/// Tool + Papa Roach

Paris (04/06/2001)

Publié le 04/06/2001 par K.G.

Enfin ce 5 Juin pour assister au plus grand événement de ces dernières années ( et des prochaines ) : le retour de TOOL sur la planète Terre ( et, accessoirement, dans la capitale ).

Cinq ans après Aenima ( le meilleur album du siècle dernier, toutes catégories confondues ), le groupe le plus fascinant du monde est donc revenu porter la bonne parole avec la sortie de Lateralus, son dernier-né. Décevant à la première écoute, l'album se révèle en fait sur la longueur, dévoilant ses splendeurs cachées agissant tel un lent poison incurable.

Trois groupes en avant-programme, histoire de se mettre en bouche : CORTIZONE et ALIEN ANT FARM pour commencer, deux jeunes combos quasi-débutants qui se sont produits devant une salle encore presque vide, ce qui ne le fait pas point de vue ambiance. Dommage.

Le tout se remplit bien vite pour l'arrivée de PAPA ROACH, bizarrement associé à l'affiche de la soirée ( plus antagonistes que les musiques de PAPA ROACH et TOOL, faut trouver ). On peut ne pas être fan de leur musique, forcé de constater que le groupe dévoile, en live, une énergie férocement communicative. En grande partie grâce à Coby Dick, le chanteur-leader complètement frappé de la troupe, qui n'hésite pas à payer de sa personne afin de remuer le public et qui ira jusqu'à slammer dans le foule, de manière inattendue et d'autant plus sympathique. "We're not a sit-ass band !" déclarera Coby en guise de préambule. On l'aura remarqué, oui.

Mais, comme toujours, personne ne vibrera réellement tant que les stars de la soirée n'auront pas apparu. Une longue installation du matériel, durant laquelle, sans qu'on le remarque, le groupe installe déjà l'ambiance. Diffusion, en fond sonore, de musique soigneusement sélectionnée ( allant du hardcore sec de FUGAZI à la drum n'bass torturée d' APHEX TWIN ) et chargée de faire monter la tension... Ainsi, durant les longues minutes précédant l'apparition du groupe, se fera entendre une étrange complainte mi- électronique mi-symphonique, sorte de chant d'église du troisième millénaire résumant parfaitement la spiritualité futuriste des protagonistes.

Puis le noir se fit et vint TOOL...

Un écran géant sur lequel apparaissent les pictogrammes de la pochette de Lateralus. En fond, une estrade où monte Maynard James Keenan, chanteur et voix émotionnellement hallucinante du projet. Le devant de la scène étant occupé par Adam Jones et Justin Chancellor, guitariste et bassiste. Les membres ne se mettent pas en avant, préférant privilégier leur musique, seule star de la soirée. Sans décorum autre que les images (souvent extraites de leurs clips) projetées en fond, le groupe dégage une puissance à nul autre pareil.

En simple jean et tee-shirt, sans cinéma ni jeu de scène particulier, les yeux en permanence rivés sur leur instrument, Chancellor et Jones ( guitariste incroyable et compositeur de 90 % de la musique du groupe ) possèdent un charisme et un talent que ne peuvent que leur envier la plupart des groupes existant.

Tout au long de leurs morceaux, lents et hypnotiques (et dépassant souvent les dix minutes), TOOL installe son univers. Un monde inquiétant et fascinant, à base (on le voit sur leurs clips) de monstres protéiformes et de larves doués de raison. Au-delà dont nul ne peut revenir intact. La voix de Maynard ( unique au monde ) aidant à pénétrer ces ailleurs avant d'abandonner le spectateur/auditeur au sein des ténèbres installés par le groupe...

Impossible au juste de dire combien de temps dura le tout... Sans doute l'heure et demie réglementaire. Mais, au terme d'une performance ayant emmené la salle vers des contrées jusqu'alors inexplorées, chacun devait avoir le sentiment de revenir de loin. La planète TOOL, endroit impossible à décrire sans y avoir, soi-même, mis les pieds. "PINK FLOYD du troisième millénaire", "nouveaux KING CRIMSON"... On a beaucoup tenté de résumer le groupe par ces formules lapidaires propres aux critiques. Mais TOOL ne se résume tout simplement pas. Il faut juste prendre la décision d'embarquer pour se laisser aller. Certains n'en sont pas revenus...

P.S. : tous leurs albums sont, bien tendu, indispensables. Mais attention à qui se laisserait tenter. La musique du groupe agit comme une irrémédiable addiction. Qui commence à l'écouter se retrouve rapidement à n'écouter plus que ça. Ainsi est TOOL ...

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