/// WACKEN OPEN AIR

Wacken (Allemagne) (03/08/2007)

Publié le 03/08/2007 par Devildiva

9h00 du matin, nous voila partis dans notre kangoo grand confort et tout équipé, direction Strasbourg pour y retrouver quelques copaings avec qui nous ferons la route. Suite à quelques petits contretemps, nous démarrons de Stras vers 15h et des poussières. Puis vers 19h00, nous faisons notre premier arrêt pipi/bière/essence qui hélas me sera fatale. Bon j’y vais un peu fort mais je vous assure que sur le moment c’est dur à vivre ! Voila que je rempli mon réservoir avec de l’essence sans plomb (en plus j’ai hésité entre le 95 et le 98) à la place du diesel, et pour le coup c’était moi la sans plombs (dans la cervelle). Après avoir sillonné la station essence en long et en large pour essayer de trouver un tuyau pour aspirer l’essence au goulot (pas évident d’expliquer ça aux routiers allemands qui ne comprennent ni le français ni l’anglais), nous trouvons une bonne âme qui va me donner un sacré coup de pouce.
Bref, tout est bien qui finira bien, puisque la kangoo mobile redémarrera et je verrai de nouveau la perspective du festival en vue. Oui, s’imaginer en moins de 2 minutes qu’il vaille falloir rentrer chez soi en stop ou en train et annoncer aux propriétaires que j’ai bousillé leur caisse est une sensation que je ne conseille à personne, surtout quand la destination est Wackennnnnn !

Nous arrivons à Wacken aux aurores, soit vers 5h00 du mat (soit au total 20 heures après notre départ) mais nous décidons en bons festivaliers de ne pas dormir et d’attendre l’ouverture du stand VIP (Very Important Paysan) qui a lieu à partir de 8h00. Dans la file d’attente, nous ne regrettons finalement plus notre arrivée tardive puisqu’on nous apprend que la majorité des festivaliers ont passé plus de 6 h dans les embouteillages pour faire les 8km restant. Quelques bières plus tard et 24 heures de stress dans les pattes, nous recevons notre fameux sésame. Direction donc sans plus tarder le camping où nous installons nos tentes à vitesse grand V, histoire de pouvoir faire vite fait bien fait un gros dodo. Bon il y aura toujours des irréductibles qui préféreront une vodka red bull comme remède à la fatigue mais pour avoir vu les conséquences, je le déconseille fortement.
Réveil vers 15h, le festival ouvre ses portes.
Nous découvrons tout d’abord d’immenses backstages et suivons la passerelle pour atterrir dans la mecque du metal qui s’étend sur des centaines d’hectares. Le site est gigantesque et nous entamons aussitôt une visite des lieux.
Pas de temps à perdre, nous l’avons décidé, notre premier concert du festival sera français ou ne sera pas. C’est donc d’un pas décidé que nous abordons la Wet stage, blindéé et survoltée à souhait, où a lieu la Metal Battle Wacken. Wargasm (seul groupe français de toute l’affiche) prend possession des lieux et nous délivre pendant 30mn, un show carré et énergique.
Leur Black Metal Epic fait mouche et le bon millier de spectateurs présents est déchaîné, ça promet ! Le quintet gaulois aurait bien voulu en remettre une petite louche, mais timing oblige, ils seront contraints d’écourter leur dernier titre.

