/// Children of bodom

Transbordeur (Lyon) (17/01/2006)

Publié le 17/01/2006 par BruNo (tigrunge@hotmail.com)

Une grande foule se presse devant le Transbordeur. Il fait froid, il pleut, mais on est quand même là pour le passage des finlandais en France. Arrivé dans la salle, premier constat, concernant la « faune » présente : une moyenne d’âge entre 15 et 17 ans (voire même Papa ou Maman venu accompagner !), une foule de tee shirts C.O.B achetés au stand, une affolante affluence de tee shirts Slipknot, Korn (j’aperçois même un Linkin Park !) et autres marques de skateboard, révélant la jeunesse du public, et le stéréotype de l’adolescent « metalleux » : en somme, force est de constater que Children Of Bodom attire et s’ouvre aujourd’hui vers un public plus large et plus jeune. Une évolution commerciale, après tout comme pas mal d’autres groupes. Il est vrai qu’entre Hatebreeder (1999) et Are you Dead Yet (2005) réside une sacrée différence…
One Man Army And the Undead Quartet (un thrash bruyant,pas très original,..) ouvre le bal, plutôt bien accueilli malgré un son très moyen. Suit Ektomorf et leur TrashCore à la Soulfly (mention spéciale au bassiste assurant le concert avec une jambe dans une atelle, assis sur un tabouret), qui arrive à bien faire bouger la fosse de jeunes metalleux (« ouais trop fort c’est bourrin »…). Personnellement, je suis dégouté de devoir me taper ces deux groupes en première partie (musicalement loin de C.O.B).
Il est 22h quand les lumières s’éteignent. Une énorme ovation fait trembler la salle. Intro surprenante (un mix de Twis And Shout). Alexi & Co. investit la scéne avec Living Dead Beat, morceau du dernier album qui apparaît parfait comme introduction. C’est parti pour plus d’une heure trente de show spectaculaire. Le grand jeu est sorti. On découvre au milieu de la scène, entre la batterie et le synthé, une voiture dont les phares font projecteurs, et sur laquelle Alexi se fera un plaisir de monter. Le light show est tout simplement superbe.
Le groupe enchaîne direct avec SixPounder. Henkka et Roope font les chœurs sur le refrain. Alexi, fidèle a lui-même, use et abuse de toutes les poses possibles et inimaginables avec ses ESP, court et saute partout tel un Angus Young version Metal. Il en fait énormément (voire trop), mais rien a dire, il joue carré, les solos sont rentrés parfaitement. Après quelques mots d’Alexi (fréquence : 2 ou 3 « fuckin’ »/phrase), les gars balancent Silent Night Bodom Night, l’occasion d’admirer le duo Alexi/Janne sur le fameux passage : rapide, propre, rien a dire. Henkka et Roope se donnent également, arpentant la scène du Transbordeur de long en large.
Une ovation accueille les premières notes de Hate Me, hurlé en chœur par le public. La température est très haute dans la salle. Les classiques sont appréciés. Suit We’re Not Gonna Fall (in commercial metal ?), extrait du dernier album, qui passe plutôt bien le test du live. On passe ensuite à Angels Don’t Kill, avec ce riff lent et lourd qui fait quand même remuer indéniablement la tête. Henkka s’aventure un peu devant la scène, au contact du public.
Les musiciens se retirent alors (on aperçoit Alexi prenant quelques gorgées de Jack Daniels), laissant Jaska derrière ses fûts. Un solo de batterie pas mauvais, mais loin d’être exceptionnel, ovationné par le Transbordeur.
Les gars remontent sur scène ; Alexi fait applaudir encore Jaska, qui balance ses baguettes et attaque Bodom After Midnight (encore un refrain repris par le public). Au milieu du morceau, Jaska enchaîne, avec sa double pédale maîtrisée, l’intro de Bodom Beach Terror. Surprenant, mais bien pensé. On peut remarquer une similitude de rythme avec le morceau précédent, la transition est donc parfaite. Mais alors, le solo de Bodom After Midnight ? Ce serai dommage de couper ainsi le morceau : les bougres nous surprennent à nouveau en reprenant la fin du morceau, avec les solos et un dernier refrain, scandé a nouveau par le public : « Bodom, After Midinight Yeah Eh ! ».
