/// Marilyn Manson + Peaches

Paris (27/11/2003)

Publié le 27/11/2003 par J.P.

Arrivé devant Bercy vers 15h, je me confonds dans la file d’attente qui s’étend déjà sur plus de 40m et salue les fidèles disciples présents depuis 9h du matin. L’ambiance est conviviale, je fait la rencontre de différents fans, ça aide à patienter les 4 heures restantes. L’ouverture des portes débute après 19h, les jeunes s’engouffrent dans la salle. L’attente commence, Peaches jouera vers 20h et le révérend Manson vers 21h30.

La chanteuse de Peaches se pointe sur scène avec un look très rock’n roll, provocatrice à outrance ! Prenez des compos qui ressemblent à de « l’electro transe version rock » ( bref pas facile à qualifier ), ajoutez à cela une chanteuse excentrique qui enchaîne les strip-tease, les caresses, les insultes et les sauts partout sur la scène et vous obtenez Peaches. Quel rapport avec Manson ? On se le demande, et au bout de deux chansons seulement le public commence à siffler et à huer la chanteuse … A force d’entendre la foule la siffler et scander le nom de notre révérend, elle intervient en disant : « je sais que vous voulez que je rentre chez moi, mais c’est Manson lui même qui m’a demandé de jouer ce soir, donc je reste… donnez moi au moins une chance de vous montrer ce que je vaux ! ». Malheureusement pour elle, le public se livre à un lynchage et n’hésite pas à lui jeter des sandwichs, des verres de bière et à lui cracher dessus !

Cela ne dérange pas une chanteuse très rock’n roll qui répond aux insultes en disant ironiquement « je vous aime aussi merci, merci beaucoup », et qui crache à son tour dans la fosse. Elle ira jusqu’à descendre frapper un fan au premier rang avec son micro ! A deux reprises, elle jouera de la guitare, mais honnêtement son niveau de guitare reste très moyen et il n’y aura au final que le souvenir d’une chanteuse dynamique, excentrique et très rock’n roll qui n’aura rien apporter à la soirée ; le public étant présent pour l’Antéchrist Superstar : Brian Hugh Warner alias Marilyn Manson, le dandi de l’ère grotesque.

J’en ai parlé avec d’autres fans et honnêtement le public n’a pas été tolérant, comme souvent, et le lynchage livré a failli conduire à l’annulation du concert pour raisons de sécurité…

Arrive enfin l’heure du concert, premier en France de la tournée Golden Age Of Grotesque. C‘est également la première occasion d’apprécier Tim Skold à la basse, même si c’est Twiggy qui reste dans nos cœurs. On attendra l’imminente tournée de A Perfect Circle pour l’apprécier dans un nouveau registre au côté de Maynard de Tool.

La salle est projetée dans l’obscurité, l’air d' "Antechrist Superstar" puis de "Theater" résonne crescendo dans nos têtes, Manson arrive dans un trône qui descend du haut de la scène, les logos du nouvel album clignotent sur un fond de château : c’est un rêve psychédélique qui commence … Le groupe enchaîne directement sur "This is the new shit", l’euphorie est déjà à son comble, les pogos sont lâchés et ce début canon reste comme un des meilleurs moments du concert. Le groupe enchaîne les compos avec "Disposable Teens", où l’heure est plus aux jumps, comme pour "Doll daga buzz buzz ziggety zag". Puis viendront des morceaux plus calmes comme "Great big white world" et "Tourniquet", titres magiques qui bercent tout Bercy. D’autres chansons comme "Tainted love" semblent trouvées un écho dans la salle, même si à mes yeux le groupe n’aurait jamais dû la jouer. D’autres comme "Irresponsible hate anthem" avec en intro le chant suprême "we hate love, we love hate" semblent être moins connues … On constate avec dépit qu’il n’ a été joué aucune compos de Portrait Of an Américan Family, et que les confettis de "Dope Show" ne remplaceront jamais ceux de "Lunchbox". Sinon, le groupe a très peu joué de chansons d’Holy Wood, même pas "Nobodies" !

Niveau jeu de scène, on retrouve une belle entrée, quelques costumes pour Marilyn Manson, mais moins qu’à une époque. Sur "Fight Song", Manson a chauffé la foule sur son pupitre, qui aurait pu être utilisé pour jouer "Antéchrist Superstar", mais bon… A la place on retrouvera le révérend déguisé en Mickey chantonnant « It’s a small world !!!! », single de Disney Land. Enfin on retrouve une dominance pour les compos de Golden Age qui rendent très bien en concert.

Les choristes ont joué du tambourin, du piano et ont chanté. J’aurais aimé les voir interpréter "Para-Noir" comme au Rock Am Ring mais il n’en fût rien. Sinon, leur combinaison avec fausse poitrine et fausses fesses a servi à quelques dérives du révérend ... Manson simulera également des rapports sexuels avec une choriste qui entreprendra une fellation.

John 5 est apparu comme le musicien le plus actif du groupe, il anime le côté droit de la scène et son attitude hyperactive, avec ses va et vient et ses mouvements horizontaux continuels avec sa tête ont su nous captiver.

Madona Wayne Gacy, alias Pogo, dégage toujours le même charisme, avec son piano fixé sur des ressorts. Parfois il semble captivé sur son clavier, et bien qu’immobile il reste emblématique, tel un psychopathe endormi qui n’attend que son heure pour exploser…

Ginger Fish a pas mal assuré, rien à signaler à part que sa batterie a été détruite à la fin du set. C’est un personnage qui rythme en partie le concert, mais sa grande batterie le cache un peu et comparé aux autres membres, il est moins exposé au contact avec le public.

Enfin Tim Skold, alias Tim 6, a bien assuré. Parfois il restait calme voire immobile, mais ce n’était que de courte durée, puisque qu’à mainte reprise tous les regards convergeaient vers Tim, matraquant de sa basse les notes saturées des titres. Niveau look, il arbore des bottes qui s'arrêtent au niveau des genoux, où commence une sorte de jupe un peu à la Twiggy, mais dans un autre style. Pour le haut, c’est comme sur la pochette de l’album, une sorte de chemise blouse en cuir et son rouge à lèvres qui coule.

Voilà, je pense avoir fait le tour de ce concert, c’était la première fois que je voyais le groupe, je suis vraiment ravis de les avoir vu, même si les concerts ont tendance à devenir de moins en moins spectaculaires et de plus en plus statiques, comparées au Dead to the world tour, et au spectacle d’Holy wood. Mais Marilyn Manson reste Marilyn Manson, et peu de groupes arrivent à la cheville de ce que font nos maîtres mansoniens.

Tracklist non exhaustive mais très proche de celle du concert du 28 novembre 2003 à Paris Bercy :

00- Antichrist Superstar (version orchestrale)
01- Theater
02- This is the New Shit
03- Disposable Teens
04- Great Big White World
05- Use Your Fist and Not Your Mouth
06- Rock is Dead
07- mOBSCENE
08- Tainted Love
09- Tourniquet
10- The Dope Show
11- (s)AINT
12- The Golden Age of Grotesque
13- Doll-Dagga Buzz-Buzz Ziggety Zag
14- Sweet Dreams (are made of this) / The Reflecting God outro
15- Obsequey (the death of art)
16- The Fight Song
17- The Beautiful People

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