Le temps de traverser en long et en large l’endroit, nous arrivons pour la prestation de Rose Tattoo sur la black metal stage. Que dire sinon que les anciens du Rock’n’Roll ont toujours autant d’énergie à revendre. Ils tiendront 1h devant un public assez parsemé mais énergique à souhait. Il faut dire que les gaillards sont des habitués du Wacken et pour débuter le festoche il n’y a rien de tel qu’un bon coup de rock’n’roll derrière les étiquettes.
Nous retrouvons Angry Andersons et sa bande pour un petit débrief à la press tent. Le leader de Rose Tattoo semble être pas mal imbibé, répondant plutôt sèchement aux questions des divers journalistes mais avec toujours une petite d’humour dont lui seul a le secret.
C’est bien beau tout ça mais moi aussi j’ai une ptite soif, alors direction le stand de bière et je file jeter un œil à Sodom. Les teutons thrashers ont toujours autant la patate et les headbangeurs accourent pour donner à la fosse une atmosphère plus démente.
Je perds dans la foule mes compagnons d’infortune et c’est le début d’une longue enquête qui commence. Il est 22h, lorsque Saxon monte sur scène. N’étant pas une très grande fan, je regarde la prestation de loin en dégustant quelques nouilles chinoises. Coup de chance, j’assiste au classique « 747 (Strangers in the Night) pour un duo Biff / Tobias Sammet qui restera dans les mémoires.
Au même moment se termine la prestation d’Overkill que je rate honteusement, trop occupée à chercher mes compères. Il faut dire aussi qu’Overkill a été rajouté à l’affiche très tardivement et qu’il ne figure pas sur mon runnig order et la fatigue aidant…
Je décide donc de rejoindre le carré vip où je retrouve tout le monde mais nous avons beau guetter de tous les cotés, nous ne voyons aucun sicos en vue. Ah si, il y a Saxon au grand complet qui sirote quelques bières, il faut dire qu’ils ne passent pas inaperçus !
Coté jacuzzi, c’est la débandade ! Quelques mecs et nanas ont fait tomber la chemise et pataugent joyeusement. Au fur et mesure, ceux-ci deviennent de plus en plus entreprenants … je vous laisse imaginer le spectacle…
En même temps il n’y a qu’à Wacken, que l’on peut voir ce genre d’extravagance !
Je rentre donc à ma tente, complètement naze, mais avec le sourire jusqu’aux oreilles. Et je m’endors avec la vision de ces 2 immenses scènes, séparées par un écran plus que géantissime, orné du symbole de Wacken en flamme.

Nous nous réveillons tôt le matin sous un soleil de plombs, car oui cette année le dieu du soleil s’est mis au Hard Rock et compte bien nous gâter. Direction les douches où l’on doit donner 2,50 euros pour une douche…glaciale. Au loin résonnent quelques sirènes de pompier, pour cela rien d’étonnant sauf que le set d’Amorphis s’arrête net et qu’un des organisateurs prend la parole avec un ton grave… Il y a le feu au camping ! Des uluberlus ont malencontreusement ou pas allumer une parcelle de paille qui n’a pas tardé à se propager. Il y en effet plu les jours précédents l’ouverture du festival, ce qui a contraint les organisateurs à bourrer de la paille sur tout le site (ou du moins là où l’herbe est inexistante)

Il était temps pour nous d’aller visiter le village de Wacken et en profiter pour faire quelques amplettes. Comme il s’agissait de notre première en terre sainte du metal, nous prenons la mauvaise direction et commençons un périple à travers divers campings, où trônent drapeaux en tout genre et tas de cannettes. Je réalise alors que les nombreux campings représentent une véritable petite ville. Nous sommes les seuls à marcher à contre sens, cherchant désespérément le centre du village, après 1h de marche, nous tentons une discrète entrée dans une petite superette mais là encore il faut faire la queue. 15mn plus tard, nous y sommes, nous faisons le plein d’alcool et de petits amuse gueule. Nous rentrons au camping, vidés par ces heures de marche. Therion est en train de jouer et sur notre planning, il doit rester quelques minutes avant la fin du show, ce qui nous décourage à speeder vers la true metal stage. Cependant, ce que nous ne savions pas c’est que suite au feu de paille, les timings sont légèrement décalés et que apéro faisant, on commence à regretter de ne pas justement avoir speedé.
Bon cette fois, il est temps de bouger notre popotin pour aller voir Grave Digger, qui délivrera un show détonnant. Légendes vivantes du heavy metal allemand, les gaillards fêtent leurs 25 ans de carrière et clôturent leur show sur un « Heavy Metal Breakdown » qui fait frissonner la foule.
Pour le coup, nous ne bougeons pas d’un poil puisque se produit dans quelques minutes Turbonegro sur la scène voisine. Avec un bock d’1 litre de bière à la main, nous assistons à un des meilleurs shows du festival. Mise en scène, déguisement et un vrai don de communication, le tout sur fond de heavy punk rock, voila le cocktail explosif de Turbonegro. Les norvégiens jouent la carte du revendicatif, et Hank n’est pas avare sur les gros mots, surtout quand il aborde le sujet de la politique.
Un très bon moment !