C’est alors que Henkka nous adresse, à notre grand plaisir, quelques mots en français ! « Vous êtes fatigués ? Je compte jusqu'à trois : 1,2,3…NOOONN ! » hurle le Transbordeur, pas fatigué, mais déjà bien transpirant. Henkka nous présente le prochain morceau : Follow The Reaper : un excellent morceau, bonne surprise de la set list puisque rarement joué sur les tournées précédentes. Au premier rang, ça devient vraiment physique (j’ai encore mal au ventre à cause de la barrière !). Mention spéciale aux vigiles qui se sont appliqués à faire boire les premiers rangs, merci à eux. Devant la scène, les « slammers » tombent par grappes. La salle est en ébullition. Et Alexi en rajoute, haranguant la « fuckin’ » foule.
Needled 24/7 ne baissera pas la tension, au contraire. Peut être était-ce par ce que j’étais tout devant, mais le son, surtout la voix, est par moment brouillon, empêchant d’apprécier la voix d’Alexi sur le refrain
Les musiciens laissent ensuite Mr.Laiho et Mr.Warman s’affronter dans le traditionnel match Guitare VS Synthé. Alexi s’assoit sur le capot pour jouer, puis fait boire Janne pendant qu’il joue. Ce dernier commence alors a jouer « Oops I did it again » (Britney Spears), suivit timidement par Jaska. Alexi se met à raler, suivit par le public qui se met à huer.
Le groupe reprend alors avec In Your Face, le dernier single en date : encore une claque. Le morceau est percutant, fait headbanguer tout le premier rang. Le groupe se donne à fond, headbanguant, arpentant la scène, et perdant dix litres du sueur chacun. Les musiciens sourient, montrent une grande complicité.
Un moment hilarant : Alexi et Roope, en plein milieu d’un morceau, jouent face à face. Tout à coup, Roope fout une grosse baffe à Alexi ! (genre : arrête de te la péter petit con). Ce dernier riposte aussitôt (genre : c’est moi le leader ta gueule). Tout ceci en jouant, et en rigolant, bien entendu !
Alexi nous dédicace le morceau suivant : Hate Crew Deathroll. Au milieu du morceau, il essaye de faire chanter le refrain au public : la tâche s’avère difficile (bien que mélodique, c’est moins facile de chanter du C.O.B que Higway To Hell !).
Are You Dead Yet vient ensuite prouver que les morceaux du dernier opus, plus trashy certes, passent définitivement le test du live avec succès, particulièrement par ce dernier extrait, puissamment interprété.
Le groupe entier quitte alors la scène, laissant le public Lyonnais scander « Children !Children !... », avant le rappel.
C’est Roope qui remonte en premier sur la scéne pour nous gratifier d’un solo prouvant son haut niveau guitaristique, cotoyant sans problème celui d’Alexi (voire surpassant : Roope a 10 ans de plus qu’Alexi). On se demande alors si Roope n’est pas frustré de ne jouer que la rythmique dans C.O.B…
Le Hate Crew reprend alors avec Lake Bodom, un classique acclamé par la foule en ébullition à nouveau. Alexi abuse toujours de ses poses, mais il est toujours irréprochable techniquement (peut être une tendance à abuser du vibrato et sauter quelques notes ? un détail…). Suit le lent et lourd Every Time I Die : Alexi monte sur le toit de la voiture, Henkka et Roope headbanguent à mort, les premiers rangs aussi. Un morceau puissant malgré son tempo plus lent.
Janne entame alors la fameuse intro de Downfall. Alexi et Roope s’amusent alors à envoyer des riffs célèbres de Motley Crüe, Judas Priest, Dio…Je doute fortement que le jeune public ait reconnu ces quelques classiques…Finalement, Alexi balance le riff de Downfall, pour finir en beauté un concert de plus d’une heure et demie. Les musiciens saluent, serrent les mains des premiers rangs.
Un show vraiment exceptionnel offert par les finlandais ce soir : mise en scène travaillée, light show monstrueux. On reprochera juste un son parfois brouillon, notamment pour la voix, Et une première partie à chier (selon moi…). Une set list qui, bien que desertée par les titres de Hatebreeder, se défend bien par les nouveaux morceaux, même s’il ne seront jamais des classiques comme Towards Dead End et autres Warheart, au desarroi des premiers fans.

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