Chapter always intrigued me. What inspired you that story dealing with a man who can’t let go off his ex-girlfriend?

It’s because I watched a lot of movies like “Scream” and such at that time. I got inspiration for relationships going totally sour and really bad! I’ve always been into stories that have a downside. I don’t find happy love stories really inspiring. Things like melancholy work better for me. It almost feels like it would make a greater art, although it’s ridiculous. The End of this Chapter, Caleb, Juliet and Don’t Say a Word actually deal with the same story, pretty much, even if they might give a new insight on the subject or just continuity. It could make a decent movie if someone took all these chapters and came up with something to fill in the blanks.

Timo Kotipelto from Stratovarius sang the backing vocals on two albums of Sonata Arctica. Have you two ever thought about singing a real duet, either for Sonata or Stratovarius?

Hum… No (laughs). That never really crossed our minds. But anything can happen. It’s a funny world. I don’t know... That’s not such a bad idea!

 

You played The Wolves Die Young during the 15th anniversary tour in Finland. How as this track received?

It’s the first song that is played on the setlist, and since it’s the beginning of the tour it was a surprise for all the people there. I think they took it really well. I saw a lot of happy faces there. I also can’t imagine a better start for Pasi’s career on stage with us, playing a bass solo even before I start to sing! That’s pretty extreme.

Other than that, what is planned to celebrate their 15th anniversary? I know you will soon go on an anniversary tour in South America…

That’s correct. The South American tour starts early next week – well, at least we take off on Monday (laughs). Then there will be the European tour in April. But then it will be more or less the same tour as always. We’ve only changed some songs, like some songs that we’ve played so much in our previous tours. I’d name one song: Paid in Full, which we played every show since it was released. So we will replace it with one of the new songs. We will definitely play some songs that we haven’t played in a while like My Land, Kingdom for a Heart, Wolf and Raven, The Cage and so on. It’s going to be more focused on Sonata Arctica’s old school metal. People in Finland enjoyed it.

After so many records, how do you proceed in order to decide which songs should appear on the setlist?

On each album we have a few songs that obviously cannot be translated to the live environment that well. They’re either impossible to do or they’re just album songs. So the first step is to leave out some tracks and you get a “skeleton” of your setlist. Of course they are also some songs that we cannot NOT play like Don’t Say A Word and Full Moon. But everybody has a saying. If someone doesn’t feel like playing one song on a certain tour or even on certain day, that’s fine. We just also try to come to an agreement. But yes, with each album it’s getting more and more difficult.

Next fall, the band Delain will tour with you in the US. You already toured together five years ago. Do you know their latest releases?

No, to be honest (laughs). Lately I’ve been listening to old music. I found Led Zeppelin last summer (laughs). I’ve never really enjoyed what I had heard from them. But one day I picked up their biography and decided to give it a go, and their music would be a soundtrack for that book. I fell in love with it eventually. So I am so uneducated about what is being released, except for Devin Townsend. His music works every time.

To go back on Delain, I remember Charlotte (Wessels, singer) and I made a duet on Last Drop Falls because I was sick, and she knew the song.

 

You recently participated in “The Life and Times of Scrooge”, the new solo project of Tuomas Holopainen. Were you familiar with the book before you started?

Absolutely, yes! I’ve known Don Rosa's work since 1990. It was released in the Finnish Donald Duck magazine, “Aku Ankka”. Back then the names of the artist were not printed on the magazine; nowadays, they are. I paid attention to this new guy, with a new way of doing things. Years went by, he started to release more and more of his unique work and finally even a book. I loved that thing! So did Tuomas. We had talked about it a few years back, he started to say that one day he would like to write a kind of soundtrack for that book. I thought: “Wow! That would be something”. He actually got it done (laughs). It’s fantastic.

This will be the last question: the universe of Sonata Arctica is so full of stories, different characters and theatrical elements. Have you ever thought about going further and doing something related to acting?

I’ve been talking about this stuff with Mikko P. Mustonen, the guy who’s been created the orchestrations for our albums so far, like on Larger than Life in “Pariah’s Child”. At some point, I hope we get time to start something to go further and deeper into that storytelling. But it should be something different than Metal or Rock Opera, because it’s been done so many times (laughs). But Sonata Arctica is taking all my time. I’m even planning on releasing my solo album, but not only the band takes all my time but it also takes my material as well. For example, on “Pariah’s Child”, the song Take One Breath was originally meant to be on my solo album but shit happens (laughs)!

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