Dès la fin du show nous retournons à notre QG, ce cher camping où nous attend bières, whisky et vodka. Ce qui devait être un court arrêt deviendra un vrai squattage où tour à tour inconnus et potes se joindront à nous pour trinquer.
Pendant tout ce temps, nous ratons Lacuna Coil, mais peu importe. En effet, ayant vu tout récemment leur performance, plus que moyenne, à Montréal, je préfère passer de meilleurs moments autour d’un verre à refaire le monde, ou plutôt refaire Wacken.
Seul regret de la journée, avoir raté Suidakra!
Il est 20h15, lorsque je me décide à filer, avec Lynn, assister au plus gros show du festival (cela n’engage que moi) : Blind Guardian.

Seulement pour atteindre le devant de la scène, il va nous falloir un sacré courage car la foule est devenue une sphère/cube compacte. Nous traçons tête baissée dans le troupeau et nous nous retrouverons dans bons nombres de pièges, tel que bousculades et embourbements. Enfin et non sans mal, nous atteignons le côté gauche de la true metal stage. Nous pénétrons (exceptionnellement) dans la partie réservée aux photographes (un pass photo nous avait été délivré mais sans accès au photopit car un nombre restreint, soit 90 pass photo, sont distribués pour tous les médias du monde, ceci expliquant cela et bla bla bla…).
Nous savourons notre chance et en profitons pour crier, hurler, danser, prendre Blind Gardian et le public en photo.
Assister à un show de Blind Guardian, sous un coucher de soleil avec en prime un public gonflé à bloc qui reprend toutes les paroles de titres, ça ne s’oublie pas ! Un pur moment d’exception malgré notre état d’ébriété avancé !
Set list de Blind Guardian :
‘War of Wrath
Into the Storm
Born in a Mourning Hall
Nightfall
Script for My Requiem
Fly
Valhalla
Otherland
Welcome to Dying
Traveler in Time
The Bard's Song
Bright Eyes
Time Stands Still’
Imaginations From The Other Side
Punishment Divine
Lord of the Rings
This Will Never End
Mirror Mirror

De retour au QG, plus personne, il commence à faire froid. Je ne m’attarderai pas devant Dimmu Borgir, qui, par leur show dépouillé et leur mollesse, m’avait lourdement déçu quelques semaines auparavant. Je ferai également l’impasse sur Iced Earth, que j’avais également déjà vue en festival et qui ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable.

Direction donc l’espace VIP, où je finirai la soirée en beauté à coup de Jagermeister et autres cocktails dont j’ai oublié les noms. J’ai pu y croiser entre autres, Schmier de Destruction et Grutle d’Enslaved, jamais les derniers pour boire un coup et mettre de l’ambiance. Cette fois la fête bat son plein et les heures tournent à une vitesse folle !
6h00 du matin, fermeture de la tente Vip, je suis de retour dans ma tente et je sens que la journée du lendemain sera dure, très très dure.

Levée vers 15h, je rampe jusqu’aux douches… et je regrette déjà les culs sec de la veille ! La journée s’annonce rude et le soleil de plombs n’arrange que très peu mes conditions de survie.
Vue l’heure avancée, je me mord les doigts de rater Fair to Midland (je vous conseille d’y jeter une oreille, ce groupe est magique), Dimension Zero et Sonic Syndicate (que je voulais découvrir en live, ce ne sera que partie remise).
J’arrive donc sur le site pendant la prestation de Rage. Les types ont sortis l’artillerie lourde puisqu’ils sont accompagnés par le Lingua Mortis Orchestra.
Ainsi « From the cradle to the Grave », “Higher than the sky”, “ Alive but Dead”, “French Bourée”, “the lingua mortis medley (don't fear the winter (instr.), black in mind, firestorm (instr.), sent by the devil, lost in the ice (instr.)”, “Turn the page”,et leur fameux “Suite Lingua Mortis”, feront vibrer les prairies de Wacken.
Vient l’heure d’aller lorgner du coté de la Black Metal Stage où se prépare le groupe Destruction. Pour l’occasion les kings du thrash teuton ont convié une foule d’invités dont Peavy de Rage et réuni pas moins de 3 batteurs. Un show d’1h15 clôturé par le titre « Bestial Invasion » et l’apparition du Mad Butcher, leur mascotte sanglante.
Au tour des tant attendus Type O Negative, que j’attend de voir en live depuis une bonne dizaine d’années. Affublé d’un haut de forme et d’un costume pour le moins « prêtresque », le charismatique Peter Steele fait une entrée éminente sur la True Metal Stage. En bon seigneur, Peter dégaine sa bouteille de Jagermeister en guise de médiator mais surtout en guise de remontant. Après seulement quelques minutes, il est évident que les gaillards ont commencé l’apéro bien avant l’heure. En guise d’intro un petit « We Hate Everyone » pour nous mettre en appétit, histoire de remettre les pendules à l’heure. Oui en cette fin d’après midi, Type O Negative est d’humeur taquine. Prenant de longues pauses entre chaque titre, les écorchés vifs les plus célèbres de Brooklyn partent explorer les backstages, s’envoient encore quelques bières au passage et se prennent dans les bras. On nage en plein surréalisme. Josh Silver ira même jusqu’à « emprunter » une caméra, s’éclatant à zoomer les groupies des premiers rangs, le caméraman quant à lui se mordra les doigts d’avoir laissé son jouet à 10000 euros entre les mains d’un tel éméché. En conclusion, Type O Negative aura délivré un show bordélique d’une décadence rarement égalée. Les seuls gros regrets : la qualité du chant de Mister Steele et le choix de la set list pour les ¾, ennuyante à mourir.
Set list :
« We Hate Everyone »
“ Profits Of Doom”
“Anesthesia”
“Kill You Tonight”
“Love You To Death”
“Christian Woman”
“Waste Of Life”
“Black n°1”

Au tour des blacks metalleux les plus attendus de cette édition : Immortal. Pour le coup les Norvégiens nous sortent le grand jeu avec un best of de leur discographie. Les fans exultent, headbang, et slamment de tous les cotés. Les effets pyrotechniques et autres crachats de feu d’Abbath galvaniseront la foule jusqu’au dernier souffle.
Leur grand retour sur scène fût sans conteste l’un des grands événements du festival !
15 minutes plus tard, les non moins prestigieux Suédois d’In Flames envahissent les planches. L’ambiance est explosive, il faut dire qu’In Flames est en terrain conquis. Pour ma part, je préfère rester en arrière car le site est blindé à son maximum et il m’aurait bien fallu une bonne demi heure de zig zag pour espèrer approcher le 100 ème rang. Ainsi, vont s’enchaîner leurs plus grands tubes tel que Pinball Map , Trigger, Colony, Take This Life, Cloud Connected, Only For The Week, Drifter, Episode 666, The Quiet Place, Touch Of Red, My Sweet Shadow...
Le tout interprété sous des effets pyrotechniques impressionnants et des lights dignent d’un show de Johnny. Anders est le maître de cérémonie et harangue la foule avec virtuosité. Il faut dire qu’In Flames est désormais rodé pour les festivals et sait comment rendre fou son public. Même si certains associent le groupe à une machine bien huilée, il faut leur reconnaître leur faculté à récréer un concert intimiste en présence de dizaine de milliers de personnes.
Pour le clore le spectacle, les Suédois nous ont concocté une petite surprise : un magnifique feu d’artifice qui fera briller dans les yeux des metalleux une lueur enfantine. Hé oui le metalleux est resté un grand gamin qui pendant 3 jours aura joué dans la paille, se sera roulé par terre, aura bu des dizaines de totoches, se sera vomi et même fait dessus, aura hurler toute la nuit et sera étourdi dans le grand manège des pogos.
Oui, que c’est bon de retomber en enfance pendant quelques jours dans l’année et laisser ses soucis au pied de la pancarte « Wacken ». Que c’est bon de s’évader de cette société manichéenne où la musique metal, largement méconnue du grand public et des médias, a très mauvaise réputation, pour un petit coin de paradis où les champs sont aussi verts qu’en Auvergne, où le soleil est aussi chaud qu’en provence et où la bière coule aussi abondamment qu’à l’Oktoberfest.
Je referme ce live report sur ces jolis mots et je vous donne rendez-vous les 31, 1er et 2 aout 2008 pour une édition qui s’annonce chaude brûlante.

Un grand merci à toute la team pour m’avoir soutenu dans les moments difficiles (y’a écrit DIESEL sur le réservoir !!!!) et surtout de m’avoir accompagné dans tous les beaux et dingues moments de ce festival : toute la team Hard As A Rock (Brice, Vivi, Yann, Anne, Théo, Antoine, Faustine, James, Aurélie), Caroline, Alex, Arnaud, Thierry et mon Olivette.

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